II Cor., IV
Il n'y a que la seule oraison qui puisse former un véritable évêque parmi tant de difficultés. Accoutumez vous, monseigneur, à chercher Dieu au dedans de vous ; c'est là que vous trouverez son ro5-aume : recrniim Dei intra vos est \ On le cherche bien loin
de soi par beaucoup de raisonnements ; on veut trop goûter le plaisir de la vertu et flatter son imagination, sans songer à soumettre sa raison aux vues de la foi, et sa volonté à celle de Dieu. Il faut lui parler avec confiance de vos faiblesses et de vos besoins ; vous ne sauriez jamais le faire avec trop de simplicité. L'oraison n'est qu'amour : l'amour dit tout à Dieu; car on n'a à parler au bien-aimé que pour lui dire qu'on l'aime et qu'on veut l'aimer : non nisi aniando colitur, dit saint Augustin-. Il faut nonseulement lui parler, mais encore l'écouter. Que ne dira-t-il point si on l'écoute ? Il suggérera toute vérité. Maison s'écoute trop soi-même pour pouvoir l'écouter; il faudrait se faire taire pour écouter Dieu : audiani quid loquatur in me DominusK On connaît assez le silence de la bouche, mais on ne comprend point celui du cœur. L'oraison bien faite, quoique courte, se répandrait peu k peu sur toutes les actions de la journée; elle donnerait une présence intime de Dieu qui renouvellerait les forces en chaque occasion; elle réglerait le dehors et le dedans; on n'agirait que par l'esprit de grâce ; on ne suivrait ni les