‹ Lettres de Benjamin Constant à Madame RécamierChapitre 40 sur 53 · Le marquis de NadaiUae · texte numérisé non relu

Le marquis de NadaiUae

MARS 1816 t95

sans lien prendre de son parfum? Il m'a aussi parlé du beau ténébreux^, qui est toujours le même; cela ne m'étonne pas. Quand on est un beau ténébreux depuis trente-cinq ans, il n'y a pas de raison pour que cela finisse. La nature peut vieillir : l'ait ne vieillit pas, parce qu'il n'est jamais jeune.

Quand nous reverrons-nous? J'en reviens toujours là, avec un sentiment mêlé de terreur et de désir. Je n'ai, dureste, aucun projet fixe. J'aimerais autant ce pays que tout autre, la France, telle que je la désire, exceptée. Mais ce pays me ruine. Le climat convient mal à madame de Constant, qui pourtant ne veut pas le quitter sans moi. Il fau* dra donc prendre un autre parti une fois, et mon avenir est vague.

Je n'ai rien de madame de Staël, quoique je lui aie écrit. Ma lettre a peut-être été perdue. Je sais Albertine* mariée, je la souhaite heureuse. Son mari est un homme excellent, et je ne lui crois pas à elle, telle que l'éducation l'a faite, un besoin impérieux d'une sensibilité expansive. Madame de

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