‹ Lettres de Champollion le jeuneChapitre 29 sur 50 · Actes d'adotvition · texte numérisé non relu

Actes d'adotvition

première cataracte et de me traquer au passage; elle est fort l)enoîte du reste, et j'en serai quitte demain ou après. En attendant, on prépare nos barques pour le voyage de Nubie : c'est du nouveau à voir. Je t'écrirai de ce pays, si j'ai une occasion avant mon retour en Egypte; tout va bien du

reste. Ne t'inquiète pas, les Dieux sont avec nous. —

C'est ici, à PhihT, que j'ai enfin reçu des lettres d'pAi-

rope, une de ma femme, du 15 août, et de.ux de toi, du

25 août et du 3 septembre. Voilà tout. Les autres sont où Dieu le veut, mais enfin, c'est quelque chose ! et je sais m'en contenter.

Ouady-Halfa, 2" cataracte, 1" janvier 1829.

Me voici arrivé fort heureusement au terme extrême de mon voyage, mon cher ami : j'ai devant moi la deuxième cataracte, barrière de granit Cjue le Nil a su vaincre, mais (jue je ne dépasserai pas. Au delà existent bien des monuments, mais, au fond, de peu d'importance. Il faudrait d'ailleurs renoncer à nos barques, se hucher sur des chameaux difficiles à trouver, courir des déserts et risquer de mourir de faim, car vingt-quatre bouches veulent au moins manger comme dix, et les vivres sont déjà fort rares ici : c'est notre biscuit de Syène qui nous a sauvés. Je dois donc arrêter ma course en ligne droite, et virer de bord, pour commencer sérieusement l'exploration de la Nubie et de l'Egypte, dont j'ai une idée générale acquise en montant. Mon travail commence i^éellement aujourd'hui, quoique j'aie déjà en portefeuille plus de six cents dessins, mais il reste tant à faire que j'en suis presque effrayé : toutefois, je présume m'en tirer à mon honneur avec huit mois d'efforts. J'exploiterai la Nubie pendant le mois de janvier, et à la mifévrier je m'établirai à Thèbes jusques au milieu d'août, que je redescendrai rapidement le Nil en ne m'arrêtant qu'à Dendéra et à Abydos. Le reste est déjà en portefeuille.

Nous reverrons ensuite le Caire et Alexandrie. Quelques jours de repos au Caire, ensuite retour à Alexandrie, à la fin de septembre. Je compte donc sur toi, pour que le ministre de la Marine arrange les choses de manière à ce que nous trouvions un vaisseau convenable prêt à mettre à la voile, d'Alexandrie pour l'Europe, dans les premiers jours d'octobre 1829. Voilà mon plan de campagne !

Ma dernière lettre était de Philœ. Je ne pouvais être longtemps malade dans l'ile sainte d'Isis et d'Osiris : la goutte me quitta en peu de jours, et je pus commencer l'exploitation des monuments. Tout y est moderne, c'est-àdire de l'époque grecque ou romaine, à l'exception d'un petit temple d'Hatlior et d'un propylon engagé dans le premier pylône du temple d'Isis, lesquels ont été construits et dédiés par le pauvre Nectanèbo P""; c'est aussi ce qu'il y a de mieux. La sculpture du grand temple, commencée par Pliiladelphe, continuée sous F- vergeté P^ et Épiphane, terminée par Évergète II et Philométor, est digne en tout de cette époque de décadence : les portions d'édifices construits et décorés sous les Romains sont du dernier mauvais goût, et, quand j ai quitté cette île, j'étais bien las de cette sculpture barbare. Je m'y arrêterai cependant encore (juelques jours en repassant, pour compléter la partie mythologique, et je me dédommagerai en courant les rochers de la première cataracte, couverts d'inscriptions historiques du temps des Pharaons.

Nous avions quitté notre mâasch et notre dahabiéh à ^4s- Souan (Syène), ces deux barques étant trop grandes pour passer la cataracte : c'est le 16 décembre que notre nouvelle escadre d 'en-deçà la cataracte se trouva prête à nous recevoir. iCIle se composa d'une petite dahabiéh (vaisseau amiral), |)()rt;iiit jiavillon français sur pavillon toscan, dedeux barques à pavillon l'i aurais, deux barques à pavillon toscan, la barque (1(! hi cuisine et des provisions à paviHon bleu, et d'une bar(iue ptjrtant la force armée, c'est-à-dire les deux caouas

(gardes-du-corps du Pacha) avec leurs cannes à pomme d'argent, qui nous accompagnent et font les fonctions du pouvoir exécutif. J'oubliais de dire que l'amiral est armé d'une pièce de canon de trois, que notre nouvel ami Ibrahim, mamour d'Esné, nous a prêtée à son passage à Phihx) : aussi avons-nous fait une belle décharge en arrivant à la deuxième cataracte, but de notre pèlerinage.

On mit à la voile de Pliilœ, pour commencer notre voyage de Nubie, avec un assez bon vent; nous passâmes devant Déboud sans nous arrêter, voulant arriver le plus tôt possible jusques au point extrême de notre course. Ce petit temple et les trois propylons sont, au reste, de l'époque moderne. Le 17, à quatre heures du soir, nous étions en face des petits monuments de Qarias, où je ne trouvai rien à glaner. Le 18, on dépassa Taffah et Kalabsché, sans aborder. Nous passâmes ensuite sous le tropique, et c'est de ce moment qu'entrés dans la zone torridc, nous grelottâmes tous de froid et fûmes obligés des lors de nous charger de bernous et de manteaux. Le soir, nous couchâmes au delà de Dandour, en saluant seulement son temple de la main. On en fit autant le lendemain 19, aux monuments de Gliirsché, qui sont du bon temps, ainsi qu'au grand temple de Dakkêh, de l'époque des Lagides. Nous débarquâmes le soir à Méharraka\ temple égyptien des bas temps, changé jadis en église copte. Le 20, je restai une heure à Ouadij-Essébouâ ou la Vallée des Lions, ainsi nommée des sphinx qui ornent le dromos d'un monument bâti sous le règne de Sésostris, mais véritable édifice de province, construit en pierres liées avec du mortier. J'ai pris un morceau de ce mortier, ainsi

1. Il est fort regrettable que ChampoUion n'ait pu voir ni les tableaux importants de MnharaLa, ni le cortège des enfants de Ramsès le Grand, représenté dans le pronaos d'Es-Sôboua : il en fut empêché par les masses de sable, accumulées dans les ruines de ces deux temples.

que de celui des pyramides, etc., etc., pour notre ami Vicat ' ; c'est une collection que je pense devoir lui faire plaisir. Nous perdîmes le 21 et le 22 à tourner, malgré vents et calme, le grand coude d'Aniada, dont je dois étudier le temple, important par son antiquité, au retour de la deuxième cataracte. Nous le dépassâmes enfin le 23 et arrivâmes à Dej-r ou Derri de très bonne heure. Là je trouvai, pour consolation, un joli temple creusé dans le roc, conservant encore quelques bas-reliefs des conquêtes de Rhamscs le Grand, et j'y recueillis les noms et les titres de sept fils et de huit filles de ce Pharaon.

Le cachef de Derr, auquel on fit une visite, nous dit tout franchement que, n'ayant pas de quoi nous donner à souper, il viendrait souper avec nous, ce qui fut fait : cela te donnera une idée de la splendeur et des ressources de la capitale de Nubie. Nous comptions y faire du pain; cela fut impossible, il n'y avait ni four ni boulanger. Le 24, au lever du soleil, nous quittâmes Derri, passâmes sous le fort ruiné d'Ibrim et allâmes coucher sur la rive orientale, à Ghébel- Mesmès, pays charmant et bien cultivé. Nous cheminâmes le 25, tantôt avec le vent, tantôt avec la corde, et il fallut nous consoler de ne pas arriver ce jour-là à Ibsamboul, en considérant un fort beau crocodile prenant ses ébats sur un îlot de sable près du lieu où nous couchâmes.

Enfin, le 26, à neuf heures du matin, je débarquai à Ibsamboul, où nous avons séjourné aussi le 27. Là, je pouvais jouir des plus beaux monuments de la Nubie, mais non sans quelque dilficulté. Il y a deux temples entièrement creusés dans le roc, et couverts de sculptures. La plus petite de ces excavations est un temple d'Hathor, dédié par la reine Nofré-

1. Vicat (Loiiis-Jdsepli). in.mMiieur des jiont.s et, cliaiissèos, et l'un des amis les plus fidèles des Irércs ChauipoUion. Dès 1811, il avait entrepris des recherches très sérieuses sur les chaux iiydrauliques et les ciments jjrupres à la construction des ponts; ses études l'avaient amené souvent à Grenoble, à Vil et aux alentours.

Ari, femme de Rhamsès le Grand, décoré extérieurement d'une façade contre laquelle s'élèvent six colosses de trentecinq pieds chacun environ, taillés aussi dans le roc, représentant le Pharaon et sa femme, ayant à leurs pieds, l'un ses fils, et l'autre ses filles, avec leurs noms et titres. Ces colosses sont d'une excellente sculpture, et j'en veux mortellement à Gau^ d'avoir donné à leur stature si svelte et d'un galbe si élégant la tournure de lourds magots et d'épaisses cuisinières, dans la vue qu'il a publiée du second temple d'Ibsamboul. Ce temple est couvert de beaux reliefs, et j'en ai fait dessiner les plus intéressants.

Le grand temple d'Ibsamboul vaut à lui seul le voyage de Nubie : c'est une merveille qui serait une fort belle chose même cà Thèbes. Le travail que cette excavation a coûté effraie l'imagination. La façade est décorée de quatre colosses assis, n'ayant pas moins de soixante et un pieds de hauteur. Tous quatre, d'un superbe travail, représentent Rhamsès le Grand ; leurs faces sont po/'iraits, et ressemblent parfaitement aux figures de ce roi qui sont à Memphis, à Thèbes et partout ailleurs. C'est un ouvrage digne de toute admiration. Telle est l'entrée; l'intérieur en est tout à fait digne, mais c'est une rude entreprise que de le visiter. A notre arrivée, les sables, et les Nubiens qui ont soin de les pousser, avaient fermé l'entrée. Nous la fîmes déblayer afin d'assurer le mieux possible le petit passage qu'on avait pratiqué, et nous prîmes toutes les précautions possibles contre la coulée de ce sable infernal qui, en Egypte comme en Nubie, menace de tout engloutir. Je me déshabillai presque complètement, ne gardant que ma chemise arabe et un caleçon de toile, et me présentai à plat ventre à la petite ouverture d'une porte qui, déblayée, aurait au moins vingt-cinq pieds de hauteur. Je crus me présenter à la bouche d'un four, et, me glissant en-

1. Ce reproche est justifié. Du reste, ChampoUion appréciait bien les mérites multiples que François-Chrétien Gau avait comme architecte.

DE CHAMPOLLiON LE JEUNE 177

tièrement dans le temple, je me trouvai dans une atmosphère chauffée à cinquante-deux degrés' : nous parcourûmes cette étonnante excavation, Rosellini, Ricci, moi et un de nos Arabes, tenant chacun une bougie à la main. La première salle est soutenue par huit piliers contre lesquels sont adossés autant de colosses de trente pieds chacun, représentant encore Rhamsès le Grand. Sur les parois de cette vaste salle règne une file de grands bas-reliefs historiques, relatifs aux conquêtes du Pharaon en Afrique; un bas-relief surtout, représentant son char de triomphe, accompagné de groupes de prisonniers nubiens, nègres, etc., de grandeur naturelle, offre une composition de toute beauté et du plus grand effet. Les autres salles, et on en compte seize, abondent en beaux bas-reliefs religieux, offrant des particularités fort curieuses. Le tout est terminé par un sanctuaire, au fond duquel sont assises quatre belles statues, bien plus fortes que nature et d'un très bon travail. Ce groupe, représentant Amon-Ra, Phré, Phtha, et Rhamsès le Grand assis au milieu d'eux, n'a été bien dessiné par personne. Le dessin de Gau est ridicule à côté de l'original.

Après deux heures et demie d'admiration, et ayant vu tous les bas-reliefs, le besoin de respirer un peu d'air pur se fit sentir, et il fallut regagner l'entrée de la fournaise en prenant des précautions pour en sortir. J'endossai deux gilets de flanelle, un bernons de laine, et mon grand manteau, dont on m'enveloppa aussitôt que je fus revenu à la lumière ; et là, assis auprès d'un des colosses extérieurs dont l'immense mollet arrêtait le souflle du vent du nord, je me reposai une demi-heure pour laisser passer la grande transpiration. Je regagnai ensuite ma barque, où je suai encore

1. Le D' Ricci avait évalué jadis la température à 52 degrés Rraainur : l'extrême densité de l'air, enfermé depuis des siècles, avait causé cette erreur que le thermomètre employé par Champollion décela, peu de temps après que les membres de l'expédition furent entrés pour la première fois dans le spivis.

BiBL. l'.OYl'T., 1. wxi. 12

pendant une heure ou deux. Cette visite expérimentale m'a prouvé qu'on peut rester deux heures et demie à trois heures dans l'intérieur du temple sans éprouver aucune gêne de respiration, mais seulement de l'affaiblissement dans les jambes et aux jointures; j'en conclus donc qu'à notre retour nous pourrons dessiner les bas-reliefs historiques, en travaillant par escouades de quatre (pour ne pas dépenser trop d'air), et pendant deux heures le matin et deux heures le soir. Ce sera une rude campagne; mais le résultat en est si intéressant, les bas-reliefs sont si beaux, que je ferai tout pour les avoir, ainsi que les légendes complètes. Je compare la chaleur d'Ibsamboul à celle d'un bain turc, et cette visite peut amplement nous en tenir lieu.

Nous avons quitté Ibsamboul le 28 au matin. Vers midi, je fis arrêter à Gh^bel-Addèh, où est un petit temple creusé dans le roc. La plupart de ses bas-reliefs ont été couverts de mortier par des chrétiens qui ont décoré cette nouvelle surface de peintures représentant des saints, et surtout saint Georges à cheval : mais, moi qui étais venu voir des saints plus anciens, je parvins à constater, en faisant sauter le mortier, que ce temple avait été dédié à Thoth par le roi Horus, fils d'Aménophis-Memnon, et je réussis à faire exécuter les dessins de trois bas-reliefs fort intéressants pour la mythologie. Nous allâmes de là coucher à Faras. Le 29, un calme presque plat ne nous permit d'avancer que jusques au delà de Serré, et le 30, à midi, nous sommes enfin arrivés à Oaady-Halfa, à une demi-heure de la seconde cataracte, où sont posées nos colonnes d'Hercule.

Vers le coucher du soleil, je fis une promenade à la cataracte. — C'est hier seulement que je me mis sérieusement à l'ouvrage. J'ai trouvé ici, sur la rive occidentale, les débris do trois édifices, mais des arases qui ne conservent que la fin des légendes hiéroglyphiques. Le premier, le plus au nord, était un petit édifice carré, sans sculpture et fort peu important. Le second, au contraire, m'a beaucoup intéressé;

c'était uu temple dont les murs ont été construits en grandes briques crues, l'intérieur étant soutenu par des piliers en pierre de grès ou des colonnes de même matière, mais, comme toutes celles des plus anciennes époques, ces colonnes étaient semblables au dorique et taillées à pans très réguliers et peu marqués. C'est là l'origine incontestable des ordres grecs. Ce premier temple, dédié à Horammon (Ammon générateur), a été élevé sous le Roi Aménopliis II lils et successeur de Thoutmosis III (Mœris), ce que j'ai constaté en faisant fouiller par mes arabes, avec leurs mains, autour des restes de et de colonnes où j'apercevais quelques traces V J gendes hiéroglyphiques. J'ai été assez heureux pour trouver la fin de la dédicace du temple sur les débris des montants de la première porte. J'ai de plus découvert, et fait désensabler avec les mains, une grande stèle engagée dans une muraille en briques du temple, portant un acte d'adoration, et la liste des dons faits au temple par le Roi Rhamsès I" f^^ , avec trois lignes ajoutées dans le même

marms piliers de lé-

but par le le nom pro Athothéi

Pharaon pre doit Atho-

son successeur, et dont se lire J(j(j Tliothéi, ou this, le Rhathotis et Ratlioris des listes royales ^^^ et non pas Mandouél comme je l'ai cru d'abord'. Enfin, sur les indications du docteur Ricci, nous avons fait fouiller par tous nos équipages, avec pelles et pioches, dans le sanctuaire (ou plutôt à la place qu'il occupait), et nous y avons trouvé une autre grande stèle que je connaissais par les dessins du docteur, et fort importante, puisqu'elle représente le dieu Mandou, une des grandes divinités de la Nubie, conduisant et livrant au

1. C'est le ciu'touche de Séthos I". II fuL rocoiimi et mis à sa vraie place par ChampoUion lui-même, pendant l'automne de 1831.

roi Osortasen (de la XVP Dynastie) tous les peuples de la Nubie ( '''= ) avec le nom de chacun d'eux, inscrit dans une espèce de bouclier attaché à la hgure, agenouillée et liée, qui représente chacun de ces peuples, au nombre de cinq. Voici leurs noms, ou plutôt ceux des cantons qu'ils habitaient : 1° Schaniik, 2" Osaou, 3° Schôat, 4° Ascharkin, 5° Kôs ; trois autres noms sont entièrement effacés. Quant à ceux qui restent, je doute qu'on les trouve dans aucun géographe grec ; il faudrait avoir le Strabon de deux mille ans avant Jésus-Christ.

Un second temple, mais plus grand, et tout aussi détruit que le précédent, existe un peu plus au sud : il est du règne de Thouthmosis III (Mœris), construit également en briques, avec piliers-colonnes doriques primitifs, et montants de portes en grès ; c'était le grand temple de la ville égyptienne de j AAAAAA © Béhéni qui a existé sur cet emplacement, et qui,

d'après l'étendue des débris de poteries répandus sur la plaine aujourd'hui déserte, paraît avoir été assez grande. Ce fut sans doute la place forte des Égyptiens pour contenir les peuples habitant entre la première et la seconde cataracte. Ce grand temple était dédié à Amon-Ra et à Phré^ comme la plupart des grands monuments de la Nubie. Voilà tout ce qui reste à Ouady-Halfa, et c'est plus que je n'attendais à la première inspection des ruines. — Je termine ici ma lettre, mon cher ami ; c'est Lenormand qui l'apportera en France. Il te communiquera un recueil complet des inscriptions grecques de Phila3 et de Dakké, etc. Je m'occuperai des autres en temps et lieu.

Mon dernier sera pour te souhaiter une heureuse année ainsi qu'à tous les nôtres. Je vous embrasse tous à cette intention,

J.-F. Ch.

P. -S. — Donne de mes nouvelles à ma femme. Dis-lui que

je lui écrirai d'Ibsamboul, où un de nos courriers doit venir nous joindre

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