AL COMTE DE FUNCHAL
Livouiiie, 19 juin 1826.
Monsieur le Comte,
Il y a longtemps (jue j'aurais le plaisir de seconder Votre Excellence dans les soins qu'Elle veut bien prendre pour assurer enfin une publication fidèle des obélis(|ues de Rome, si on ne m'avait t'ait perdre un mois entier à attendre le vaisseau du Roi (|ui doit tr.iiisporter la collection égyptienne de Livourne an Havre. Mais je suis dans l'obligation d'assister à l'embarciuement du légiment pliaraonic|ne dont on a bien voulu tout récemment me nommer colonel. C'est un devoir que je dois remplir et c[ui le sera, j'aime à l'es-
pérer, sous peu de jours, le vaisseau devant arriver ici d'un instant à l'autre. Je ne perdrai point une heure pour me rendre à Rome, où je serais heureux de vous trouver encore, et de m'associer de toutes mes facultés à un travail utile à la science et glorieux pour le gouvernement qui en ordonnera l'exécution.
Les détails qu'e contient la lettre que votre Excellence m'a fait l'honneur de m'écrire, relativement aux premières opérations tentées à cet égard, sont déjà une garantie de succès. Le point important était de trouver un dessinateur qui sût voir les choses comme elles sont, et qui mît sur le papier tout juste ce que les monuments originaux présentent, et rien de plus. M. l'abbé Fea a certainement la main heureuse, puisqu'il a choisi le dessinateur Mariani, qui réunit toutes ces conditions, et il est infiniment à désirer qu'on le charge aussi de l'exécution des planches qui, je crois, devront être au trait simple. Les ombres dont on veut embellir les copies d'inscription' leur ôtent ordinairement leur caractère d'originalité en empiétant sur la pureté des contours.
Comme j'ai l'espoir fondé d'être à Rome dans une quinzaine de jours au plus, je pense qu'il est inutile de m'adresser à Livourne les copies des quatre faces de l'obélisque de Saint- Jean-de-Latran. C'est au pied de ce vénérable patriarche des obélisques que je reverrai ces dessins, opération très rapide, puisqu'ils ont déjà été soumis à la revision d'une véritable Commission Égyptienne, et que quatorze yeux y voient toujours beaucoup mieux que deux.
Permettez-moi de recommander à Votre Excellence d'insister auprès de Monsignor Trésorier, pour qu'une entreprise commencée sous d'aussi favorables auspices soit définitivement arrêtée et convenue. Il serait bon de presser le rapport de M. l'abbé Fea qui, mieux que tout autre, peut,