Id., Lettre 59e
^ Id., Lettre 13e.
tion, c'est aimer nos consolations en voulant aimer Dieu.
Nous sommes étonnés et confondus, s'il nous arrive de tomber dans une faute : pourquoi? Nous pensions être bons et forts, nous avions quelque fierté, et nous sommes chagrins de sentir notre misère et notre faiblesse. Il faut tout sacrifier, sa volonté propre, les douceurs sensibles de la piété, le contentement de soi, non pas la paix de la conscience, mais cet amour-propre subtil qui nous fait jouir de nous-mêmes, de notre esprit, de notre sagesse, de notre vertu. S'applaudir en soi, comme le stoïcien superbe ou le pharisien de l'Evangile, tel est le grand péril des âmes élevées, le plus redoutable au sens de Fénelon ; c'est pourquoi le prudent directeur sait gré aux tentations, aux fautes mêmes, de nous rendre la claire vue de notre pauvreté. « Les fautes sont toujours des fautes, mais elles nous mettent dans un état de confusion et de retour à Dieu, qui nous fait un grand bien \ »
Où ne se loge pas l'amour-propre ?Dans les pénitences, les jeûnes, les austérités. « L'esprit se remplit souvent de lui-même, à mesure qu'il abat la chair-. » L'amour-propre est partout: nouveau Protée, il prend toutes les formes, sans jamais se montrer lui-même ; il ne peut a supporter la vue de luimême; il en mourrait de honte et de dépit. S'il se voit par quelque coin, il se met dans quelque faux jour