‹ Lettres de Champollion le jeune (volume 2)Chapitre 70 sur 78 · La f<He de C liarles · texte numérisé non relu

La f<He de C liarles

2. Hiirean ceiifral fie poslf, à col te f'pofjue là. Il «"(devait a l'endroit m»*me on se tronv»» aujourd'hui l'Untf'l ('«Mitr.ii di's postes et téli'irra plies de l'aiis.

samedi prochain. Tu nous enverras donc quelqu'un à notre arrivée, pour nous dire le numéro délia casa\

Je me rendis à Vif le surlendemain de mon arrivée, c'està-dire mercredi; jeudi matin je me suis levé avec la goutte

au pied droit elle ne m'a point encore quitté: je ne puis

mettre de souliers, et mon pied droit refuse de s'appuyer à terje. Je risque tout de même le voyage, convaincu que je serai aussi goutteux par les grands chemins que dans ma chambre. Il en adviendra ce qui pourra : c'est là le premier fruit des douceurs angéliques du climat de France'. Adieu

donc, àsamedi, — je t'embrasse provisoirement de cœur,

espérant de le faire bientôt de corps et d'âme. Addio!

J.-F. Ch.

Champollion ne revit pas la ville qu'il aimait plus que toute autre au monde et qui doit être reconnaissante sous tant de rapports à « cet homme dont le nom ne périra jamais », comme l'a caractérisé Sylvestre de Sacy. Le livre Champollion, sein Lehen und sein Wevk, vol. 1, p. 210-227, raconte en détail quel danger imminent menaçait Grenoble au mois de juin 1815, et témoigne de l'héroïsme à toute épreuve dont fit montre le jeune professeur d'histoire qui, pourtant, était bien souffrant à cette époque. ChampoUion-Figeac étant alors à Paris, le frère cadet lui indiqua, dans ses lettres, toute la gravité de la situation et sa manière d'agir à la Fédération dauphinoise afin de tenir en échec certains Jacobins de 1793, qui voulaient absolument recommencer leur despotisme à outrance. \i\ dire que ces Jacobins marquants, après avoir pris, le moment venu, le masque de royalistes outres, ne cessèrent plus

1. De la maison n" 28, rue Ma/.ai-ine, les iïères allèrent s'établir, avec leurs familles, au n" 11) de la luènie rue. Les numéros sont encore les mêmes aujourd'hui.

2. C'est une simple plaisanterie. Champollion affirmait, en effet, avoir contracté les douleurs arthritiques qui le tourmentaient dans la Galerie de Florence.

de dénoncer leur courageux antaj4oni>te comij>e étant Jacobin enragé, à la (Jour même et aux Ministères. La plupart des véritables royalistes ultra, méconnaissant, de parti pris, les nobles principes politi(|ues de Champollion, crurent celte calomnie, et le lecteur vient de voir que certains savants, jaloux de la gloire de plus en plus resplendissante de « rÉgyptien )), avaient su en profiter en haut lieu. De nouvelles intrigues étaient entamées, et Champollion en fut averti par son frère- C'est un peu pour cela qu'il s'écriait : (( Babylone, tu me fais peur! » en descendant de la diligence après un parcours pénil)le de pres(|ue cinq jours.

Depuis 1857, Grenoble possède une rue ('/nniipollion, en l'honneur des deux frères', mais ce n'est (jue depuis le lo juin U)0() ({ue, grâce à la générosité de M'"° veuve Bartholdi, un monument en l'honneur de Champollion le Jeune a été érigé dans le grand vestibule du Musée-Bibliothèque de la ville. C'est la maquette'- de la statue en marbre, exécutée par Frédéric Auguste Bartholdi en 1874, et qui, après avoir été exposée au salon de 1875, a été placée au Collège de P'rance, à Paris.

Grâce au dévouement fervent des égyptologues et à leurs succès de plus en plus étonnants, rtuiiirjuc /:f/i/j>li- rrr/pricnt plus riram r/e jour rn jour, et plus (|u'au[)aravant, également, on ose le dire, (( l'Égyptien » lui même s'est ranimé devant leurs yeux; il serait k souhaiter (|ue sa mémoire récolte un regain de popularité dans la ville qu'il appelait si joliment son « bijou sans pareil ». Le centenaire de la naissance de légyptologie (le 27 septembre 1922) n'est pas loin : pour(iuoi le monde civilisé, (|ui aujourd'hui visite clia(|ue année la vallée du Nil, ne fournirait-il pas à la hcilc Reine des

1. Pendant de longues années, Cliampolli(jn-I''igeae avait ri'ndu des services fort importants à Grenoble, d'abord, en développant, d'une manière habile, les affaires commerciales de cette ville avec l'étranger, puis, ries 1802. en augmontant de beaucoup l'inltMvt de l'Académie I)elpliinale et, ensuite, celui de la Hibliotlic(|ue municipale. Mu 18<>n, lo maifjui.s de [''ontanes, grand-maître de ri'niveisité impériale, le chargea de la fondation d'une nouvelle faculté à (ir«'noble, inaugurée le 2<i mai 181<l. ilont il fut un des professeurs, et dès 1812, le doyen.

2. Voir les cui'ieux di'taila dans ('/inni/nitlid/i. siu'n Lfhrii iirul srtn Wcrk, v.d. II, |.. Hl(l-iil2.

Alpes les moyens d'ériger à son « Égyptien » un monument grandiose?—H. II.

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