‹ Lettres de Champollion le jeuneChapitre 2 sur 50 · INTRODUCTION III · texte numérisé non relu

INTRODUCTION III

gendre de Drovetti, où elles étaient confirmées de la manière la plus positive. Drovetti avait quitté Toulon le 22 décembre, en hâte, et la mort de Sait avait modifié son attitude à l'égard des deux frères. Débarrassé de son rival et se croyant maitre de la situation en Egypte, il avait écrit aux deux Champollion une lettre d'adieu, dans laquelle il leur donnait à entendre ([u'il no fallait plus penser, — vu la (( dangereuse attitude » du Vice-Roi, — ni à entreprendre des recherches scientifiques en Egypte, ni à diriger vers le Soudan une expédition pacifique destinée à compléter les expéditions militaires de Mohammed-Aly. Drovetti, en effet, avait déjà casé plusieurs fils de princes nègres dans la Mission des jeunes étudiants égyptiens confiés aux soins de Jomard, à Paris : « Le Pacha, disait-il, a fait des machines de guerre des esclaves abrutis de l'Afrique centrale, — hi France doit les transformer en êtres humains. » Champollion-Figeac, sans croire à la possibilité d'un succès, avait tout fait néanmoins afin de réaliser les projets de Drovetti. Champollion le Jeune, de son côté, avait prié Raymond Pacho de faire des conférences publiques afin de démontrer (jue la conquête morale du Soudan assurerait la conservation des monuments anti(iues de l'Kgypte, sans cesse menacés par la barbarie africaine. L'une de celles qu'il fit, entre autres, à la Société çjéorjrapJdquc, avait eu un succès d'autant plus gi'aiid, (juo l'on savait (lue c'était le protégé de Sali qui recommandait aussi énergifjuement les projets de Drovetti! Voir réconciliés ces deux adversaires à outrance, avant son arrivée en Lgypte, était, on elîet, le désir légitime de Cliain[)()llion, qui ignorait la mort de l'Anglais. Les frères crurent discerner, dans la volte-face soudaine

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