‹ Lettres de A.E. Nordenskiold [microforme]Chapitre 26 sur 31 · ÉTAT SANITAIRE. — ALIMENTATION · texte numérisé non relu

ÉTAT SANITAIRE. — ALIMENTATION

Jusqu'au moment où j'écris ces lignes, nous n'avons eu aucun cas de maladie sérieuse et pas la moindre trace de scorbut. Il faut sans nul doute attribuer en premier lieu cette heureuse circonstance à l'excellent esprit qui a animé les savants, les officiers et l'équipage de l'expédition; mais elle est aussi due en très grande partie au judicieux aménagement du Véya, à Karlskrona, par l'initiative et

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les soins du lieutenant Palander, et par-dessus tout à notre ordinaire approprié au climat, dressé sur la base fournie par l'expérience de l'expédition de 1872-1873, et d’après les conseils de !’habile médecin de cette expédition, M. le docteur # “nvall.

On trouvera ailleurs l'ordinaire. Outre la nourriture qui y est énumérée, on donna deux fois par semaine, du 15 février au 6 avril, de la bouillie au sirop de mûres mêlée de rhum. J'aurais fort désiré pouvoir employer encore davantage ce remède si efficace contre les corbut d’après l’expérience des expéditions arctiques, mais la récolte de ces fruits ayant totalement manqué en 1877, il me fut impossible d’en trouver à prix d’argent la quantité nécessaire pour l’expédition. J’achetai au lieu, en Finlande, une quantité considérable de jus de canneberge (Vaccinium oxycoccus), qui fut distribué régulièrement, et que l'équipage consommait avec prédilection.

L'expédition était munie d’une quantité de lunettes conserves, bleues et grises, comme protection contre la réflection intense de rayons solaires sur le paysage d’un blanc éclatant, et qui, sans interruption d'objets plus sombres, nous entoura de tous côtés dans la dernière partie de l'hiver et au printemps. Ces conserves furent distribuées dès le mois de février. Des imprudences ont sans doute, malgré cette précaution, produit quelques commencements d'ophtalmie du fait de la neige, mais jusqu'ici, nous n’avons pas eu de cas parfaitement développé de cette affection excessivement pénible.

Notre chasse s’est réduite pendant l'hiver à quelques perdrix des neiges et à quelques lièvres, et par suite, elle n'a contribué à no!re approvisjonnement que dans une mesure insignifiante. Quant au poisson, nous en avons reçl, grâce aux Tschoutsches, des quantités assez grandes pour pouvoir en servir une fois par semaine. Dans le principe, cependant, le poisson le plus commun el le plus nombreux, une espèce de morue (?) à colonne vertébrale gris-verdâtre, ne nouvait être servi qu’au salon d'arrière, l'équipage témoignant, par suite de la couleur précitée, une répugnance invincible pour ce poisson.

Ici se place dans le rapport de M. le professeur Nordenskiold, toute une série d'observations scientifiques : flux et reflux; — changements dans la hauteur de la mer ; — observations magnétiques ; — observation d’une aurore boréale ; — recherches zoologiques et botaniques ; — considérations sur la possibilité de naviguer dans les mers polaires, etc. Nous laisserons de côté ces sujets, qui s'adressent plus aux savants de profession qu'aux hommes du monde. Cependant nous citerons au moins en partie ce dernier chapitre, car il montrera, mieux qu'aucun discours, l'importance de la découverte du savant professeur norvégien,

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