‹ Lettres de A.E. Nordenskiold [microforme]Chapitre 20 sur 31 · SEE RE A · texte numérisé non relu

SEE RE A

178 LETTRES DE NORDENEKIOLD

engageait jusqu’à la surface de la glace et imbibait d’eau la neige qui s'y trouvait.

. L'origine des fissures était due aux deux causes suivantes : ou elles se formaient sous l’action d'un vent violent qui dérangeait plus ou moins la position de la glace, ou encore elles provenaient de la contraction de la glace sous l’effet d’un froid intense. . La rupture s'opère avec une détonation plus ou moins violente, etelle est, à en juger par le nombre des détonations, plus fréquente que né le trahit l’aspect de la glace couverte de neige. Par suite, même dansles froids intenses, la couverture de glacé, tout en paraissant continue, est divisée en innombrables fragments à joints très serrés, parfaitement libres ou seulement soudés par la faible bande de glace qui se forme peu à peu sous la neige à la surface de l’eau entrée dans la fissure. Jusqu’à la distance d'environ 6 kilomètres du rivage, la glace resta, à ces fissures près, presque totalement intacte pendant l'hiver entier. Plus au large, elle était en mouvement continuel. Les « polynies », ou points ouverts, se rencontrent sans doute ici pendant toute l’année, et par suite, quand le temps était favorable, on voyait presque toujours à l'horizon an nuage bleu indiquant l’eau entre le nord et l’est, Quelques jours de vent du sud rapprochèrent tellement le chenal ouvert du navire, que l’on pouvait s’y rendre en quelques heures. Il fourmillait alors de veaux marins, circonstance indiquant qu'il était en relation avec une mer toujours ouverte. C'est peut-être au voisinage d’un chenal de ce genre qu’il faut attribuer le fait que nous ne vimes pas

et imbibait

deux causes ’action d’un ins la posinaient de la ‘oid intense.

ion plus ou r le nombre le trahit l’assuite, même > glacé, tout nombrables ment libres ide de glace à la surface la distance lace resta, à intacte penelle était en », OU points ici pendant temps était s à l'horizon nord et l’est.

hèrent tellel’on pouvait willait alors nt qu'il était averte. C’est de ce genre e vimes pas

un seul trou de phoque dans les champs de glace entourant le navire.

Le 1° janvier 1879, le lieutenant (italien) Bove fit, en compagnie du matelot baleinier Jonsen, une excursion jusqu’?ux eaux libres. Voici ce qu'il a raconté à ce sujet : Je quittai le navire le 1« janvier dans la matinée et j’arrivai aux eaux ouvertes après quatre heures de marche continue. La neige profonde et meuble rendait la marche très pénible, et trois rangées de torosses (murailles ou renflements de glace) y contribuèrent beaucoup pour leur part, principalement par suite des fissures souvent couvertes de neige qui sillonnaient la glace au voisinage des torosses ! Un de ces derniers mesurait de hauteur 10 mètres. Les énormes dimensions des blocs de glace amassés sur ces points montrent quelles forces violentes ort présidé à la formation des torosses. Les murailles de glace fournissent actuellement une protection bien nécessaire au port d'hivernage si peu sûr du Véga. Environ à moitié chemin, entre les eaux ouvertes et le navire, notre route était sillonnée de fissures allant de l’est à l’ouest et indiquant évidemment que les eaux ouvertes seraient arrivées jusqu’à un kilomètre du Véga si la tempête de décembre avait duré encore 12 heures. I1 en serait résulté un grand danger pour le navire. Le bord de la glace du côté de l’eau, coupé net comme par un immense couteau, était sisolide, qu’on pouvait le suivre comme si l’on

eût marché sur du roc. Même du sommet d’un

hummok (espèce de cairn ou amas de glace) de 5 mètres, il était impossible de voir vers le nord-est

et le nord la limite de l'eau. De cette circonstance, comme aussi de l’extension des «ruages aqueux » dans cette direction, je crois pouvoir évaluer à 35 kilomètres au moins la largeur de ces eaux ouvertes.

A l’est, elles étaient limitées par une muraille de glace courant vers le nord et paraissant décrire une courbe vers l’est, neuf ou dix kilomètres plus Join. Il est possible qu’il se trouvât derrière cette muraille de glace un bassin ouvert encore plus à l'est. La profondeur était de 12 brasses (21M38) au bord de la banquise, et la température de l’eau —2° centigrades. L'eau courait avec une force assez considérable en ligne directe depuisla côte (S.-$.-E.). Comme cette dernière allait presque en ligne droite, le courant était probablement dû à la marée. Les eaux ouvertes étaient remplies de phoques appartenant, au dire de Jonsen, tant au phoque barbu (Phoca barbata) qu’au phoque annelé (Phoca hispida). Nous ne vimes, d’un autre côté, ni ours blanc, ni morse, ni oiseau.

Les Tschoutsches s’attendaient à ce que les ear” ouvertes du voisinage de la côte se maintiendraieut quelque temps pendant le mois de janvier, mais ils furent trompés dans leur espérance, et cela produisit une telle disette de vivres et surtout d'huile, que tous les habitants du village de Pitleka, situé le plus près de nous, furent obligés d’émigrer vers l’est, malgré les distributions quotidiennes de nourriture que nous faisions pour alléger leur détresse. Durant le froid long et sévère de janvier pendant lequel la température tomba, à plusieurs

constance,

s Aqueux »

évaluer à

e ces eaux

e muraille ant décrire nètres plus rrière cette core plus à (2138) au re de l’eau force assez e (S.-S.-E.).

igne droite, marée. Les ques apparoque barbu oca hispida).

rs blanc, ni

que les ear” ntiendraieut nvier, mais nce, et cela s et surtout e de Pitlekay, és d’émigrer tidiennes de alléger leur re de janvier , à plusieurs

reprises, au-dessous du point de congélation du mercure, la mer paraît s'être complètement gelée à une grande distance de la côte ; mais, dès le 7 février, il survini du redoux (terme suisse désignant l’adoucissement de la température) avec des vents du sud et de l’est. Le même jour, on vit un faible «nuage aqueux » à l’horizon du nord-est et des éminences iongeant le rivage on apercevait des eaux ouvertes s’approchant passablement de la côte, aux environ du village d’Irzgunnuk. A quelques kilomètres plus à l’est, celle-ci était même libre, et des hauteurs nos marins croyaient apercevoir une agitation violente dans la bande d’eau bleue qui limitait l'horizon. Cette eau ouverte devait par suite être considérable. Peut-être les indigènes ne nous trompaient-ils pas en nous disant qu’elle s’étendait jusqu’au détroit de Behring. Nous ne pouvions cependant nous fier entièrement à leurs paroles, après avoir eu l’imprudence de récompenser par de petits présents quelques prophéties de temps favorables à notre prochaine délivrance.

VIE DES TSCHOUTSCHES

Les Techoutsches firent à ce moment une riche chasse, et, insoucieux comme ils le sont de l’avenir, ils se remirent à festoyer et à faire bombance. Nous vîimes, par exemple, jusqu’à quarantecinq cadavres de phoques annelés (Phoca hispida) dans une seule tente, outre des amas de lard alignés le long des paroïs. Les enfants qui, les dernières semaines, présentaient une certaine émacia-

| | L || Lt :

hi] | if F1 || LA mil |

mana

EN

DOS ne

tion, sinon, il est vrai, en comparaison des enfants européens, du moins en comparaison d'enfants tschoutsches bien nourris, reprirent promptemeni leur premier embonpoint, etil en fut de même des adultes. Le pont du navire continua toutefois à être le point de rassemblement de troupes d’hommes, de femmes et d’enfants. Un grand nombre d’entre eux y passaient, vifs et gais, la majeure partie de la journée, par une température de — 40° centigrades. Quoiqu’ils ne se trouvassent plus dans la disette, ils continuaient à Ôtre très avides de vivres européens. Ils se soumettaient volontiers, pour en avoir, à des travaux peu pénibles et échangeaient contre du pain et d’autre nourriture les objets de leur industrie qu'ils croyaient avoir du prix pour les étrangers. J’ai réuni de cette façon, outre des objets ethnographiques ordinaires, un grand nombre de dessins, de sculptures en os et de modèles très simples, qui fourniront sans nul doute de précieux renseignements sur l'état des arts graphiques et du goût chez un peuple appar-. tenant presque à l’âge de pierre, les Tschoutsches se servant encore aujourd’hui de divers ustensiles en pierre. J’ai donné spécialement mon attention à ce sujet, en présence de l'utilité réelle qu'il y aurait à obtenir un point de départ pour l'appréciation des dessins paléolithiques qui ont excité un si vif intérêt dans le monde savant pendant la dernière période décennale. Je soumettrai plus tard à notre Société d'ethnographie et de géographie un exposé détaillé, accompagné de dessins, des collections réunies de cette manière, et

s enfants d'enfants )ptement le même toutefois :s d’'homnombre majeure ature de sent plus ès avides olontiers, et échane les obr du prix on, outre un grand os et de sans nul l'état des

le appar-.

Tschoude divers nent mon lité réelle part pour S qui ont vant penoumettrai et de géoé de desanière, et

des mœurs de ce peuple polaire remarquable avec lequel nous sommes entrés en contact.

Page 1