‹ Lettres de Benjamin Constant à Madame RécamierChapitre 42 sur 53 · Son roman d* Adolphe · texte numérisé non relu

Son roman d* Adolphe

Mon Dieu, quand on souffre pour vous que la vie est douloureuse, et quand on a souffert qu'elle est fade I

P.'S. — Je viens de rencontrer à un bal le comte de Mosbourg, qui m'a fait votre message relativement aux dames Monges. Je ne demande pas mieux que de faire tout ce qui vous est agréable. Le malheur est que je dépends de l'homme à qui j'ai remis mes affaires, parce que je lui dois de l'argent que je ne puis ni ne veux lui en envoyer d'ici. Si j'avais

pu le payer sans m'ôter les moyens de vivre ici, je l'aurais fait; mais, quoique son argent soit très sûr, puisqu'il a une première hypothèque, j'ai trouvé que le moyen le plus sûr de n'être pas poursuivi par lui, comme vous savez que je V lî été autrefois déjà, était de le charger de tout géier,et il dispose des loyers. Du reste, il a des instructions pour être le plus poli du monde. J'ai été bien loin de vouloir humilier ces pauvres dames. Je n'ai pas dit un mot ni chargé personne d'en dire un qui pût les blesser, et il est impossible qu'elles l'aient été de ma lettre.

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