L'helléniste Raoul Rocliotte
2. Quati'cni»'i(' de (^uincy (Anfoino Chrysostome), archéologue, secrétaire perpétuel do l'Académie des Beaux-.\rts.
sa corniche, provenant d'un hypogée et dont je crains de ne t'avoir point parlé. C'est un morceau charmant, entièrement couvert d'inscriptions et de sculptures peintes. Il contient, en grands hiérogl^^phes, la légende royale de Sésostris et sur l'épaisseur celle du Pharaon Ramsès VII, fils et successeur de Sésostris. Le bas des montants est occupé par deux bas-reliefs, représentant un défunt et sa mère adressant des prières à Amon-Ra et à Phtlià. —
Ma discussion avec le Directeur est terminée comme je pouvais le désirer : les clefs du Musée m'ont été remises et je suis libre d'y entrer à toute heure, puisque je les ai dans ma poche. — J'ai commencé l'examen des Papyrus. Il y en a beaucoup de cuits, mais beaucoup aussi d'une belle conservation et d'une grande beauté : j'ai trouvé un rouleau de près de 2 pieds de haut, couvert de grandes pages en écriture hiératique. C'est un chef-d'œuvre de calligraphie ; les caractères ont plus d'un pouce de hauteur et sont tracés avec une élégance infinie. Le papyrus mince et fin, et fort malgré cela, ressemble à un véritable satin. — J'ai déroulé déjà vingt-cinq à trente autres papyrus; tous sont des parties plus ou moins complettes d'un grand Rituel funéraire soit en hiéroglyphes, soit en hiératique. Je n'ai encore rencontré que deux pièces démotiques, un contrat que je crois du règne de Darius et une espèce de recueil de quittances ou autre pièce de compte.
Voici la copie de l'inscription de la momie grecque :
TO-5C KVPxoY XoiAK KA CTeASYTA.
Ce cercueil a la même forme que celui de Pétémenon de Cailliaud, mais sans peinture. L'inscription grecque est placée sur le devant, vers la tête. Une ligne d'hiéroglyphes occupe le dessus du cercueil : on y trouve le nom propre du défunt, écrit :
p ç=^ 1. Il justifie la valeur P que j'ai donnée au signe f=^ T A Pé (ciel) dans le nom propre — >*— ^ Psamétég, M c^^ji gravé dans mon livre sous le n° 190. Le nom du N . — r père manque dans l'inscription hiéroglyphique de la n E^ momie de Turin , mais on y trouve en revanche le nom de la mère, écrit fi 2, Tékouï ou Takoui. La durée de la
vie du défunt est également indiquée par le groupe suivant :
I i| ^ ^^Ê ft c'est-à-dire : -V- a vécu ^Tj
cinq
ans, (savoir) : quatre ans en-
tiers, Yi7i^ mois 2 J'ois 4, c.-à-d.
huit mois {t^ est la forme hiératique du chifïre Mil (4), voir mon tableau hiératique, lithographie à Grenoble, f^ classe, n" 0), o i Jours n dix, ce qui est parfaitement conforme à l'inscription grecque. Voilà mon système sur le
sceptre annuel P ^t «es dents, parfaitement confirmé.
Le Directeur du Musée, avec lequel je suis en pleine paix maintenant, a lu à l'Acîidémie un mémoire sur cette momie qu'il avait tenue renfermée chez lui. Son mémoire est tout en mon honneur, puisque, mon livre à la main, il avoue avoir retrouvé le nom propre et la durée de la vie du mort dans la légende hiéroglyphiciue. Si tu fais une notice de cette momie, soit pour l'Académie, soit pour le Bulletin
nomme M. de Saint-Quentin^ comme ayant parlé le premier de cette inscription, à l'Académie de Turin, au mois d'Août, mais du reste parle en ton nom et sans gêne. — Je joins ici une lettre de la Sapho du Piémont, la Comtesse Diodata de Saluées, femme d'esprit et poète célèbre. M. de Varaigne
y trouvera quelques renseignements et la réponse à la
demande qu'il m'a faite par M. d'Angelis : ajoute que la note biographique, rédigée par la Comtesse Diodata ellemême, est entre les mains du Comte Alfieri de Sostegno, ambassadeur à Paris. La Diodata, à laquelle j'en ai parlé, autorise M. de Varaigne et M. d'Angelis à en demander la communication au Comte Alfieri. Quant à la lettre autographe que je t'envoie, comme la Comtesse de Saluées est une des grandes réputations d'Italie, elle trouverait naturellement place dans le Recueil de M. de Dolomieux Offrela-lui avec mes respects. —