NOTICE SUR BENJAMIN CONSTANT XXXI
Cependant Benjamin Constant ne s*était rallié à Tempereur qu'à la condilion qu'il se rallierait aux principes de la liberté. Dans la discussion de l'Acte additionnel, au sein du Conseil d'État, il opina toujours dans le sens le plus libéral, et, lorsque la nouvelle constitution fut promul^uée,en publiant un ouvrage {Principes de politique applicables à la nouvelle constitution) destiné à en défendre les principes généraux, il ne dissimule pas les points par lesquels elle lui paraissait encore défectueuse. Plus conséquent que Lafayette et d'autres constitutionnels, il ne crut pas la France dégagée, par la défaite de Waterloo, des liens nouveaux contractés avec Napoléon. Il combattit de toutes ses forces la pensée de désarmer le héros vaincu, et ce ne fut que lorsqu'il vit cette pensée prévaloir, qu'il crut devoir engager Bonaparte à éviter un conflit désastreux et inutile, en cédant aux volontés de la Chambre qui demandait son abdication.
Benjamin Constant publia en 1820 ses Mémoires sur les Cent'Jours : le but principal de cet ouvrage est l'apologie de sa conduite et de celle du parti constitutionnel. Il est rempli, surtout dans sa seconde partie, de détails curieux sur les derniers jours de l'Empire et de l'empereur. Quant aux motifs politiques de sa conduite, il les résume ainsi :
« On m'a reproché, dans un libelle, de ne m'étre pas fait tuer auprès du trône que, le 19 mars, j'avais défendu ; c'est que, le 20, j'ai levé les yeux, j'ai vu que le trône avait disparu et que la France restait encore... S*isoler lu gouvernement que Bonaparte instituait, c'était expo-