‹ Lettres de Champollion le jeune (volume 2)Chapitre 16 sur 78 · UU · texte numérisé non relu

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ne sont pas ceux de ces Rois Thébains investis par les Pasteurs et reconnaissant de fait ou de droit leur suprématie : cela me semble

; (lérnontré. Dans ce cas, les

très probable, je dirai presque n°^ 1 , 2, 3 et 4 formeraient les 4 Thébains-Diospolites , contemporains et feudataires des Pasteurs, et nous devrions les appeler conséquemment la XVI P Dynastie Egyptienne, le dernier Roi de la XVP étant Koy/ap'c (le T-'jjiaoç de Manéthon), détrôné par les Pasteurs. Les n°^ 5 et 6 (ce dernier étant Mispliratlioutmosis, père du chef de la XVIIP) étaient les Rois qui s'insurgèrent (ol è-xvâjTacrav) contre les Pasteurs en secouant le joug féodal imposé à leurs quatre prédécesseurs, en supposant que ce nombre de 4, assigné aux feudataires, soit parfaitement exact. J'attends ton avis là-dessus; alors je saurai s'il faut dire XVIP légitime, ce que je crois, ou XVP, ce qui me semblerait être contre les textes de Manéthon, qui donnent Kp-aoî RoY/ap'; comme le dernier de cette dynastie. Je voudrais savoir aussi ce que tu penses des trois Dynasties de Pasteurs que donne l'extrait de l'Africain, savoir :

XV« Dynastie : 6 Rois Pasteurs (qui sont ceux de la XVII« d'Eusèbe et régnent 284 ans) ;

XVP Dynastie : Pasteurs Grecs, 32 Rois = 518 ans ;

XVIP Dynastie : d'autres Pasteurs et des Rois Thébains = 43 de chaque race = 153 ans.

Il y a certainement là de grandes absurdités qu'il est didicile d'admettre et dont il est impossible de se dépêtrer autrement ([u'avec des ciseaux. — Ce n'est (lue trop tard, par malheur, que j'ai retrouvé un passage du Syncelle qui eût produit un bon elîet dans ma Première Lettre; mais je

hini.. Ktivi'T., r. XXX.

le glisserai certainement dans ma Seconde. Il dit, en parlant à'Amosis, qui se nommait ainsi Misphragmouthosis, que le plus souvent les Rois d'Egypte se trouvent avoir deux et même trois noms différents, ce qui rentre bien dans mon système et qui rend compte de la différence que les monuments présentent dans les noms propres de Roi lorsqu'on les rapproche des écrivains : AUiNrMOi xa-. tpujnvmoi TzoKkctfoù -dov AîYUTTxfwv o\ BafftXeTç e'jpTivxai {Syncelle, p. 50, A). Ce passage eût presque pu servir d'épigraphe à ma Première Lettre.

J'ai vu la VHP livraison du Panthéon à l'Académie :

les figures sont parfaites, mais le coloriage est bien mauvais J'aime à croire que cet exemplaire est formé de

mauvaises épreuves. Les couleurs sont si ternes que, si tous les exemplaires étaient comme celui-là, cette livraison serait très inférieure aux précédentes. Je m'occupe de la X® et j'expédierai probablement samedi un premier paquet pour cela. Rien de nouveau ici, tout le monde est encore à la campagne, claquemuré par la pluie ou par les eaux du Père Éridan qui est enflé outre mesure et désole bien la Lombardie. Je trace le plan de la Seconde Lettre; je ne sais comment y faire entrer tout ce que je voudrais dire sans

faire un volume Donne-moi des nouvelles de M. Dacier

et des grands hommes, ses administrés. —

A L'ABBÉ GAZZERA

Turin, jeudi ... octobre 1824.

f-JPiî

J'étais loin de penser, mon bien cher ami, que notre correspondance dût commencer sous d'aussi sinistres auspices.

Le bon temps est passé : l'éternité va se dérouler à nos regards surpris, et ce sera une grande grâce, si on nous laisse le temps de faire quelques petites dispositions testamentaires. Tout est consommé; nos travaux impies vont recevoir leur prix, et il est décidé que nous périrons par le fagot. Le brave Ricardi vient de lancer son dernier coup de tonnerre. J'en suis réduit en poudre, et ce qui rend plus amers les tourments de cette pulvérisation, c'est que vous êtes enveloppé dans mon désastre; nous aurons même pour compagnon sur le bûcher et pour camarade de San Beniio ce pauvre chevalier de Saint-Quintin', qui s'est donné tant de peine pour lancer le Roi Osymandias au delà du temps des patriarches Abraham, Isaac, Jacob Qi patres nostros.

Le Jupiter Asinarius de Gênes' a déclaré que l'écriture phonétique était une invention du diable dans le seul but de défendre l'antiquité fabuleuse de Manéthon à défaut de l'authenticité du zodiaque de Dendéra, que moi, incrédule, je voulais faire remonter à onze mille ans; que, n'ayant pas réussi dans ce projet infernal, vu que lui, Ricardi, avait prouvé que le :^odiaqae n'était qu'un sothiaque, le malin esprit m'avait inspiré le système phonétique, et que mon but était de sapper notre sainte religion jusques dans ses fondements. Il signale donc en bon chrétien l'imminent danger du phonétisme et tous les poisons que récèle une méthode dont il avait cru d'abord devoir simplement se moquer; mais aujourd'hui qu'il a vu la tête et la queue du serpent, il crie, comme un aigle, contre le système, son auteur et ses fauteurs.

Le sujet de la brochure est le colosse de Mandouéï, et le motif principal, la lecture faite par Saint-Quinlin d'un mémoire académicjue daus leciucl on veut prouver t[ue cette statue est celle d'Osymandias. Mais le savant Ricardi établit

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