Voir plus haut, p. r.M- l'J.") du jul's.miI volume
sein. Il m'a fait part tout de suite de l'avis qu'il a eu de ton arrivée Comme c'est un faiseur, il n'y a qu'à lui remettre de la
besogne et il l'expédiera. Si tu m'écris en même temps, tu peux mettre ta lettre pour moi dans celle de Son Excellence, persistât-il même dans son habitude cularonienne . »
Comme préfet de l'Isère, à Grenoble [Cidaro], le baron d'Haussez avait été, comme nous l'avons déjà dit, l'adversaire politique des deux frères, mais sans trop le faire voir au commencement, car il tenait à ouvrir clandestinement les lettres que ceux-ci échangeaient de Paris à Grenoble. Enfin, éclairé sur la dangereuse situation, Jean-François fit de vifs reproches au préfet, et une scène eut lieu que celui-ci ne lui pardonna jamais. Les deux Champollion auraient donc dû se méfier; pourtant, comme ministre de la marine, M. d'Haussez réussit encore, et d'une manière étrange, à les tromper sur ses véritables sentiments. Il était, à l'en croire, leur ami dévoué, leur protecteur à toute épreuve ! Malgré son amitié, non seulement le radeau ne fut point construit, mais on fit aménager le Dromadaire, grand bateau de charge ordinaire, afin de transporter, non pas le-< obélisques de Louqsor, mais les deux obélisques d'Alexandrie, et cela par le baron Taylor, l'ami du baron d'Haussez et de Jomard. Taylor partit au mois de mars, avec le consentement fort gracieux du roi, qui lui avait fait remettre 80.000 francs afin d'entreprendre « des fouilles gigantesques ». A la cour, au retour de Champollion, on parla beaucoup moins des résultats scientifiques qu'il avait obtenus en Egypte, que des glorieux résultats qu'allait obtenir le baron Taylor. Nous ne donnerons pas ici des détails de cette lamentable affaire; ajoutons seulement qu'aucun obélisque n'arriva à Paris du vivant de Champollion. Quand, enfin, le 25 octobre 1836, un des deux obélisques que Ramsès II avait placés jadis devant le temple de Louqsor fut érigé sur la place de la Concorde, seul le nom de Champollion le Jeune fut prononcé parmi les assistants.
Le baron d'Haussez était alors loin de Paris. Qu'on lise les pages 167-171 du second volume de ses Mémoires, et l'on se figurera la douleur cuisante que la péripétie finale de l'affaire des obélisques dut lui occasionner. Pourtant, ne terminons pas cette note sans avoir hautement proclamé ses mérites éminents comme préfet et plus encore comme ministre de la marine. La brusque fin de
ses travaux ministériels, occasionnée par la révolution de 1830, fut un malheur pour la France. — H. H.
CHAMPOLLION A CHAMPOLLION-FIGEAC
Aix, 21) janvier 1830.
Me voici, mon cher ami, établi chez le bon M. Sallier. et gardant le coin du feu pour me soustraire au froid piquant qui se fait encore sentir dans ce beau climat de Provence. Je frissonne à l'idée seule de monter subitement vers le nord et de m'ensevelir dans les brouillards de la Seine. Jusques ici, la goutte a bien voulu m'épargner sa visite habituelle du premier jour de Tan: quelques petites douleurs sourdes m'avertissent qu'elle arrivera à la première humidité (jui me saisira.
Je suis sorti de la maudite (luarantaine le 23 du courant, et n'ai passé que deux jours à Toulon avec M. Drovctti, qui, ayant appris que j'étais en cjuarantaine, vint m'y voir et prolongea son séjour jusqu'à ma sortie définitive. Nous sommes partis tous deux au même instant, le 2(), lui pour l'orient à Nice, et moi pour l'occident à Marseille, où j'arrivai le même jour d'assez bonne heure; j'y séjournai le 27 et la nuit du ^^8. J'ai vu tout ce qu'il y a à voir, c'est-à-dire peu de chose <mi anti(iuités égyptiennes. Au moment de partir, j'ai reru la lettre de Dubois, et j'ai traité pour la stèle égyptienne de M. Mayer. qui s'est décidé à la céder; il va l'adresser directement au Mus('e Koyal. V.n débarquant à Toulon, j'ai cxpédii' par k roulage ordinaire a M. le Haron de La Bouillerie cin(| caisses giandes ou petites, pesant huit cents kilogrammes et contenant anticiuités, bronzes, etc.,
plus, à ton adresse, sept ou huit caisses contenant mes effets et bagages '.
J'ai certainement grande envie de me voir à Paris, mais les froids rigoureux que vous éprouvez sous ce bienheureux ciel me font dresser les cheveux sur la tête; aussi suis-je décidé à diriger ma route de manière à ne quitter le soleil du midi que le plus tard possible, afin de ménager les transitions. Je ne prendrai donc pas la route de Lyon, presque impraticable à cause des neiges, surtout entre Lyon et Paris. J'aurai de la besogne à Aix pour sept à huit jours au moins sur les papyrus Sallier; je veux les couler à fond, afin de n'être pas obligé d'y revenir. De là je compte aller à Avignon voir le Musée Calvet. Je tournerai sur Nîmes pour visiter les nouvelles fouilles; ensuite Montpellier, Narbonne, Carcassonne, Toulouse et Bordeaux, de là sur Montauban, et, pour ne pas perdre de temps, je donne rendez-vous à mes sœurs, soit à Villefranche-d'Aveyron, soit à Cahors, où je prendrai la malle-poste et serai en deux ou trois jours à Paris, c'est-à-dire du 20 au 24 février
J'ai trouvé ici, chez M. Sallier, quelques-unes des douceurs en pamphlets' dont la clique m'a régalé pendant mon absence. C'est d'une mauvaise foi à faire vomir, et jamais je ne descendrai en lice avec cette canaille ; je ne répondrai (ju'en allant mon train et en méprisant toutes ces basses manœuvres. L'envie perce de tout côté, — c'est dans l'ordre. J'y crache dessus et je passe. En arrivant, je reprendrai la rédaction de ma Grammaire avec un appendice de textes traduits mot à mot et commentés.
Il faut rompre en visière à tous ces gens-là et les traiter
1. La liste des cent deux objets d'antiquité rapportés par Champollion a été retrouvée dans les archives du Louvre par Georges Bénédite.
2. Sur l'avis de M. Sallier, il les brûlait tous et tout de suite, au désespoir de son frère qui aurait voulu entrer en lice et rompre des lances en sa faveur.
avec tout le mépris qu'ils méritent. Je leur montrerai désormais un râtelier de crocodile.
Rien de plus
CHAMPOLLIOX A ROSELLINI'
Aix, 29 janvier 18.S0.
Une lettre de Salvador à votre aimable dame a dû vous apprendre notre retour au pays des cloches après une traversée de dix-neuf jours, pendant lesquels nous avons éprouvé l'une et l'autre fortune, voire même des calmes plats qui nous ont fait perdre cinq jours entiers, mais enfin nous n'avons pas à nous plaindre : pour une traversée d'hiver, la nôtre a été des plus favorables. On nous a soumis à vingt-huit jours de (piarantaine et nous n'avons pu être libres que le 23. Après avoir passé deux jours à Toulon avec M. Drovetti, qui a bien voulu attendre ma sortie pour Ciiuser un peu à l'aise, j'ai gagné Marseille, où j'ai séjourné un jour et demi et où je n'ai rien vu de bien important en anti(iuités. Je n'ai pu employer en achats les fonds qui mo restent. J'avais disposé d'une partie à Alexandrie pour écrémer la collection du Ixhodja' lani. (|ui s'est montré poli, obséquieux et doux comme un petit mouton. J'ai eu son l)eau bron/e de hircine femme de Takellothis le Bubastitc et une centaine d'autres pièces de premier choix pour mille talaris (t-cia n'est certes pas cher), plus deux magnili([ucs vases de l)ron/(' à lip^ures f't inscriptions; vous les ave/ peut-être vus.
1. l'ubliée 01» 18!S4, à Venise, par le prulesseui- E. Teza, fr.-tpivH l'ori pinal conservé dans la taniiile île Kos.-llini.
2. C'est la lornic première du nom /Jitii)iiH>fit/i, proprement nuii- < luind, fpie les E.u'yptiens el les Syriens donnent 'a tous les Européens; l'est, en lan.«a)s'C populaire, l'équivalent de notre ntonsintr.
Je pusse une huitaine de jours ici à étudier et à
extraire le papyrus de M. Sallier. Vous savez sans doute que la clique s'est fort moquée de cette découverte : je vais lui répondre par la publication d'une analyse très détaillée de ce texte important.
J'ai parcouru ici une partie des pamphlets dont la clique a bien voulu me régaler pendant mon absence ; cela est dégoûtant et vous sentez qu'on ne répond à cela que par le mépris et en continuant son chemin sans faire cas de tous ces moustiques. Ma Grammaire paraîtra à la tin de cette année : c'est la préface indispensable de notre voyage. Elle ne convertira pas, au reste, ceux qui combattent mon système et déprécient mes travaux, parce ({ue ces messieurs ne veulent point être convertis et sont tous de la mauvaise foi la plus inique. Mais tout cela est dans l'ordre. Je les connais, j'y crache dessus et je passe. Vous savez que j'ai falsifié la table d'Abydos, et cela parce que les mauvaises copies de Bankes et de Wilkinson ne sont pas d'accord avec le dessin de Cailliaud, lequel est d'accord avec les stèles, les papyrus et les monuments qui donnent à part les cartouches de chacun de ces rois. Que voulez-vous dire à des gens qui raisonnent de cette force? Pour prouver que je me contredis, ils citent mes diverses opinions sur certains points, sans dire (et voilà la mauvaise foi) à quelle époque j'ai dit ceci et à quelle époque j'ai modifié mon opinion. Mais cela ne les arrangerait pas. Ils citent comme si j'avais dit blanc et noir le même jour, sans faire le compte des modiHcations que la progression de mes études a dû apporter sur certains points. Toute ma réponse est que mon voyage n'a apporté aucune espèce de modification aux principes du système hiéroglyphique, exposés dans mon Précis. Ils sont immuables et resteront N-T'-T-T', parce que c'est la vérité,
1. C'est la transcription en caractères latins et sans voyelles de la locution égyptienne /ww^ ^°^ , èternellenicnt.
à laquelle je n'ai pu arriver que par des approximations plus ou moins heureuses. Mais laissons tout cela et allons notre train.
Du reste, tout ce houra de pamphlets n'a produit aucune sensation en France : mes Notices d'Egypte les écrasent et enlèvent le public savant. Ils n'ont fait feu de tribord et de bâbord que pour préparer le public à me voir refuser (s'ils peuvent) la porte de l'Académie aux prochaines élections. Ils ont des apocos à faire entrer : ils réussiront peut-être. Dans tous les cas, vous sentez que je ne [me] mettrai pas sur les rangs. Si l'Académie me veut, qu'elle me nomme : c'est assez de m'être présenté une fois, je ne suis pas de ceux qu'on refuse plusieurs fois de suite. Mon parti est bien pris là-dessus, et vous l'approuverez sans aucun doute. Du reste, vogue la galère !
Je m'occupe ici du papyrus de M. Sallier. Il compte en faire beaucoup d'argent : je ne sais s'il réussira. L'important pour nous c'est d'en connaître bien le contenu et d'en avoir uno copie entière, si je le puis ; mais je crois que cela n'entre nullement dans ses projets. Quoi qu'il en soit, j'en tirerai tout ce que je pourrai, faute de pouvoir faire mieux. Mais il finira par le laisser publier dans son entier.
Rien de plus à vous dire, si ce n'est qu'il fait froid et que
c'est bien triste. Mes compliments empres.sés à Madame, qui voudra, j'espère, ne pas oublier les Parisiens au milieu des beaux jours de Pise. Rappelez-moi au souvenir de toute votre famille et à celui de tous nos compagnons de voyage. Comment va la gazelle? Tout à vous de cœur,
J.-F. Champollion LE Jeunk.
Dans une lettre à Sallier, écrite après son retour h Paris, Champollion aiiiioiiçait (juMl rédi,t!;erait encore sept ou huit lettres, concernant son expédition, et (|ue, dans la dernière, il donnerait une analyse très détaillée du papyrus de Haïusès le Grand, de beau-
coup le plus important des cinq papyrus hiératiques de Sallier; il lui permettait en effet de compléter la version hiéroglyphique fort endommagée du même texte, qu'il avait trouvée sur une des murailles du grand temple de Karnak. Ces lettres n'ont jamais été écrites, mais, en quittant Aix, Champollion remit une Notice sommaire sur le contenu des cinq papyrus à Sallier, qui, le "30 avril 1830, la fit lire à l'Académie locale par le secrétaire, bibliothécaire de la ville et grand admirateur de Champollion. Ce dernier, sûr de sa discrétion, lui avait donné, pour son profit personnel, une note très exacte du contenu du grand papyrus :
« Le poème est presque entièrement dialogué Les Scythes
s'exhortent à attaquer les Égyptiens. — Dénombrement de leurs chefs et des diverses nations liguées. — Un grand nombre de peuples de l'Asie occidentale y sont dénommés, et particulièrement
ceux de l'Asie Mineure, tels que les Lyciens, les Ioniens (sic).
— Dénombrement des forces égyptiennes. Leur roi les harangue pour les exciter au combat. Ses soldats lui répondent avec enthousiasme. — Ils se précipitent sur les ennemis comme des éperviers et en font un grand carnage. — Enfin Sésostris leur annonce qu'il a serré la main des chefs ennemis, et les invite à cesser le •massacre des vaincus. — Son armée répond par des acclamations et lui défère des titres de gloire, etc. — La bataille est livrée sur les bords de l'Oxus, et est suivie de la prise de Bactres, capitale des Scythes. — Le manuscrit finit par la date de la composition. » Ajoutons que Charles Lenormant publia en mars 1830, dans la Bévue française, t. XIV, p. 159-196, un article qui donne une idée exacte de ce qu'était l'égyptologie au retour du maître. — H. H.
CHAMPOLLION A CHAMPOLLION-FIGEAC
Toulouse, 18 février 1830.
Me voici, mon cher ami, au milieu des troubadours de Toulouse. J'ai fait partir Salvador prescjue à notre arrivée; il emporte mes gros bagages, contenant les dessins, et
toutes mes notices et descriptions des monuments : ces précieux documents me serviront d'avant-garde. Ainsi, après avoir passé quelques lieures en famille ici' et à Villefranche, je prendrai le premier courrier libre et marcherai jour et nuit sur Paris.
Le papyrus de M. Sallier m'a retenu plus que je ne l'avais pensé. Il a fallu prolonger mon séjour, parce que mon excellent hôte m'a témoigné l'envie de rester seul possesseur de son livre et le désir que je n'en prisse point de copie : mais j'en voulus une à tout prix et il m'a fallu user d'industrie pour me la procurer. Je ne suis parti qu'après avoir mis en portefeuille les portions les plus importantes de ce curieux monument. Je l'ai étudié plus à fond et j'ai reconnu qu'il contenait le récit dramatique de la guerre de Sésostris contre les Scythes (Schéta) alliés avec la plupart des peuples de l'Asie occidentale. Le plus curieux est que ce même texte est gravé en grands hiéroglyphes sur la paroi extérieure sud du palais de Karnac à Thèbes. C'est un texte fort abîmé et presque perdu, — et que je retrouvais à Arrc dans toute son intégrité : je ne pouvais laisser échapper un tel document.
Cherchant la chaleur et un beau soleil du midi au travers des neiges (jui couvrent la Provence, je me suis rendu à Nîmes, où j'ai admiré ramphithéàtre, et surtout la Maison- Carrée, qui, dans son état actuel, est certainement le mieux conservé de tous les monuments romains existants en Europe. A Montpellier, j'ai retrouvé l'excellent M. Fabre, que j'avais connu en Italie : il m'a fait visiter en détail le beau musée de tableaux et la riche bibliothèque dont il a fait don à .sa ville natale. C'est une chose merveilleuse qu'une telle réunion. Fùicore des neiges et du froid en (|uittant Montpellier. Quel démon d'hiver le ciel nous envoie-t-il donc cette
1. I,;i r;iiiiille ilu dotttMir (Juiilicii. tvt'vc .-ilnô île l,i iiii'ir il.' l'Iiainpollioii. (li'iiiL'urait à Toulmisr.
année? J'en souffre beaucoup, et je crains fort de trouver la goutte en arrivant dans l'atmosphère brumeuse de Paris. Cependant il est temps que j'y rentre. Je le sens, et tu ne peux douter de mon envie, mais, n'étant point allé à Figeac à mon départ, il est juste que je voie notre famille en passant. J'attends ici à chaque instant quelqu'un qui avait soif de me revoir depuis douze ans, et de l'attachement duquel je ne doute pas plus cjue je ne doute du tien ; c'est aussi un besoin de mon cœur. J'y ai cédé et tu me pardonneras quelques
jours de retard Nous partirons de suite pour Villefranche,
où se tiendra un congrès de famille de deux jours au plus. Nos sœurs y arriveront en même temps. Après cela, je pars, et je ne m'arrête plus que dans la cour de la grande Poste de Paris, où je te quittai et où j'espère te retrouver sain et sauf, comme moi, malgré quelques vagues douleurs de goutte et la reprise de mes tintements d'oreille. Prends donc encore un peu de patience. Tu recevras bientôt ma dernière lettre, te donnant avis du jour précis de mon arrivée, vingt-quatre heures d'avance tout au plus. Adieu donc. Tout à toi de cœur,
J.-F. Ch.
P. -S. — Les journaux me mettent fort à l'aise par rapport au Roi de Naples'. Il ne sera donc à Paris que plusieurs jours après moi. Mille respects à notre vénérable
Bordeaux, 2 mars 1830.
Me voici, mon bien cher ami, arrivé dans la Ville du
12 mars; je vais en courir les monuments pour achever mon éducation et mes caravanes, car c'est demain au soir,
1. Le duc de Blacas avait dit à Clianipolliou-Figeac que le roi et la reine, se rappelant « les bonnes leçons » que « l'Égyptien » leur avait données à Naples, seraient heureux d'en recevoir de nouvelles au Musée du Louvre.
mercredi 3 mars, que je monte dans le courrier à dix heures du soir, pour arriver enfin à Paris, vendredi, je ne sais à quelle heure'. Vous pouvez en avoir connaissance exacte, et j'espère trouver quelqu'un à qui parler en descendant de voiture. Je ne dis davantage. A vendredi donc. Tout à toi,
J.-F. Ch.
P. -S. — Salvador a dû déposer mes caisses de dessins. Les autres caisses sont peut-être arrivées ? Je te prie de faire savoir au Louvre que douze caisses d'antiquités doivent arriver ce même jour à l'adresse de M. de La Bouillerie. Qu'on les reçoive donc en conséquence.
1. A deux heures du matin, l'heure juste où, deux ans plus tard, il mourut.
BlHL. hOVl'T., T. xxxi.
Lettres écrites par Mohammed, mamour de Tahta', À Champollion
Lui (Dieu)
O le plus cher des amis, le trésor des compagnons, notre ami chéri, le très honoré, le général, le seigneur, le respectable, que le Dieu très haut le conserve.
Après la présentation de mes salutations avec le plus vif désir (de vous voir), le but de cet écrit est : 1*^ de m'informer de votre glorieuse personne; 2° hier nous convînmes avec Votre Excellence qu'au jour de la date (de cette lettre), nous resterions ensemble, pour nous voir et pour augmenter l'amitié. Au jour de la date, nous fîmes les préparatifs convenables ; mais nous sommes allé le matin à Terrah pour une affaire, et, au retour, nous avons vu que vous étiez parti en bonne santé. Par suite de cela, vous avez une dette à acquitter envers nous, mais nos réclamations sont pour l'époque de votre heureux retour, lorsque nous vous reverrons dans la plus parfaite santé. Vous recevrez Salamé et Nicolas (deux serviteurs du mamour, l'un arabe, l'autre grec). Que le Dieu très haut vous ramène sains et saufs, et puissions-nous vous revoir, eux et Votre Excellence, doués de la plus parfaite santé ; que le Dieu très haut vous conserve.
Écrit le 3 de djoumadi premier de l'année 44 (ou 1244 de l'hégire, 14 novembre 1828 de J.-C.l.
De la part de l'ami Mohammed, mamour de Tahta et de Djerdjé.
(Le sceau porte: Mohammed, son scrcitcur, c'e^tli-d'wc 'Slobiimmed, serviteur de Dieu.)