Voir |). 111 <lii pi'éscnt vohimc
^c jl^ll Vjl .jc/-^ ^Ul j Jl^^Vl ;9jl -^..>c U^!l ^jj^\ ^
it
U r ^ ^<lli^ (iUT «^S! j
Sceau.
Jl
U^j^ IL^J.
Lui (Dieu]
Ô le plus cher des amis, le trésor des compagnons, notre ami chéri, le bey magnifique, que sa vie soit longue.
Après vous avoir présenté mes salutations avec le plus vif désir de vous voir, l'objet de cet écrit est : 1° de m'informer de l'état de votre glorieuse personne, et de votre tempérament agréable, élégant et fort ; 2° de faire parvenir à Votre Excellence la lettre que vous avez demandée pour Son Excellence notre frère chéri, le mamour d'Esné. Plaise au Dieu très haut que vous voyagiez en bonne santé et que vous arriviez de même. Puissions-nous revoir Votre Excellence comblée de toute sorte de biens ; présentez nos salutations à nos honorables amis qui sont en votre compagnie, et envoyez-nous de vos nouvelles; que le Dieu très haut vous conserve. Écrit le 4 de djoumadi premier, etc.
Les lettres qu'on vient de lire étaient enfermées dans une enveloppe avec l'adresse suivante :
« Qu'elle parvienne au plus honorable des amis, au trésor des compagnons, notre ami chéri, le Français fils de bey (noble), le magnifique, qu'il vive longtemps au sein du bonheur. ))
Pour que la lettre arrivât plus sûrement à son adresse, le secrétaire avait écrit au bas les chiffres 2468. Ces nombres, comme on voit, suivent une proportion arithmétique dont l'exposant est toujours deux, et ont défont temps servi d'exercice aux calculateurs orientaux; ils constituent une des principales combinaisons de la science des nombres, jadis tant en crédit chez les pythagoriciens et autres sages de l'antiquité. Les Arabes, chez qui chaque lettre de l'alphabet a une valeur numérique, convertissent quelquefois les chiffres dans la lettre de l'alphabet (jui a la valeur correspondante, et, au lieu de 2468, ils écrivent b d r h dont ils font le mot Bedouh. Mais qu'on lise 2468 ou Bedouh. la valeur superstitieuse attachée à ces signes n'est pas douteuse, et on doit les regarder comme une des formules talismaniques les plus estimées des Arabes, des Persans et des Turcs de nos jours.