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Je vous aurais écrit hier, madame, pour vous exprimer toute ma reconnaissance, si je n'avais été abîmé de fatigue. Croyez qu'il m'est bien doux d'ajouter le souvenir de ce que je vous dois, et par vous à vos amis, à des souvenirs bien plus mêlés de douleur. J'irai vous remercier peut-être ce soir
1. La nièce de madame Récaaûer, qui Tenait d*épouser M. Charles Lcnormaot.
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si TOUS y êtes, et je mets en attendant à vos pieds mes tendres et fidèles hommages.
On m'a dit samedi, madame, au moment où je voulais me présenter chez vous pour essayer de vous voir, ou pour laisser un mot par lequel je vous exprimais de nouveau ma reconnaissance, que vous veniez de partir pour Angervilliers. J'ignore si vous êtes de retour. 1 me tarde pourtant de vous voir, non seulement pour vous remercier, mais pour vous dire que tout ce qui m'est revenu hier encore m'a appris combien vos amis avaient été bons pour moi. Si vous êtes demain soir à Paris, j'irai sûrement mettre à vos pieds mes hommages. Si votre séjour à Angervilliers se prolonge, je suppose que cette lettre vous y sera envoyée. Elle vous trouvera dans un lieu où me reporte souvent ma pensée, malgré le souvenir des jours les plus douloureux mais les plus animés de ma vie.
32i LETTRES DE BENJAMIN CONSTANT
Pans, 10 février 1827.
Vous pensez bien, madame, queje serais heureux de vous voir et d'écouter Corinne ; mais je suis forcé d'être prêt sur la loi vandale pour mardi prochain, et la séance d'aujourd'hui réduit à deux matinées le temps que je puis consacrer à ce Ira* vail. Il m'est donc impossible de m'accorder le plaisir que vous m'offrez pour dimanche. Mais, si je savais quand on vous trouve le soir, je serais bien empressé de me dédommager de ce que je perds. Il me semble qu'en vous revoyant, je reverrais un ciel plus jeune que celui qui pèse sur moi, et je jouis d'avance des sentiments que vous me rendrez la faculté d'éprouver.
Mille tendres hommages.
Paris, 27 mars 1827.
J'espérais, madame, profiter dès aujourd'hui de
la permission contenue dans votre billet d'hier, et je m'en faisais une grande joie; deux affaires et la prolongation de la séance m'enlèvent ce bonheur. J'ai l'espoir de m'en dédommager demain ou après, et je serai bien heureux de vous parler de mes sentiments qui ne varieront jamais et de mes regrets de ne vous les exprimer que si rarement.
Mille tendres hommages.
J'ai fait votre commission, madame, avec tout le zèle que vous devez supposer et j'espère bien que rien de ce que vous craignez n'arrivera. Du moins on me Ta promis positivement. Le Consti' tutionnel est occupé de se garantir du sort du Courrier f et le Courrier ne me paraît avoir aucune envie de se livrer à de la gaieté. Je crois donc qu il n'y a rien à craindre et qu'on respectera les plaisirs enfantins que vous voulez préserver du ridicule. Je crois ces plaisirs tellement innocents.
S2S LETTRES DE BEHJAHIll C0K8TAKT
que je partage Tintérêt qa'ils vous inspirent. Je serais heureux de vous prouver mon lèle dans des choses plus importantes.
Je ne sais quand j'aurai l'honneur et le bonheur de vous voir. Koreff, que vous n'avez pas oublié sans doute, m'a donné un remède pour ma jambe, et, en deux fois vingt-quatre heures, il l'a rendue plus malade qu'elle ne l'avait encore été. Je puis à peine marcher avec deux béquilles. Il est impossible de faire en moins de temps plus de mal à un homme, et Koreff me parait le premier médecin du monde en ce genre.
Mille tendres respects.
J'espère que vous avez reçu, madame, le compte rendu de ce que vous avez bien voulu me charger de faire ou plutôt d'empêcher. Je suppose que l'éclat qu'a eu la fête d'hier ne poussera personne à en parler aujourd'hui. Cependant tant de succès rrite l'envie.
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Permettez qu'en vous adressant ce petit mot, je vous l'envoie par un excellent jeune homme, qui publie un journal hebdomadaire où il y a de 1res bonnes choses, et qui, tout libéral qu'il est, a une grande admiration pour M. de Chateaubriand.
C'est au point que je ne sais si son désir de vous voir tient plus à ce qu'il y a de naturel dans ce désir qu'à l'envie de voir une personne liée avec celui qu'il regarde comme le premier de nos écri* vains. Vous savez que, sous quelques rapports, je partage cette opinion. Cependant mon enthousiasme ne va pas jusqu'à chercher en vous autre chose que vous-même. Je vous recommande mon jeune homme. Traitez-le assez bien pour qu'il soit enchanté, cela vous sera facile ; mais tâchez qu'il n'en devienne pas fou, et ici commence la difficulté.
Vous savez que cela est arrivé à des gens qui avaient la réputation d'être raisonnables.
Mille tendres hommages.
SaO LETTRES DE BENJAMIN CONSTANT
Des occupations, des maladies, un départ pro* chain pour les eaux, m'ont empêché, madame, de profiter des moments que je pourrais passer près de vous et qui auraient pour moi tant de charmes; je n'en crois pas moins à votre amitié et j'en abuse ; car je viens vous parler d'une chose dont je n'ai pas eu la première idée, mais à laquelle je tiens beaucoup, puisqu'on en a eu l'idée. Beaucoup de gens qui partagent mon opinion sur le ministère ont eu l'idée de faire imprimer une collection de mes discours. Jusqu'à présent, le succès est, probable. Il m'est venu dans la pensée que vous pourriez y contribuer, et que peut-être vous aimeriez à y contribuer. Je vous envoie donc des prospectus.
Que faites-vous cet été ? Je vais aux eaux rétablir ma santé, qui est assez mauvaise.
Vous trouve-t-on toujours le matin ? Je ne veux pas partir sans vous voir.
Mille tendres hommages.
GLIX
Je me suis présenté chez vous, madame, avec madame B. Constant, mais vous étiez sortie. J'avais essayé deux fois de vous trouver avant mon départ sans être plus heureux. Si je sais quand on vous* importune le moins, je renouvellerai mes tenta*
tives.
Je voudrais aussi vous demander un petit éclaircissement sur un fait dont j'ai toujours oublié de vous parler, quoiqu'il soit bien ancien ; j'espère que vous n'en avez pas perdu toute mémoire.
Avant mon retour à Paris, je pris, en 1817., la liberté de vous prier de retirer d'une malle de papiers quelque chose que j'avais écrit danstm temps oii fêtais bien malheureux et que je ne voulais pas que d'autres vissent. Vous eûtes cette bonté. Dans cette malle étaient des lettrés de notre amie, qui ne devaient être vues de personne. Ne vous avais-jepaspriéde les retirer aussi?Lefait estque je ne les ai pas retrouvées. Depuis la déplorable mon
du pauvre Auguste s j'aurais besoin de ces lettres pour en montrer quelques parties au duc de Bro« glie et à sa femme ; soyez assez bonne pour me dire si vous les avez.
Je suis accablé de cette mort si inattendue.
Quelle noble carrière interrompue par un coup de foudre I Auguste était de toute la famille celui dont j'avais le plus à me louer.
Je ne veux pas vous fatiguer de ma douleur.
Dites-moi quand je pourrai vous voir, et un mot sur le sujet de ma lettre.
Agréez mille tendres et respectueux hommages.
Piiris. 13 octobre 183a
Assez gravement malade depuis deux mois, madame, je me suis trouvé, à mon grand regret, hors d'état d'aller vous présenter mes hommages. Il fallait bien que la destinée diminuât la joie que