‹ Lettres de Champollion le jeuneChapitre 47 sur 50 · Sa femme venait de mourir après une longue maladie · texte numérisé non relu

Sa femme venait de mourir après une longue maladie

protection, que d'honorables marques de la bienveillance la plus particulière, il est de mon devoir de m'élever contre une telle assertion.

Je vous prie donc, Monsieur, de rendre publique, en l'insérant dans un de vos prochains numéros, ma protestation formelle contre une supposition si peu d'accord avec le noble caractère que le Pacha Mohammed- Aly a toujours déployé dans ses rapports avec les Européens, et particulièrement avec les Français.

Veuillez (etc.).

J.-F. Champollion LE Jeune.

Au sortir même de la quarantaine, Champollion se vit accosté par plusieurs hauts fonctionnaires de la marine, que Drovetti lui avait amenés pour qu'il leur expliquât lui-môme la manière dont il entendait que fût construit le Louqaor, ce radeau gigantesque dont nous avons parlé plus haut'. Le projet souleva d'abord leur opposition, et ils déclarèrent à Champollion ([u'il était impossible de le réaliser. Une nuit de réflexion les fit changer d'avis : dès le lendemain de l'entrevue, ils faisaient un tel éloge de « l'Égyptien » que, le jour même, une lettre officielle fut adressée de Toulon au ministre de la marine, afin de lui recommander la construction du radeau et de le prier d'en parler au Roi le plus tôt possible.

Champollion-Figeac, mis au courant de la question, venait

d'écrire à son frère : « M. le baron d'IIaussez, fort gracieux

et fort empressé, m'a annoncé qu'il s'occupait très sérieusement du transport de ïohélisque de Lourj^or à Paris ; une Commission rédige le projet, mais il voudrait avoir ton avis et surtout tous les renseignements de cisu qui peuvent éclaircir la Commission. Je lui ai répété ce que tu m'as écrit : qu'il fallait envoyer des maçons et non pas des savants, et il a dit que ton avis était d'un grand sens et qu'il ne l'oublierait pas. Je veux chercher dans tes lettres les renseignements sur ce fait que je pourrai y trouver, et les lui

transmettre de suite Fcris-lui ce (jue tu as à lui dire là-dessus,

en commençant par le remercier de lintérèt (ju'il a mis à ton des-

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