Méthode d'oraison pour les commençants
ler juin 1689.
Il ne faut pas tarder, monsieur, à vous témoigner ma joie sur les choses que vous m'avez fait l'honneur de m'écrire. Les deux définitions que vous me rap-
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portez sont si justes, qu'il ne reste rien à y ajouter. Il est certain que, quand on a posé les fondements d'une entière conversion de cœur, d'une exacte pénitence et d'une sérieuse méditation de toutes les vérités du christianisme en détail, et par rapport à la pratique, plusieurs personnes s'accoutument peu à peu tellement à toutes ces vérités, qu'à la fin elles les envisagent d'une vue simple et fixe, sans avoir besoin de recommencer toujours à se convaincre de chacune en particulier. Alors ces vérités se réunissent toutes dans un certain goût de Dieu, si pur et si intime, qu'on trouve tout en lui. Ce n'est plus l'esprit qui raisonne et qui cherche; c'est la volonté qui aime, et qui se plonge dans le bien infini. Mais cet état n'est pas le vôtre. Il faut que vous marchiez longtemps par la voie des pécheurs qui commencent à chercher Dieu ; la méditation ordinaire est votre partage : trop heureux que Dieu vous y admette ! Marchez donc, monsieur, en esprit de foi, comme Abraham, sans savoir où vous allez ; contentez-vous du pain quotidien, et souvenez-vous que, dans le désert, la manne qu'on amassait pour plus d'un jour se corrompait d'abord : tant il est vrai que les enfants de Dieu doivent se renfermer dans l'ordre des grâces présentes, sans vouloir prévenir les desseins de la Providence sur eux.
Méditez donc, puisque voici pour vous le temps de méditer tous les mystères de Jésus-Christ, et toutes les vérités de l'Evangile que vous avez si longtemps ignorées et contredites. Quand Dieu aura bien etîacé en vous l'impression de toutes les