Kaoul-Rochette
station à Alexandrie viennent d'arriver en rade à Livourne. Ils consistent :
1° En un sarcophage de granit rouge, provenant des tombeaux des Rois à Thèbes. C'est celui du Pharaon Ramsès-Méïamoun de la XVIIP Dynastie, celui même du Tombeau des Harpes de la Commission et qui est de la plus rare beauté ;
2° Le sanctuaire monolithe du grand temple de PhiUc, en granit rouge ;
3^ Un sphinx colossal en granit rouge, venant de Sais;
4" Une table de granit rose, chargée d'hiéroglyphes, avec nom royal — venant de Thèbes ;
5*^ La partie inférieure d'un colosse, avec trône chargé de figures, supposé d'Aménophis IL — ■ On me dit, de plus, que le bâtiment porteur des cinq pièces ne pourra les débarquer que dans vingt-cinq à trente jours, à cause de la quarantaine, et on propose, en cas d'arrangement, de les laisser à bord et de s'entendre ensuite avec le capitaine pour les transporter en France, ce qui éviterait les frais de débarquement à MM. Santoni et ceux de rembarquement à l'acquéreur. — Je ne sais que répondre à tout cela ; ne perds pas un instant pour en faire part à M. le Duc, en le priant d'en parler à qui de droit et d'exiger une réponse catégorique. J'ai bouche close jusques à ta réponse. La collection, en prenant le tout, serait de 250.000 francs. Il serait urgent d'en (inir là-dessus. Le temps passe, le mois d'octobre approche, tu n'as point oublié le congrès de famille à Vif,
et j'y pense plus que jamais. Prends donc une décision quelcon(|ue. Il me tarde tant de savoir ce que j'aurai à faire un mois d'avance. Cette vie en provisoire commence à me lasser.
Pousse également l'affaire du Musée. Je suis persuadé que, le Duc parti, ce sera une bataille perdue, sans espoir de revanche. Le moment est opportun. On n'a (ju'à renvoyer M, de L[a] R[ochefoucauld] aux jouniauv d'Italie, pour
voir l'effet que j'y ai produit. Ils ne sont pleins que de moi. Le moment est bon, je le répète; ne le laissons pas échapper.
J'ai été crucifié ces jours derniers par M. de Château, premier secrétaire d'ambassade, fondé de pouvoir de M. de la Tour du Pin. C'est donc une affaire faite.
Je n'ai point sous la main le manuscrit des Litanies de la Lune pour prendre le groupe; tu en trouveras la copie parmi les manuscrits arrivés avec la caisse des dessins. Je crois qu'il est ainsi fait :
^ Aj. Tu reconnaîtras ai- -dï^î^^-B-^ JLk^^^É sèment ce groupe pour TT/ P^^^^ï ^^J^ le rectifier. — J'at- ^ tends de tes nouvelles et de celles de M. Dacier et dès siens. Il me tarde de nous retrouver dans le petit cabinet, en cercle serré, et cependant les coudées franches. Adieu, mon cher ami
AU MEME
Turin, 6 septembre 1825.
J'attendais de tes nouvelles, mon cher ami, avec une bien vive impatience, espérant qu'elles me porteraient enfin une décision sur l'affaire de Livourne, mais me voilà de nouveau désappointé comme il arrive toujours, lorsqu'il s'agit d'une affaire à laquelle j'attache quelque intérêt de cœur ou de science. Le peu que tu me dis des dispositions actuelles de M. de D. ' me donne la conviction que c'est une affaire perdue à toujours, et le mot économie fait une très bonne figure dans la bouche de gens qui jettent les millions, quand