‹ Lettres de directionChapitre 133 sur 163 · I. Marc, IX, 4 et · texte numérisé non relu

I. Marc, IX, 4 et

Ne soyez point alarmée de vous trouver vive, impatiente, hautaine, décisive : c'est votre fond naturel; il faut le sentir. Il faut porter, comme dit saint Augustin, le joug de la confusion quotidienne de nos péchés. Il faut sentir notre faiblesse, notre misère, notre impuissance de nous corriger. Il faut désespérer de notre cœur, et n'espérer qu'en Dieu. Il faut se supporter sans se flatter et sans négliger le travail pour notre correction. En attendant que Dieu nous délivre de nous-mêmes, nous devons en être désabusés. Laissons-nous rapetisser sous sa puissante main : rendonsnous souples et maniables en cédant dès que nous sentons quelque résistance de la volonté propre. Demeurez en silence le plus que vous pouvez. Evitez de décider; suspendez vos jugements, vos goûts et vos aversions. Arrêtez-vous et interrompez votre action dès que vous apercevez qu'elle est trop vive. Ne vous laissez point aller à vos goûts trop vifs, même pour le bien. (VIII, 533.)

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