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64 LEtTRES ET JOURNAUX
Paroles du gardien des Temples {(jui est sous la garde [i Seigneur...
de justice, etc.
du Seigneur oj^) : O vous, Sauveurs! Seigneurs
Le nom de ce haut fonctionnaire de l'ordre sacerdotal contient le prénom du Roi Saïte Psammétichus II, ce qui donne en môme temps l'époque approximative du sarcophage. Il est certain quen fouillant ces collines (M), on découvrirait des monuments funéraires d'une haute importance. Cet emplacement paraît avoir été une nécropole des familles de distinction. Sur les bords de l'excavation était encore la partie inférieure du couvercle de ce sarcophage. La partie supérieure a été donnée par M. Rosetti au Musée impérial de Vienne.
Après avoir visité avec soin l'enceinte du Hiéron, et tiré quelques coups de fusil sur des chouettes juotAôw-jsl qu'un singulier hasard nous faisait rencontrer sur les ruines de Sa'is, mère d'Athènes, villes qui placèrent toutes cet oiseau sur leurs médailles, nous retournâmes au village de Ssael-Haghar, où nous montâmes pour voir si ces colonnes égyptiennes mentionnées par Niebuhr existaient encore.
Nos recherches dans les pauvres rues de ce village furent vaines. Khalil, un de nos domestiques, reçut l'ordre de crier que tous ceux qui avaient des antiquités à vendre nous les apportassent. Personne n'approchait, les femmes et les en-fants fuyaient aussitôt que nous débouchions dans une rue. Mais, nous étant mis, Rosellini et moi, à distribuer des pièces de dix paras, la foule accourut, nous entoura, et nous eûmes toutes les peines du monde à nous débarrasser de ces braves gens qui, d'abord, nous prenant pour des soldats turcs, avaient eu peur et se cachaient au plus vite. On nous présenta alors quelques mauvaises médailles, et nous retournâmes au mâasch escortés par une bonne partie de la population de la moderne Sais. Les enfants et les petites filles.
les uns et les autres nus comme des vers, ne nous quittèrent qu'à la dernière extrémité.
On quitta le rivage saïtique à six heures un quart du soir; nous étions entre Nekhléh <J'^ et Gouddabé t^b^
à sept heures, et vis-à-vis Etbié sur la rive orientale à huit heures et demie.
17 septembre. — En nous réveillant le lendemain matin, nous nous trouvâmes arrêtés au rivage libyque, vis-à-vis un grand village nommé 4.jybl^l El-Dliahariéh, parce que le vent, soufflant du midi, nous était tout à fait contraire. Mon réis nommait ce vent ^^^ Marisi, c'est un mot dérivé de l'égyptien julô^phc, Maris, nom de la Haute Egypte, d'où vient ce vent. Nous profitons du temps de halte pour faire une promenade dans la campagne, riche de culture, et où je remarquai de grandes plantations de chanvre et de coton. Les arbres de toute espèce y abondent, et c'est là que je vis pour la première fois la gousse ji du Mimosa N'ilotica, le schonti égyptien, dans la- \0) quelle je reconnus le type de l'hiéroglyphe c. Cette \Oj gousse est nommée qard par les Arabes. — Le vent (pS s'ôtant un peu levé, à quatre heures, nous mimes JJ à la voile, et, peu de minutes après, nous étions devant ^....^t Schènis-
séh. A quatre heures et demie, à ^ll^c^ Mit-Chahaléh, quelque temps après devant jU^Aj Bcnovfar, et à cinq heures à ZjVjjS" Kafr-Zaïât. — Ici le réis voulut s'arrêter alin d'acheter du blé pour son équipage. Ce village, construit en limon du Nil comme tous les autres, est le premier qui, par les formes de ses maisons, nous ait rappelé les vieux monuments de l'Egypte par les talus des murailles et des terrassements. Nous parcourûmes le village, cherchant à faire l'emplette d'un mouton, mais il n'y en avait point à vendre. Nous vîmes un vaste magasin de blé et de coton
l3lllL. liuYlT., T. XXXI. 5
appartenant au Paclia : c'est un édifice à murailles droites. Nous quittâmes Kafr-Zaïàt à six heures précises, continuant notre route. En passant dans les rues du village, je croquai la forme des ornements que les femmes se font mettre sur le
menton et sur les bras :
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Ces tatouages sont en général de couleur b/eae. Ils s'exécutent au moyen d'un instrument composé de trois ou quatre aiguilles réunies par des fils; on perce la peau jusques au sang et on inscrit ainsi les formes de l'ornement en question. Les aiguilles sont trempées dans de l'encre ou de la poudre de charbon délayée. Une femme égyptienne peut faire décorer son menton pour la modique somme de cinq paras. Ce sont des femmes qui exercent cet art. Les Égyptiennes portent aussi des ornements tatoués sur les mains et les bras. Voici les plus ordinaires :
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Peu au-dessus de Zaïat nous apercevons vers le nordest les palmiers et les minarets d'Abiaj' jLoJ, l'ancienne g^*.guîH! des Coptes, et plus au midi, un peu moins distincte, la ville de Ja;L> Thanth, la Tô.uTevoo des Égyptiens. C'est dans les mois de Régab qu'a lieu, dans cette ville, une foire considérable, dont le but secondaire de ceux qui s'y rendent en foule est de visiter le tombeau d'un saint musulman nommé Sid-Ahmed-el-Bedaouï.
On passe devant )y\l Schabour à sept heures moins cinq
t)E CHAMPOLLION LE JEUNE 67
minutes ; une partie de ce village de la rive occidentale a été emportée par les eaux du Nil. Nous fûmes tous frappés de l'odeur infecte que répandait le cimetière du lieu. Encore un argument pour l'ami Pariset. — Le màasch fut amarré à dix heures et un quart, sur la rive est, à El-Zaïrah iLtjl), pour attendre la dahabiéli restée en arrière. — Pendant la nuit, nous dépassâmes les villages de Thanoub, Amrous, Bischtâmé, Koum-Schérik, l'un des Champs de bataille de l'armée française, et à six heures du matin nous nous trouvâmes à Zaouïet-el-Baglé iUl ijlj .
18 septembre. — A six heures- un quart, à Attariéli, village qui n'est point marqué sur la carte de la Commission. En passant devant j^i Danassour, nous aperçûmes, au loin et sur la même rive, les villes de J-j- Sersena, la ^rô^pcme des livres coptes, et de ^:i\JL\ Ibschadé, la nuj*.'^ des Égyptiens et la Prosopis des Grecs, ville jadis d'une grande importance et réduite aujourd'hui à un simple hameau. De sept à huit heures, à Aboulkhaous, en Libye, où on a acheté le mouton. A neuf heures dix minutes du matin, nous étions à aISIc Alham (Ad.Rd.ii), position connue
par le combat que notre armée y livra aux >himl()uks le 16 juillet 1798.
Neuf heures et demie. En approchant du village de Nader jit, des femmes, portant des coufTes de fruits, dattes et grenades, côtoyaient le rivage en nous olïrant leur marchandise. On s'arrêta vis-à-vis un enclos planté darbres, sur un alignement régulier, rideau de verdure derrière lequel se cachait le village. A peine le mâascii touchait-il l(i bord, ciue la foule des femmes et d(^s enfants accourut et nous montra des provisions de bouche. Dans le nombre (les spectateurs se trouvaient trois bdiadiiis ou farceurs, suivis de deux Alinùh (ou tilles savantes) que nous finies
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venir sur le pont. L'une d'elles, fort jolie de figure et d'une grande perfection de formes, portait deux cymbales de cuivre. Elles chantèrent pendant une demi-heure des vers arabes, espèce de dialogue entre un amant et sa maîtresse, sur une cantilène qui nous parut à tous assez agréable. Le réis en second de notre mâasch, Ahmed-el-Raschidi, homme d'un caractère gai et jovial, recueillait les piastres et, après les avoir mouillées d'un peu de salive, les appliquait sur les joues des Alméh en même temps qu'un bon gros baiser. Tout cela réjouissait musulmans et Européens. Aussitôt que le concert fut terminé, les farceurs commencèrent leurs discours facétieux, leurs gambades et leurs mouvements de corps, tout à fait convenables dans une fête du Bouc Mendès. Après ce spectacle, le docteur Ricci, qui était allé faire des provisions, revint avec une coufïe pleine d'excellentes grenades. Nous remimes aussitôt à la voile. Il était dix heures un quart.
Nous dépassâmes bientôt après J.i«-«i Dimischli, qui est
un nom purement égyptien, '^juiujAh. Il existe sur la rive
libyque. A l'ouest et dans le Delta est le village de yJLJ:.
Schebschir, nom qui est également d'origine égyptienne, et ce dernier village, parfaitement carré, rappelle la forme des villes antiques, telle qu'Élét/iya. — Bataille des mariniers avec une djerme.
A midi moins un quart, â 4)lj»- Ghé^aïeh, rive droite, et à midi et demi, nous passâmes devant -ùVjo TJierranéli, l'ancienne TepenoirTe = Gepeno-y'^. Comme dans les temps antiques, elle fait le commerce du natron ni-g^ocju qu'elle tire des lacs dits de natron, situés dans le désert à une demi-journée de Therranéh, où nous vîmes des monceaux de cette substance saline d'un gris rougeâtre. — On s'arrêta à une heure à ^"^^ *jlj Zaouïet-Rézin, où le réis voulut acheter du blé. J'allai avec Lcnormand et Rosellini dans
la campagne, où nous apercevions des fellahs qui travaillaient. Plusieurs étaient occupés à hacher la paille : la machine dont ils se servaient était un traîneau, dont les quatre traverses servaient d'axes à des couteaux, circulaires ou plutôt à des roues de fer tranchantes. Ce traîneau
est absolument semblable à celui
qu'on trouve dans les inscriptions
hiéroglyphiques,
comme dans le
nom du dieu Héron, par exemple : la seule différence consiste dans l'absence des roues tranchantes. Les fellahs fixent sur le traîneau un siège en bois sur lequel ils se placent, soit pour produire un certain poids qui aide au jeu des couteaux, soit pour guider plus commodément les bœufs attelés et qui marchent circulairement. Un de ces fellahs quitta son siège et vint à nous d'un air accort, en nous saluant de la main en disant : Buono! Il commença un long discours, et l'action qu'il mettait dans le débit de ses périodes nous prouvait qu'il récitait Voratio pro doino sua : nous comprîmes qu'il se plaignait du gouvernement du Pacha. « Il prend tout », disait-il, en montrant la campagne et les monceaux d'orge qui nous environnaient, « et il ne nous laisse rien! » Il secouait en même temps les misérables haillons qui le couvraient />ow/* la forme. Nous distribuâmes quelques piastres à ces misérables, sur lesquels tombe d'aplomb le sic vos non vobis de Virgile, et, accompagné de deux d'entre eux, nous fîmes le tour du village en dehors des portes. Devant la mosquée, et à l'ombre, fumait, étendu sur une natte, le caimacan turc, agent du Pacha, lequel, peu de moments après, fit saisir et retint en prison, malgré nos vives réclamations et nos firmans à la main, deux hommes de l'équipage de la daiiabiéh, natifs de Zaouïet-Ré^in. Il fut impossible d'obtenir leur liberté : ces malheureux devaient une somme -dujisr, et le Pacha et ses agents ont pour principe de ne faire aucune grâce ni fa-
Ycur, lorsqu'il s'agit d'argent. ]\n rentrant par les rues du village, du côté du Nil, je renconliai un homme tenant dans ses mains un fuseau ja ([u'on retrouve dans les inscriptions hiéroglyphi- ^^h (pies, sans aucune modification essentielle. — Le ^^ cimetière de ce village répand aussi une odeur fé- ^â^ tide; encore pour Pariset. — Partis de Zaouïet- J Réz^n à trois heures et demie, nous étions devant l i^\t:, y\ Abou-Nechabéh 2, oinci heures moins dix mi- ^ nutes. C'est là que nous vîmes réalisé le combat d'Horus contre Typhon. Le désert Libyque envahit les bords occidentaux du fleuve, mais jusques à une certaine distance de la rive. La végétation se fait péniblement jour à travers un sable jaunâtre, et ce mélange d'herbe d'un beau vert avec la séclieresse du sol, car la terre noire, présent du Nil, a disparu de la surface, offre quelque chose de singulier et d'attristant. La végétation résiste au désert, mais avec peine, et de petits ruisseaux de sables coulent incessamment dans le Nil, lorsque souffle le vent de Libye. Le mâasch dépassa «uM- ju~« Mit-Sâlaméh, triste village assis dans le désert et dont les cahutes se détachent en teintes noirâtres sur les sables libyens. La nuit survint bientôt et nous pûmes à peine distinguer le village ô'^j'j
Oaardân, devant lequel nous nous trouvâmes à
C'est l'emplacement de l'antique Létopolis (la ville de Latone). On aborda sur la rive du Delta vers les onze heures du soir, le vent étant contraire. C'est vis-à-vis le village à! Asdimoûn ù%«-^' («s'aioitai) que le mâasch fut amarré et que nous passâmes la nuit. Le 19 au matin, en nous réveillant, notre premier mouvement fut de sortir du mâasch pourvoir si on apercevait déjà les Pyramides : mais le ciel était si couvert et l'horizon si brumeux qu'il nous fut impossible de rien distinguer. Mais, sur les sept heures, les vapeurs s'étant dissipées, nous aper(,'ûmes ces grands monuments à
notre droite, et, quoique à huit lieues de distance, on pouvait déjà apprécier leur immensité. Nous ne vîmes d'abord que les deux grandes Pyramides, et ce ne fut qu'en remontant le Nil, après avoir quitté Aschmoùn, l'ancienne (S'aiovax, à huit heures, que nous aperçûmes la troisième en grandeur. A neuf heures et un quart, un peu au-dessous du village d'EI-Qâtlm/i eLLUI, je fis dessiner une vue des Pyramides. Nous étions, à dix heures, \is-iï-\is Menieè-el-Arous ^^jj«!l J-ji^, où nous amarrâmes un instant pour organiser les cordes du bâtiment. Un des mariniers m'apporta un énorme scarabée à trois cornes, une corne, ou plutôt une corne mousse, sur le corselet ; des deux côtés antérieurs du corselet deux cornes horizontales placées, et sur la tête deux cornes disposées en croissant. C'est là sans aucun doute le Scarabée.
Ce fut à deux heures moins un quart que nous arrivâmes à Batlin-el-Baqarali o^Ul ^L» (ventre de la vache), c'est-àdire à la pointe du Delta, à l'endroit même où naissent les deux grandes branches du Nil, celle de Rosette et celle de Damicttc. La vue est magnifique. La largeur du Nil est immense. A l'occident, les Pyramides s'élèvent, au milieu des palmiers. Une multitude de l)arqucs, de djermes et de mâasch courent, les uns, à droite, dans la branche de Damiette,
ipL*^ jl^, les autres, à gauche, dans celle de. Rosette; d'autres
enfin remontent vers le Caire. A l'orient, est le village très pittoresque de Schoraféh, et, vers le midi, le fond du tableau est occupé par le mont Moqattam, la citadelle du Caire et les minarets de cette grande capitale. A trois heures, nous aperçûmes le Caire fort distinctement. Son étendue est très grande, mais ses mos(iuées et ses maisons d'un ton brunâtre et fumé diminuent la beauté de l'aspect général. — Ici les matelots du mâasch vinrent nous demander le haLsc/iisc/i. L'orateur était accomi)agné de deux de ses caniaradcs, ha-
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billes d'une manière très bizarre, des bonnets en pain de sucre, des barbes d'étoupe blanches coupées triangulairement et de grandes moustaches, le corps étroitement serré par des linges qui dessinaient toutes les formes; chacun d'eux s'était ajusté une queue retroussée, formée d'un linge blanc tordu. Leur costume, leurs insignes et leurs postures grotesques nous rappelèrent subitement les vieux faunes peints sur les vases grecs d'ancien style. Au pétase près, l'un des deux matelots ressemblait au Mercure figuré en caricature sur le fameux vase représentant les amours de Jupiter et d'Alcmène. — A trois heures quarante minutes, le réis s'étant endormi de fatigue, car Ahhmed-el-Masrt est un homme excellent et qui, jusques à ce jour, nous a paru avoir du bon sens et une bonne tête, le mâasch l'Isis donna sur un banc à la pointe d'une île submergée, et près du
village de J^UL Thannasch, un peu au-dessus de Schobra-
el-K/dméh, <i^\ ^j^t, magnifique maison de campagne du
Pacha, entourée de beaux jardins et qui communique avec le Caire par une belle allée d'arbres en très mauvais état, et que les Français avaient plantés il y a trente ans. Nos mariniers se jetèrent au Nil pour dégager le mâasch, en se servant du nom d'Allah et bien plus efficacement de leurs larges et robustes épaules. La plupart de ces gens-là sont des hercules, admirablement bâtis, ressemblant à des statues de bronze nouvellement coulées, quand ils sortent du fleuve et s'élancent sur le rivage pour traîner le bâtiment. Le mâasch fut remis à flot après une longue demi-heure de travail et d'efïorts. On se remit en route à quatre heures, en se servant de la grand'voile, car celle du mât d'avant venait d'être déchirée par le vent du nord.
A quatre heures et demie, nous passâmes devant Embabéh
«uL^I, et nos yeux contemplèrent le champ de la bataille
des Pyramides que nous avions devant nous. — Ce fut à
cinq heures précises que nous prîmes terre au port de
Boulaq S^y^. On attacha le mâasch et la dahabiéh à la
gauche des bâtiments de la Douane, près de l'ancien palais d'Ismaïl-Pacha, qui est aujourd'hui un lycée. De nombreux bâtiments amarrés comme nous au rivage bordaient toute la rive du Nil. L'aspect de Boulaq est assez agréable, grâce à des plantations de quelques pieds de mimosa ou d'acacia. J'envoyai sur-le-champ le D"^ Ricci au Caire porter mes lettres à M. Derché, faisant fonctions de consul français dans cette capitale, et savoir si on avait pensé à nous préparer un logement. Une heure et demie après, je vis arriver à bord le sieur Joussouf Msarra, drogman du Consulat, accompagné du janissaire. J'appris alors que M. Derché était fort malade depuis quelques jours, mais qu'on avait loué une maison pour moi et les miens. J'arrêtai que ce débarquement général aurait lieu le lendemain.
20 septembi^e. — On régla dans le matin toutes les dispositions à prendre pour le transport de nos bagages^ et l'on expédia successivement plusieurs convois d'ânes et de chameaux. Resté à bord pour surveiller le tout, et ne voulant me rendre au Caire qu'avec la fraîcheur du soir, j'eus le bonheur de trouver, pour occuper ma journée, et à deux pas de mon mâasch, dans la grande cour de la Douane, un magnifique sarcophage de basalte vert^ appartenant à Mahhmoud-Bey, ministre de la guerre. Ce monument, d'une excellente précision, porte la plupart des scènes sculptées sur notre sarcophage de Rhamsès-Méïamoun et une foule d'autres fort curieuses dont je pris l'empreinte en papier. Une entre autres présente un grand intérêt : c'est la scène de la transmigration d'une âme coupable sous la forme d'un
1. Ce (( chef-d'œuvre de la gravure sur pierre dure aux preniiôres époques de l'art égyptien » est le sarcophage du prêtre saïtique Talio (« Dja-her »). Apporté par CluiuipoUion à Paris, il se trouve aujourd'hui au Musée du Louvre (Salle Henri IV, D 9).
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porc, copie en petit, mais tout aussi dctaillce, de la scène de ce genre sculptée ou peinte dans un hypogée de Thèbes, et publiée par la Commission avec beaucoup d'incorrections.
Visite du frère de M. Paclio. — A cinq heures, le drogman et le janissaire étant arrivés avec des ânes, je partis pour le Caire, accompagné de toute l'expédition qui, en route, paradait et faisait des évolutions assez régulières. Les ânes du Caire sont en effet très supérieurs à ceux d'Alexandrie. Plus hauts et plus forts, ils participent jusques à un certain point de la vivacité des chevaux arabes.
Nous traversâmes i?oii/a(7, dont les rues, aussi étroites que celles d'Alexandrie, ont plus de tournure, parce que la plupart des maisons sont construites en pierre et que plusieurs offrent des portes et des fenêtres sculptées dans le goût arabe ancien. Les mosquées de vieille fabrique produisent un effet agréable et offrent une grande variété de formes. — En sortant de Boulaq, on parcourt une campagne couverte d'arbres de toute espèce. Les collines de sables qui entrecoupent le terrain rappellent seules qu'on est en Afrique. Nous entrâmes au Caire par la porte dite Bab-el-Omara\ Vue de loin, cette capitale, qui a conservé une grande partie de l'enceinte bâtie par son fondateur le calife Moëz, a un aspect très imposant par l'incroyable quantité de ses élégants minarets, qui se détachent sur le fond plus clair du Moqattam, montagne aride, dont les lignes sont cependant très pittoresques.
A peine eûmes-nous franchi la porte, que la grande place du Caire, dite El-E^békiéh, s' oif rit à nos yeux. L'effet en est magnifique. C'est un parallélogramme d'une étendue considérable, entouré de hautes maisons d'une construction soignée; quelques-unes même sont neuves, entre autres celle de Mohammed-Bey, defterdar, et gendre du Pacha, bâtie sur l'emplacement même du Quartier général de l'armée
1. Cette porte, qui ouvrait sur l'ancien Ezbiokiéli, n'existe plus.
française. Le milieu de cette belle place est dans ce moment-ci occupé par les eaux de l'inondation, et forme mi vaste bassin dont les bords sont parsemés de bouquets d'arbres touffus. Une foule immense circulait sur l'Ezbékiéh, à cheval, à pied, sur des chameaux ou sur des ânes; des baladins de tout genre et des Alméh amusaient le public. On entendait des cris joyeux partir de tous les points de la place, et la variété des costumes de toute couleur et de toute forme donnait à cet ensemble une vie et une étrangeté surprenantes pour nos yeux européens. Nous arrivions au Caire dans un de ces moments où il se présente dans toute sa pompe orientale. C'était le deuxième jour de la fête ^I!l Jy» Moided-eii-naby, célébrée en commémoration de la
naissance du Prophète, et ce qui donnait un nouvel intérêt au spectacle que nous avions devant les yeux, c'est le mélange des plaisirs profanes et des pratiques religieuses. Non loin d'un chœur d' Alméh, chantant des odes erotiques ou formant des danses où règne une liberté plus que bachique, des groupes de musulmans accroupis chantaient les louanges du Prophète ou répétaient symétriquement les noms de Dieu avec recueillement et ferveur, — et autour de ces dévots couraient des musulmans de tout âge, occupés des idées les plus mondaines. Nous passâmes devant une tente entourée par la foule, et j'aperçus plusieurs derviches, vieillards à barlje vénérable, tournoyant sur eux-mêmes et plongés dans une ivresse complète, produite par le mouvement circulaire (|u'ils se donnaient; on les nomme Mourr/lLialia (pluriel : Maratjhivhê).
En quittant l'I^zbékiéh, nous entrâmes dans les rues du Caire, dont on nous a dit tant de mal. Il est vrai qu'à l'exception des plus grandes où sont les bazars, les rues n'ont })as plus de six à dix pieds de large, et que le jour en est presque interccptt'i j)ar les Moucharabieh : mais, en réflécliissantque cm ()('u de largeur et de lumière entretiennent
la fraîcheur dans les rues (même au milieu des plus fortes chaleurs), on a une idée de la sottise des voyageurs européens qui regrettent de ne point trouver au Caire ou à Bagdad des rues larges comme celles de Paris ou de Londres, sans réfléchir qu'elles seraient de véritables fournaises pendant les trois quarts de l'année. Ces rues sont d'ailleurs fort propres, quoique non pavées, et on ne rencontre sur ses pas aucune sorte d'immondices.
Le Caire est véritablement une ville monumentale. Il y a peu de rues dans lesquelles on ne trouve des maisons bâties (le rez-de-chaussée au moins) en belles pierres de taille, et des portes décorées de sculptures. Les mosquées abondent et présentent chacune un caractère particulier, soit dans le plan général, soit dans la variété des ornements et des nombreux arabesques qui les décorent.
La maison qu'on avait louée pour moi est sise dans le quartier nommé Hoscli-et-hhin, assez loin du quartier des Francs et près des mosquées nommées Ghamê-el-Mosky et Ghamêel-Ka^endher. Après avoir procédé à notre installation et reçu la visite de tous les agents du Consulat qui venaient se mettre à notre disposition, nous allâmes souper dans le quartier français , à la locanda de Meunier (El-Khamaret Meunier), où nous prendrons tous nos repas pendant notre séjour au Caire.
Après souper, je fis une visite à M'"'' Rosetti, femme du Consul de Toscane. Elle demeure chez ses parents, M. et M"^« Macardle, vice-consul de Toscane. Ces deux dames sont des Levantines Nous voulûmes voir les illuminations et la fête de nuit de VE^békiéh, où nous allâmes à neuf heures avec le janissaire, qui nous faisait ouvrir le passage avec sa canne à pomme d'argent, mais sans brusquerie, d'après l'ordre exprès que je lui en avais donné. — Les illuminations, qui occupaient le milieu de la place, formaient une espèce de portique ou de façade architecturale dont il était difficile de saisir le motif, mais le tout produisait un
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fort joli effet, l'ensemble étant répété dans la vaste étendue d'eau occupant le milieu de la place. Je m'approchai de diverses tentes, formées de très riches tapis et élevées aux frais du Pacha ou par des entreprises particulières. Dans la première étaient près de cent musulmans rangés sur deux lignes, face à face, assis, et penchant rythmiquement le haut du corps en avant et en arrière, en chantant Jl îll aÎI V La Allah ila Alla/i (Il n'y a de Dieu que Dieu), et ils ajoutaient de temps en temps : MaJiammed resoul Allah
4JI J^j -Xi^ (Mahomet est l'envoyé de Dieu). Cet exercice durait depuis le matin, et les chanteurs étaient relevés irrégulièrement, suivant la ferveur du musulman qui venait de prendre place.
La seconde tente renfermait une foule de musulmans assis, tenant des Corans et lisant d'ensemble les sourates de ce livre, écrit en prose mesurée, comme nous ne pouvions en douter, en écoutant cette lecture. — Un spectacle inespéré nous attendait à la troisième tente : trois cents énergumènes, debout et se sentant les coudes, sautant en cadence, en répétant le simple nom de Dieu, Allah, d'une voix si sourde et si profondément gutturale que je n'ai de ma vie entendu un chœur plus infernal et plus effroyable. L'écume ruisselait sur leurs barbes, et quelques-uns de ces démoniaques tombaient de temps à autre, épuisés et sans voix, malgré les soins de l'échanson, empressé d'humecter leur gosier desséché. — Un fait très remarquable et qui me frappa, c'est la politesse et l'empressement marqué avec lequel les musulmans nous ouvraient le passage et nous laissaient les j)rcmières places, les plus voisines des tentes. Quelques années avant l'époque présente, un Franc n'eût osé paraître au milieu de pareilles cérémonies religieuses. L'œuvre de la civilisation marcherait ici très rapidement, si un gouvernement bien intentionné présidait aux destinées de la
mallieureuse Egypte. Mais l'esprit de monopole dévore ou dessèche tout.
A dix heures et demie, nous allâmes passer la soirée chez M. Botzari, arménien, médecin du Pacha et chargé de la santé du pays. C'est une fort belle maison dans le goût oriental. Nous fûmes très agréablement reçus par le fils du maître, qui nous conduisit au grand divan. Là, assis, fumant et prenant du café, deux heures se passèrent à écouter des chanteuses arabes, dont un rideau discret nous dérobait la vue. Ce voile officieux, car ces musiciennes n'étaient rien moins que jolies, produisait un assez bon effet, vu que les voix semblaient venir d'en haut. Le chant de ces femmes est une cantilène sans suite, entremêlée de tours de force, dont une oreille européenne ne saurait sentir les beautés, mais que les musulmans s'empressèrent d'applaudir, en disant à la chanteuse principale, nommée Néfisséli (la Catalani du Caire) : « Que Dieu rende ta voix éternelle. »
Aucun de nous ne s'associait à ce vœu, mais nous regrettions de voir si mal employés des moyens de chant très remarquables. Mais, dans l'état où les Turcs ont réduit la civilisation orientale, le naturel est devenu étranger à tous les arts, qui, pour plaire à ces conquérants abrutis, doivent tout pousser à l'extrême. Il nous était pénible surtout d'entendre à chaque instant la voix ignoble du mari de Néfisséli interrompre le chant de la sirène arabe, pour l'applaudir et l'encourager, du ton dont Barbe-Bleue appelait sa femme pour lui trancher la tête. — Quelques passages du chant de ces Alméh ressemblaient beaucoup à nos vieux airs français. — Rentrés à minuit.
21 septembre. — Je reçus de très bonne heure la visite de M. Linant\ voyageur et dessinateur très distingué, et dont les dessins ornent les portefeuilles de M. Bankes. Il a
]. Bien qu'il fût en relations continuelles avec William Bankes, et qu'il connût les dispositions hostiles de celui-ci, Linant-Bey restait fidèle à ChampoUion et lui montrait tout ce qui pouvait lui être utile.
entièrement adopté les mœurs musulmanes; portant constamment le costume du Nizam-Gliédid et habitant loin du quartier franc au milieu des Arabes, il a monté son ménage en conséquence et épousé une Abyssinienne, dont il a plusieurs enfants. Avec M. Linant était M. Berthier, agent consulaire à Tarse, réfugié en Egypte pour éviter le cimeterre d'un pacha qui voulait l'occire à la première nouvelle de l'affaire de Navarino.
Il me tardait de parcourir le Caire en plein jour afin de me former une idée exacte de cette ville, contre laquelle la lecture des voyageurs m'avait donné de fortes préventions. Montés sur de beaux ânes, et précédés par le janissaire Omar, auquel j'avais ordonné de nous faire voir les mosquées de Thouloun, de Sultan-Hassan et à'El-Ashar,
CHAMPOLLION A CIIAMPOLLIOX-FIGEAC
Au Caire, le 27 septembre 1828.
C'est le 14 de ce mois, mon bien cher ami, que j'ai quitté Alexandrie, à la tête de mon escadre, pavillon de France déployé et naviguant avec toutes les commodités imaginables, sur le canal, dit Mahhmoadiéh, lequel suit la direction générale de l'ancien canal d'Alexandrie, mais fait beaucoup moins de détours, et se rend plus directement au Nil, en passant entre le lac Maréotis, à droite, et celui d'Edkoa, à gauche. Nous débouchâmes dans le fleuve, le 15, de très bonne heure, et je conçus dès lors les transports de joie des Arabes d'Occident, lorsque, quittant les sables libyques d'Alexandrie, ils entrent dans lu Branche canopir/uc, et sont frappés de la vue des tapis de verdure du Delta, couvert d'arbres de toute espèce, au-dessus dcs(juels s'élèvent
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les centaines de minarets des nombreux villages qui sont disperses sur cette terre de bénédiction. Ce spectacle est véritablement enchanteur, et la renommée de fertilité de la campagne d'Egypte n'est point exagérée.
Le fleuve est immense, et les rives en sont délicieuses. Nous fîmes une courte halte à FouaJi, où nous arrivâmes à midi. A sept heures et demie du soir, nous dépassâmes Desouk; c'est le lieu où le pauvre Sait a expiré il y a quelques mois. Le 16, à six heures du matin, je trouvai, en m'éveillant, le mâasch amarré dans le voisinage de Ssa-el-Hagar, où j'avais ordonné d'aborder pour visiter les ruines de Sais, devant lesquelles je ne pouvais décemment passer sans leur rendre mes hommages.
Nos fusils sur l'épaule, nous gagnâmes le village qui est à une demi-heure du fleuve ; les jeunes gens chassèrent en cliemin, et firent lever deux chacals, qui détalèrent à toutes jambes à travers les coups de fusils. Nous nous dirigeâmes sur une grande enceinte que nous apercevions dans la plaine depuis le matin. L'inondation, qui couvrait une partie du terrain (A), nous força de faire quelques détours, et nous passâmes sur une nécropole égyptienne (A), bâtie en briques crues. Sa surface est couverte de débris de poterie, et j'y ramassai quelques fragments de figurines funéraires : la grande enceinte n'était abordable que par une porte forcée tout à fait moderne (B). Je n'essaierai point de rendre l'impression que j'éprouvai après avoir dépassé cette porte, et en trouvant sous mes yeux des masses énormes de quatrevingts pieds de hauteur, semblables à des rochers déchirés par la foudre ou par des tremblements de terre. Je courus vers le milieu de cette immense circonvallation, et reconnus encore des constructions égyptiennes en briques crues, de seize pouces de long, sept de large et cinq d'épaisseur. C'était aussi une nécropole, et cela nous expliqua ce que je ne savais pas jusques ici : savoir, ce que faisaient de leurs momies les villes situées dans la Basse Egypte, et loin des
montagnes. Cette seconde nécropole de Sais, dans les débris colossaux de laquelle on reconnaît encore plusieurs étages de petites chambres funéraires (et il devait y en avoir un nombre infini), n'a pas moins de cjuatorze cents pieds de longueur et près de cinq cents de large. Sur les parois de c[uelques-unes des chambres, on trouve encore un grand vase de terre cuite, qui servait à renfermer les intestins des morts et faisait l'office des vases dits canopes. Nous avons reconnu du bitume au fond de l'un d'entre eux.
A droite et à gauche de cette nécropole existent deux monticules (D et E), sur l'un (E) desquels nous avons trouvé des débris de granit rose, de granit gris, de beau grès rouge et de marbre blanc, dit de Thèbes. Cette dernière particularité intéressera Dubois, auquel tu peux dire que j'ai vu des légendes de Pharaons sculptées sur ce marbre blatic, dont je lui porterai un échantillon.
Les dimensions de la grande enceinte qui renfermait ces édifices sont vraiment effrayantes : c'est un parallélogramme, dont les petits côtés n'ont pas moins de quatorze cent quarante pieds et les grands de deux mille cent soixante, ce qui donne plus de sept mille pieds de tour. La hauteur de cette muraille peut être estimée à quatre-vingts pieds, et son épaisseur mesurée est de cinquante-quatre pieds. Je laisse à Charles Dupin le plaisir de calculer combien il y a de millions de briques dans ces énormes constructions et en combien de minutes il les élèverait avec ses machines à vapeur.
Cette circonvallation de géant me parait avoir renfermé les principaux édifices sacrés de Sal's.
Tous ceux dont il reste des ruines étaient des nécropoles, et, d'après les indications fournies par Hérodote, les ruines (D) seraient celles des tombeaux d'Apriès et des Rois Saïtes, ses ancêtres; les ruines (E), le monument funéraire de l'usurpateur Amasis. La partie du côté du Nil (F) a pu aisément renfermer le grand temple de Néith et d'autres
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édifices sacrés. Ce n'est pas la place qui manque. L'inondation seule nous a empêchés de reconnaître s'il en restait quelques traces. La porte (G) donnait entrée dans la partie des nécropoles, et une porte qui a dû exister du côté du Nil au point (H) donnait entrée dans l'enceinte des temples.
La grande nécropole (C) était ornée à ses deux extrémités de deux pylônes qui forment encore aujourd'hui deux doubles collines énormes. J'ai eu le plaisir de ramasser au milieu de ces ruines une jolie terre émaillée égyptienne, représentant Y Égide de Néith, la grande déesse de Sais, et mes jeunes gens ont tiré des coups de fusil à des chouettes, oiseau sacré de Minerve ou Néith, que les médailles de Sais et celles d'Athènes sa fille portent pour armes parlantes. A quelques centaines de toises de l'angle voisin de la fausse porte (B), existent des collines qui couvrent une troisième nécropole. Elle était celle des gens de qualité : on y a déjà fouillé, et j'y ai vu un énorme sarcophage en basalte vert, celui d'un gardien des temples sous Psammétichus IL M. Rosetti, son possesseur, m'avait permis de l'emporter, mais la dépense serait trop considérable, et le monument n'est pas assez important pour la risquer. A mon retour en Basse Egypte, je ferai faire des fouilles sur ce point-là et sur quelques autres ' .
Voilà le résultat d'une première visite à Sais, à laquelle je n'ai pas dit adieu. — Je partis de Ssa-el-Hagar' à six heures du soir. — Le lendemain, 17 septembre, nous passâmes devant Schabour. Le 18, à neuf heures du matin, nous fîmes halte kNader, où des Alméh nous donnèrent un concert vocal et instrumental, suivi des gambades et des chants grotesques des baladins. A midi et demi, nous étions
1. ChampoUion ne revit plus ces endroits. A son retour de Thèbes, au mois d'octobre 1829, la fatigue, le manque de temps, et aussi une inondation exceptionnellement forte, l'empêchèrent de réaliser le projet qu'il avait formé à l'aller.