Rom,, XV
mieux, que quand vous ne ferez point la vôtre ? Uoraison n'est solide qu'autant qu'elle est la mort à soi-même, à ses goûts, et même à sa perfection, en tant qu'on la regarde comme sa propre excellence, et non comme la pure volonté de Dieu. Tout est fait pour vous, pourvu que vous obéissiez et que vous portiez les autres à faire de même. Quand vous aurez des répugnances, ouvrez simplement votre cœur, non pour être ménagée ni flattée, mais pour n'avoir point de réserve ; ensuite ne vous écoutez plus vous-même. Les répugnances viennent de la propre volonté et de l'attachement à notre sens. Il faut se plier à tout, et se briser jusqu'à ce qu'on soit souple en tout sens. Pour vos fautes, je n'en suis point surpris; mais je remercie Dieu de ce que vous les connaissez, sans vous flatter ni vous décourager. Reprenez toujours courage, et ne cessez point de vouloir vous vaincre ; mais faites-le sans chagrin, ni âpreté, ni confiance en vous-même. Profitez de l'humiliation de vos fautes et de l'expérience de votre infidélité, sans vous relâcher pour la correction.
Je suis plein de reconnaissance pour la bonté avec laquelle vous prenez part à la grâce que le Roi m'a faite '. C'est une des plus grandes qu'on puisse recevoir des hommes; mais tout ce que les hommes donnent n'est que vanité et affliction d'esprit, selon les termes de ^Ecclésiaste^ Il faut regarder tout ceci comme un pesant fardeau, et ne songer qu'à le porter fidèlement. Me voilà dans la condition de saint