‹ Lettres de directionChapitre 110 sur 163 · L'obéissance, seul remède contre les scrupules · texte numérisé non relu

L'obéissance, seul remède contre les scrupules

16 septembre 1702.

Je suis en peine de vous, madame, et les expériences passées me rendent ombrageux. Quelqu'un

Féxelon. — Lettres de direction. 14

m'a dit que vous vouliez aller avec M""^ la comtesse de Souastre à Valenciennes. Votre santé permet-elle ce voyage ? M. Bourdon Tapprouve-t-il ? Toute absence de Cambrai m'est suspecte. J'y retournerai mercredi prochain, et je vous supplie de faire en sorte que je vous y trouve. Si vous avez quelque peine, tâchez de la vaincre, et de communier. L'obéissance est le seul remède à ces sortes de maux. Les peines ne sont qu'à demi peines, tandis qu'on ne les écoute point volontairement. Elles ne deviennent si dominantes, que quand on les fortifie contre soi-même, en leur prêtant l'oreille. Il ne faut donc pas s'excuser sur leur violence, puisque c'est de votre volonté qu'elles reçoivent ce qui vous entraîne. Votre prétexte pour désobéir est de dire qu'on ne sait pas votre état, et qu'on n'a pas écouté toutes vos raisons. Mais quelle est la personne indocile dans ses vains scrupules, qui n'en dise pas autant pour s'autoriser dans sa désobéissance ? Tournez votre scrupule contre votre indocilité : vous avez l'expérience que vos raisons, dès que vous les dites, ne sont plus des raisons. Il ne faut donc plus les écouter, mais obéir simplement, et ne compter pour rien une imagination vive et inépuisable à laquelle vous vous êtes livrée si longtemps. Je prie ndtre Seigneur de vous donner sa paix, et je vous suis dévoué en lui sans réserve. (VIII, 654.)

Page 1