VI INTRODUCTION
Tordre de se disposer à partir du port de Toulon à la fin de juillet 1828'. »
Cliampollion emmenait avec lui l'architecte Antoine Bihent, dont il a été question au volume précédent, Charles Lenormant, inspecteur au département des Beaux-Arts, et comme dessinateurs, Nestor L'hôte\ employé à la direction générale des Douanes, Salvatore Cherubini'; Alexandre Duchesne, Bertin fils et Lehoax, élèves du baron Gros. Pendant les r/ow^e à quaior:^e mois qu'ils resteraient en Egypte, chacun d'eux devrait recevoir 3.000 francs nets; en outre, il leur serait fourni gratuitement tout ce dont ils auraient besoin pour leur entretien, pour leurs travaux, même personnels, et pour leur correspondance, celle-ci fort coûteuse en ce temps-là, plus deux costumes orientaux. — Le Grand-Duc, de son côté, avait désigné, pour se joindre aux Français, le professeur Ippolito Rosellini, l'ingénieur
1. Préface des Lettres écrites d'Egypte, publiées par Champollion- Figeac en 1833.
2. L'hôte avait manifesté de bonne heure une passion violente pour l'Egypte ancienne. Au premier bruit de l'expédition projetée par ChampoUion, il avait écrit à celui-ci des lettres ardentes, « véritables traits de feu », comme disait Dacier en plaisantant. Lorsque ChampoUion fut revenu à Paris, en novembre 1826, L'hôte s'installa rue de Seine, n° 89, tout près de « l'Égyptien », qui demeurait alors rue Mazarine, n° 28, et il lui rendit des services notables. Champollion-Figeac, qui avait le jugement plus rassis que son cadet, n'avait pas trop de confiance dans la persévérance du jeune dessinateur. N'oublions pas de dire que celui-ci était l'oncle par alliance d'Auguste Mariette, qui fut le premier directeur du Service des Antiquités de l'Egypte.
3. Fils du célèbre compositeur de musique, nature aussi profonde que tranquille, et le seul de tous les compagnons de voyage de ChampoUion, qui ne voulût point se séparer de lui, « ne fût-ce que pour un jour ». Son dévouement extraordinaire touchait profondément celui qui en était l'objet. — Salvador Cherubini était le beau-frère de Rosellini, qui, le 30 octobre 1827, avait épousé Zenobia Cherubini.