‹ Lettres de 1815Chapitre 78 sur 82 · Grouchy a Suchet · texte numérisé non relu

Grouchy a Suchet

Reste Marseille qui se soumet pareillement; le 15 aviil, les troupes de Grouchy entrent dans la ville, et le 16, le jour où une salve de cent coups de canon tirée dans toutes les villes de France annonce au pays la fin de la guerre civile, Grouchy annonce que la tranquillité règne à Marseille. Mais le feu couve sous la cendre, et ce n'est pas sans colère que les Marseillais ont accueilli l'enlèvement du drapeau blanc. On en jugera par ces lignes de Grouchy au duc d'Albufera.

Marseille, i6 avril i8i5, au maïUn.

Mon cher maréchal, je trouve ici un si mauvais esprit que, quoique la tranquillité y règne, j'en suis vraiment affligé. Tu verras par le rapport du général Leclerc qui commandait le 6" de quelle manière les troupes ont été reçues. L'attitude du pays n'est plus hostile sans doute ; mais, si on n'y prenait garde, elle le redeviendrait à l'instant. 11 n'y a de drapeaux tricolores qu'à la municipalité et à la préfecture. La garde urbaine qui d'ailleurs a rendu de réels services, quant au maintien de l'ordre dans l'intérieur, n'a pas même pris la cocarde nationale. Enfin, si le prince d'Essling croit cette vilie vraiment soumise, il se trompe.

Page 1