‹ Lettres de Champollion le jeuneChapitre 35 sur 50 · Rhamsès le Grand · texte numérisé non relu

Rhamsès le Grand

Ainsi, des monuments de divers ordres m'ayant déjà démontré que Rhamsès le Grand, le Sésostris d'Hérodote, devait être compris dans la XVIIP Dynastie, et qu'il répond exactement au Rhamsès dit yEr/yptas des extraits de Manéthon, nous devons forcément reconnaître dans Rhamsès- Méiamoun le chef de la XIX*^ Dynastie, le Rhamsês-Séthos des mêmes extraits.

Ces deux princes, ayant marqué leur règne par de grands exploits militaires, ont été confondus par les historiens grecs en un seul et même personnage. Mais les monuments originaux les dilîêrcncicnt trop bien l'un de l'autre pour que la môme confusion [)uissc avoir lieu désormais. Je me propose de traiter ailleurs de cette importante distinction avec plus de détails. Revenons à la décoration de la magnilique cour de Médinet-Hal)ou. On a sculpté dans le registre supé-

rieur de la galerie de l'est, partie gauche, et dans celui de la galerie du sud, une seconde cérémonie publique tout aussi développée que la précédente. Celle-ci est une panégyrie célébrée par le roi en l'honneur de son père, le dieu Sochar-Osiris, le vingt-septicme jour du mois d'Hathor. Je possède également des dessins fidèles de cette solennité et la copie des nombreuses légendes explicatives qui l'accompagnent.

Il faut passer rapidement sur les scènes de consécration et les honneurs royaux décernés par les dieux à Rhamsès- Méiamoun, et que reproduisent une foule de grands basreliefs sculptés dans les registres inférieurs des galeries de l'est, du nord et du sud. Je dois encore mieux me dispenser de noter ici le nom des divinités auxquelles le Pharaon présente des offrandes variées, dans les cent quarante-quatre bas-reliefs peints qui ornent seulement les seize piliers des galeries est et ouest, non compris tous ceux du même genre sculptés sur le fût des trois grandes colonnades qui soutiennent, soit les galeries nord et sud, soit l'intérieur de la galerie de l'ouest. Sur la paroi du fond de cette galerie ou portique, formé par une double rangée de piliers-cariatides et de colonnes, vingt-quatre grands bas-reliefs retracent des hommages pieux du roi envers les dieux, ou les bienfaits que les grandes divinités de Thèbes prodiguent au Pharaon victorieux. Une série de figures en pied ornent le soubassement de cette galerie et méritent une attention particulière.

Les légendes hiéroglyphiques inscrites à côté de ces personnages revêtus du riche costume des princes égyptiens, dont ils tiennent en main les insignes caractéristiques, constatent qu'on a représenté ici les enfants de Rhamsès- Méiamoun par ordre de primogéniture. On a seulement fait deux groupes distincts des enfants mâles et des princesses. Les princes, dont les noms ont été sculptés à côté de leurs images, sont au nombre de neuf, savoir :

1. Rhamsès-Amonrnai , basilicogmmmate, commandant des troupes;

2. Rliamsès-Amon-Jii-scliopsch, basilicogrammate, commandant de cavalerie ;

3. Rhamsès-Mandou-hi-schopscJi , basilicogrammate, commandant de cavalerie;

4. Pliréhipefhbour, haut fonctionnaire dans l'administration royale ;

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