‹ Lettres de Benjamin Constant à Madame RécamierChapitre 34 sur 53 · Ausçuste de SlaëL · texte numérisé non relu

Ausçuste de SlaëL

fit LETTRES DE BEUJAMI!^ CONSTÂiNT

vouement dont Vous ne voulez pas profiter que de ma douleur propre.

Enfin, depuis un an^vous me connaissez. Je n^Ai pas eu d'autre pensée que vous \ el je n'en aurai jamais d'autre, quand même ma vie ne s'approcherait pas d'un terme que je désii'e, puisque je ne vous suis presque bon à rien. Je l'ai senti dès le premier jour où vous avez tourné sur moi un regard par curiosité ou désœuvrement. Ne dites pas que vous avez eu tort envers moi : vous me croyiez tout autre. Mais dites-xnous que ce que j'ai été de* puis un an sans me démentir, à travei-s toutes les ag-onies que votre ignorance de mon caractère me faisait subir, je le serai toujours; que vous pouvec me consoler ou me briser à votre gré ; que ce n'est pas me briser qui est difficile. Je le suis à demi, je le suis plus que vous ne croj'ee. Mais je renais par le m^ôindre signe d'affection, et, si, en me les refaisant tous, vous activiez Ma perte, v<ôtre âme douce et rêveuse ne m'ouMieraii pas : et, pour dernier malheur, j'aurais odiui de vous poursuivre malgré moi, jusque dans (a solitude dont vous avez besoin pour vous t'cposeï' d\iii monde indigne de vousv

A après-demain.

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