‹ Lettres de Champollion le jeune (volume 2)Chapitre 7 sur 78 · INTRODUCTION VII · texte numérisé non relu

INTRODUCTION VII

l'hiver avait été si rude dans les Alpes, que le départ de son auteur pour l'Italie ne put pas encore avoir lieu ; il se rendit donc à Londres, pour y voir, avant tout, l'original de la célèbre Inscription de Rosette. — Malgré les hostilités récentes de Thomas Young et l'animosité extrême de William J. Bankes l'ami de celui-ci, Champollion serait resté plus longtemps en Angleterre, — car on l'attendait à Oxford et à Cambridge, et quelques ecclésiastiques, ses partisans très sincères, voulaient lui faciliter la visite de certaines collections peu accessibles de la haute noblesse, — si Champollion-Figeac, qui accompagnait son frère pour le soigner et pour le défendre au besoin, ne l'avait pas décidé à un prompt retour : il savait, en effet, que le duc de Blacas irait sous peu comme ambassadeur de France à Naples, et il jugeait à propos de ne point laisser son cadet iin seul jour à Paris une fois que son protecteur n'y serait plus. Tout était à craindre d'un renouvellement des intrigues à la Cour, car la lecture du Précis commençait déjà à susciter de nouveaux adversaires jaloux à son auteur.

Vers le 18 mai, eut lieu la distribution gratuite dans tout Paris de la brochure : Notice sur les résultats historiques tirés des connaissances actuelles sur le système graphique des anciens Egyptiens, où il est question des progrès faits dans la lecture et dans la traduction des textes anciens depuis l'achèvement du manuscrit du Précis. Cette publication était nécessaire pour la mission de « TÉgyptien d en Italie.

Afin de faciliter celle-ci de son mieux, Louis-Philippe d'Orléans, dont l'intérêt pour la nouvelle science étnit prouvé, fit écrire, par la duchesse Marie-Amélie, à la Reine de Sardaigne, sa sœur; Champollion devait présenter luimême cette lettre fort élogieuse et pour sa personne et pour ses travaux. Le Duc semblait être sûr d'un grand elîet, — oubliait-il pour un moment l'énorme différence entre rutniosphèie de liberté qui régnait tous les viisles co-

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