‹ Lettres de directionChapitre 135 sur 163 · I. Act., XX · texte numérisé non relu

I. Act., XX

saint Pierre^ : M'aime:^-vous? Il faut que vous lui répondiez, non des lèvres, mais du cœur : Eh ! ne le save:^-vous pas, Seigneur, que je vous aime ? Alors vous mériterez qu'il vous dise : Paisse:^ mes brebis. O qu'il faut d'amour pour ne se décourager jamais et pour souffrir toutes les croix de cet état ! Il est commode aux pasteurs qui ne connaissent le troupeau que pour en prendre la laine et le lait; mais il est terrible à ceux qui se dévouent au salut des âmes.

Il faut donc, monseigneur, que votre préparation soit proportionnée à la grandeur de l'ouvrage dont vous serez chargé. Une montagne de difficultés vous pend sur la tête : à Dieu ne plaise que je veuille vous décourager ! mais il faut dire A, a, a Domine, nescio loqui'', pour mériter d'être l'envoyé de Dieu; il faut désespérer de soi pour pouvoir bien espérer en lui. Vous êtes naturellement bon, juste, sincère, compatissant et généreux; vous êtes même sensible à la religion, et elle a jeté de profondes racines dans votre cœur; mais votre naissance vous a accoutumé à la grandeur mondaine, et vous êtes environné d'obstacles pour la simplicité apostolique. La plupart des grands princes ne se rabaissent jamais assez pour devenir les serviteurs en Jésus-Christ des peuples sur lesquels ils ont l'autorité; il faut pourtant qu'ils se dévouent à les servir, s'ils veulent être leurs pasteurs : nos autem servos vestros per Jesum ^ .

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