IV INTRODUCTION
une position plus aisée que celle où je me trouve, mon esprit, plus libre et plus indépendant, pourrait tenter encore davantage qu'il ne peut le faire au milieu des incertitudes où j'ai vécu jusques à présent. Les obstacles et les préventions que j'avais à combattre viennent enfin d'être aplanis par le grand coup que j'ai frappé. Je suis en position de tout espérer. »
Mais la place espérée à l'Académie des Inscriptions et Belles-Lettres ne lui fut pas accordée ^ malgré les efiforts de Dacier, le secrétaire perpétuel, et il ne trouva pas non plus un emploi dans une des bibliothèques de Paris. En outre, la promesse donnée de l'impression de tous ses écrits scientifiques aux frais du gouvernement n'était réalisée qu'en partie". Le Duc insistait d'autant plus pour que la nouvelle publication fût dédiée au Roi : c'est qu'il ne savait que trop bien qu'à la Cour on ne pardonnait pas à Champollion d'avoir dédié le premier compte rendu de sa découverte à M. Dacier!
Dès la mi-janvier 1823, c'est-à-dire dès sa première rencontre avec « l'Égyptien », le Duc n'avait pas cessé de faire valoir auprès de Louis XVIII et les mérites scientifiques de son protégé et la noblesse de ses sentiments, dont il avait des preuves assurées, car il l'avait invité souvent afin d'être initié par lui, autant que possible, à la nouvelle science. Déjà un mois plus tard, il pouvait lui remettre de la part du Roi une tabatière en or, avec le paraphe du Monarque en diamants ^ C'est pourquoi le Duc espérait lui procurer, peu après/ les
1. Qu'il soit rappelé qu'un Ordre Royal du 1" octobre 1823 (une année après la lecture de la Lettre à M. Dacier) avait réduit le nombre des fauteuils de l'Académie de quarante à trente.
2. C'est pourquoi ses deux travaux sur l'écriture hiératique et démotique, qui devaient paraître en 1823, n'ont jamais été publiés, ce qui est regrettable.
3. Avec la dédicace : Le Roi Louis XVIII à M. ChampoUion le Jeune, à l'occasion de sa découverte de l'alphabet hiéroglyphique.