AU VICOMTE SOSTHÈNE DE LA ROCHEFOUCAULD
Livourne, 18 juin 1826.
La lettre que vous m'avez fait l'honneur de m'écrire sous la date du 18 mai m'a pénétré de la plus profonde reconnaissance, et m'impose l'obligation de redoubler de zèle pour justifier, autant du moins qu'il sera en moi de le faire, la précieuse marque de confiance que Sa Majesté daigne me donner, en m'appelant aux fonctions de conservateur de la seconde division du Musée des Antiques. Mes vœux les plus chers sont comblés aujourd'hui, puisque la bonté royale a voulu que la poursuite des études et des recherches auxquelles je me suis voué devienne désormais pour moi, et par une faveur toute particulière, l'accomplissement même d'un devoir.
Je me tiendrai heureux si, en consacrant ma vie entière à Tavancement d'une science dont le Roi vient d'assurer les progrès, en ordonnant de réunir dans son Musée l'importante série de monuments sur lesquels elle se fonde, je puis prouver mon absolu dévouement à Sa Majesté, et me rendre digne d'un tel acte de munificence royale qui prévient ainsi mes services par un bienfait.
Permettez-moi, Monsieur le Vicomte, de vous exprimer
en même temps combien je suis vivement touché des témoignages éclatants de bienveillance que vous avez bien voulu me donner dans cette occasion. Je me plairai toujours à le reconnaître; c'est à vous et à votre illustre maison que je suis redevable de la grâce dont le Roi vient de m 'honorer. Je vous prie d'agréer l'assurance de ma vive gratitude, et celle du respectueux dévouement avec lequel j'ai l'honneur d'être. Monsieur le Vicomte, votre très humble '