Le marquis de NadaillM
sans lien prendre de son parfum ? Il m'a aussi parlé du beau ténébreux^, qui est toujours le même; cela ne m'étonne pas. Quand on est un beau ténébreux depuis trente-cinq ans, il n'y a pas de raison pour que cela finisse. La nature peut vieillir : Tart ne vieillit pas, parce qu'il n'est jamais jeune.
Quand nous reverrons-nous? J'en reviens toujours là, avec un sentiment mêlé de terreur et de désir. Je n'ai, dureste, aucun projet fixe. J'aimerais autant ce pays que tout autre, la France, telle que je la désire, exceptée. Mais ce pays me ruine. Le climat convient mal à madame de Constant, qui pourtant ne veut pas le quitter sans moi. Il faudra donc prendre un autre parti une fois, et mon avenir est vague.
Je n'ai rien de madame de Staël, quoique je lui aie écrit. Ma lettre a peut-être été perdue. Je sais Albertine* mariée, je la souhaite heureuse. Son mari est un homme excellent, et je ne lui crois pas à elle, telle que l'éducation l'a faite, un besoin impérieux d'une sensibilité expansive. Madame de