HUITIÈME SÉRIE
Mon bien cher ami,
En recevant la lettre par laquelle vous m'apprenez votre échec, j'aurais voulu vous avoir là, pour vous embrasser bien fort : vous êtes très aimé de Dieu, puisqu'il vous envoie ce qu'il a de meilleur, l'épreuve. Ce ne sont pas nos souffrances qu'il aime, tant s'en faut, ce sont les actes magnifiques qu'elles nous donnent l'occasion de lui offrir. Il y trouve sa gloire et II y voit notre grandeur.
Vous ne vous contenterez donc pas d'accueillir avec résignation votre échec si peu mérité; vous vous estimerez heureux de le subir; oui, heureux, car on doit être heureux de tout ce qui fait la beauté morale plus parfaite. Elle se manifeste par une imperturbable sérénité et par un amour véritable de ce que Dieu a permis, et qui est en soi très pénible. Ajoutons-y la confiance tout abandonnée pour l'avenir : tout cela fait une âme fidèle, courageuse, dilatée, détachée d'elle-même et admirablement préparée aux vicissitudes de la vie.
Durant ces jours de fêtes, cherchez l'éternité de Jésus. Quand vous le recevez dans la communion, pensez aux bergers et aux mages, et dites-vous que votre partage n'est pas moins doux. Selon la résolution que vous aviez prise, mettez de la vie dans vos exercices de piété, soit en leur donnant la durée nécessaire, soit en stimulant, votre activité. Multipliez et animez vos retours vers Dieu. Faites aussi une part à la mortification : la piété y gagne beaucoup.
Mon cher ami,
Votre affection m'est très douce, et vos vœux vont droit à mon cœur. J'admire en vous une nature entièrement droite, généreuse et haute. Je remercie Dieu des grâces par lesquelles il vous a fortement attaché à Lui et à sa cause. Cette cause, vous le voyez déjà, vous le verrez peut-être mieux encore plus tard, cette cause est délaissée ou mal servie. Des difficultés, des déceptions vous attendent. Habituez-vous à regarder moins les choses elles-mêmes que la volonté de Dieu. Un soldat et même un officier supérieur ne peut juger, dans la bataille, la valeur d'un ordre qu'il reçoit. Le plan de Dieu est plus vaste que les plans des généraux, même à notre époque où le cadre s'est tant élargi. Tenez donc toujours ferme, quelles que soient les vicissitudes de l'avenir. Les succès de la cause religieuse sont toujours humbles dans la manière de se produire. C'est une tradition commencée par le divin Maître et confirmée par les apôtres. Notre victoire finale se compose d'innombrables défaites. Il faut qu'on n'y puisse voir que la main de Dieu.
Vous serez donc de ces guerriers qui se contentent de rester à leur poste et d'exercer toute leur action sans s'inquiéter de l'ensemble. Vous serez aussi un de ces fidèles qui ne demandent aucune récompense autre que Dieu aimé et possédé au Ciel. Rien d'autre ne vous suffirait.
Je ne me contente pas, mon cher ami, de vous envoyer mes vœux et l'expression de mes sentiments. J'ai le bonheur de pouvoir y joindre la bénédiction du prêtre, qui aime à se dire votre ami.
Mon bon C,
Votre peine rend encore plus vive l'affection que j'ai pour vous, et je me sens plus fier de votre amitié, en vous voyant grandir dans l'épr.euve. Non, vous n'êtes pas de ceux qui se résignent simplement; vous vous élevez au rang de ceux qui bénissent Dieu jusque dans l'affliction, sachant qu'il a ses desseins secrets et que ces desseins sont ceux d'un père tendrement affectionné. Il aime à voir que vous lui abandonnez en toute sérénité votre avenir, vous contentant de faire, au jour le jour, chacune de ses volontés manifestées.
Or, en ce moment, mon bon C, cette volonté me semble être de reprendre l'ennuyeux labeur d'une nouvelle préparation. Vous vous habituerez par là à ne pas aimer les choses pour elles-mêmes, mais pour Dieu, qui a grand plaisir à vous voir ainsi dégagé de préoccupations trop personnelles et tout content de ce qu'il vous demande. Il vous prépare ainsi à la vie d'action qui, à notre époque, est une vie de renoncements, de déceptions fréquentes, et de recommencements fastidieux... Regardez donc votre échec et ses conséquences non en euxmêmes, mais dans le cœur de Dieu qui les laisse se produire. Vous vous rappelez, sans doute, ce que dit saint François de Sales, de ce fleuve dans les eaux duquel tous les poissons paraissent dorés, tandis qu'ils reprennent une couleur noirâtre dès qu'on les en retire. Ne retirez donc jamais du coeur de Dieu et de sa volonté les événements qui dans ce jour paraîtront divins, tandis que, considérés en dehors de là, ils gardent leur aspect de chose laide et triste. C'est dans les heures de méditation que vous vous habituerez à ces vues surnaturelles.
Appuyez votre confiance sur cette parole de saint Paul : « Tout sourit à ceux qui aiment Dieu. » En acceptant avec sérénité et sans ombre de découragement cette épreuve vraiment pénible, vous serez aimé de Dieu un
peu plus. N'est-ce pas très doux? Vous sachant plus aimé, -vous aimerez, vous aussi, davantage!...
Quand se présente le côté humain : ennuis divers, obstacles, humiliations, quand vous le sentez vivement, dites à Dieu : Ne faites pas attention à ce qui se passe malgré moi dans ma sensibilité, ne regardez que ma volonté qui accepte et aime pour vous tout ce qui me déplaît.
Mon bon et cher C,
Vous redire toute mon affection, c'est vous laisser comprendre- tous les vœux que je forme pour votre vrai bonheur. Je vous sens bien ému par la décision que viennent de prendre plusieurs de vos amis. Consultez bien votre nature et plus vos aptitudes que vos attraits; posez-vous la grande et décisive question : où donnerai-je plus de gloire à Dieu par ma perfection personnelle ou par le bien que je peux faire aux autres? Il y a des natures qui ont besoin des affections de la famille, même pour être bons, à plus forte raison pour avoir, cette part de bonheur qui fait qu'on sert Dieu d'un cœur dilaté.
Il faut voir ensuite pour quelle position on a le plus d'attrait. Sans exclure le goût et l'attrait, il ne faut pas se déterminer principalement par cela. C'est parfait quand l'attrait et l'aptitude concordent.
Mon bien cher C,
Enfin un mot de vous, de vous à qui je pensais sans cesse. Il est du 3 octobre, et ne m'est arrivé qu'hier soir à neuf heures, m'apportant tristesse et joie. Grâces à Dieu : votre vie est sauve, et gloire à vous, qui avez versé votre sang pour la Patrie ! Nous sommes presque sur la même
côte, car je me suis retiré maintenant à S*-V. où j'ai passé tant de vacances avec M. Vous devez être encore tout étourdi du bruit de la longue bataille et tout ému des grands événements qui s'accomplissent. Le monde moderne avait abusé de tout pour jouir. Dieu lui donne l'occasion de se retremper. Mais quel carnage...
Vous voilà exilé à D. L'exil en face d'une mer immense est presque un vestibule du ciel. Je ne vois pas quelle autre utile occupation vous pourriez vous donner, et celle-là est la meilleure. Faites-vous donc un petit règlement provisoire pour les choses que vous voulez faire, et pour les heures autant qu'il se peut. L'heure assure l'accomplissement et combat la fantaisie. C'est une petite mortification, et une plus grande certitude de faire la volonté de Dieu. Quand le temps est ainsi distribué, le* jours passent plus vite. Donnez un temps plus long à la méditation du matin. Faites des lectures qui vous portent à Dieu. Voyez le soir si votre journée a été bien remplie dans la pensée des choses éternelles. Écrivez-moi ce que vous aurez fait; j'aurai grand plaisir à retrouver mon C. généreux envers Dieu, comme il l'a été envers ses camarades autrefois, et dernièrement envers sa Patrie.
Mon bien cher ami,
Un mot de votre âme, voulez-vous? Ce que vous m'écrivez d'un affaiblissement ne m'étonne pas : tout ce qui vit a besoin d'agir. Vous admettez le principe, reste l'application possible. Gomment entretenir des relations avec Dieu, dans une vie q-ui se passe forcément et continuellement avec des camarades dont on ne peut s'isoler? — D'après votre lettre d'aujourd'hui, je vois que les choses se sont améliorées: vous pouvez sortir, donc vous pouvez passer un temps plus ou moins long dans les églises ou chapelles. Faites-vous en une habitude, s'il se peut,
journalière. Si vous pouviez communier souvent, ce serait parfait.
Mais en dehors de cela et en supposant que vous deviez passer vos journées au milieu de vos camarades, ne renoncez pas à vous isoler. Je vais vous en donner un moyen que je crois excellent ! Chacun écrit des lettres et vous ne vous en faites pas faute vous-même. Pendant que vous écrivez on vous dérange peu. Eh bien, au lieu de prendre un livre et de le méditer, prenez votre plume et écrivez à Notre-Seigneur... Rien que cela ! Oui, parlez-lui comme vous le feriez dans la prière, vous y trouverez même plus de facilité. Avec Lui, ne craignez pas les redites. Parlez- Lui de tout ce qui vous intéresse, comme au meilleur des amis. Parlez-lui souvent de votre bonheur d'être à Lui, de votre désir de l'aimer et de le faire aimer. Avouez-Lui .vos torts, vos négligences. Faites-Lui des promesses que vous tiendrez dès le jour même. Ce moyen n'est pas de mon invention. Il a été employé par un bon prêtre de mes amis (un homme éminent). Se voyant continuellement distrait dans sa méditation du matin, à cause de ses très nombreuses occupations, il prit le parti d'écrire ce qu'il ne savait pas dire, et il a fait ainsi durant de longues années. Son âme trouvait là le moyen de se fixer et de s'alimenter... Voilà, mon cher C, ce que je me proposais depuis quelque temps de vous conseiller. Votre âme m'est précieuse, je souffrirais de la voir se débiliter. On ne sait jamais jusqu'où peut conduire l'anémie spirituelle. Je vous embrasse de tout cœur.
Mon bien cher C,
Je vois avec beaucoup de peine que votre pauvre bras reste encore inerte, mais l'opération va réparer le mal. Je ne vous plaindrais pas dans votre réclusion, si vous aviez auprès de vous Madame votre mère. Comme une telle affection près de soi change les choses ! Cultivez
aussi une autre grande affection moins sensible, mais plus tendre encore, celle du divin Maître. Il ne se tient pas seulement à votre chevet; Il vient en vous; Il y vit. Il se fait le principe de toutes vos actions, de tous vos bons sentiments, de tous vos mérites. Oh 1 si nous pouvions le voir et lire dans ses traits, comme nous nous trouverions épris de Lui ! Activez votre foi par la méditation et, sans le voir, vous le sentirez près de vous.
Mon bon et cher C,
Je voudrais que ce petit mot vous trouvât en compagnie de notre si bon ami, l'abbé B. Ce serait une manière d'être ensemble. L'être réellement serait si doux ! Je vous dois l'amitié d'un cœur exquis, chose rare, surtout à l'égard d'un pauvre vieux, ce dont il est plus reconnaissant que tout autre.
A défaut d'une mère, vous jouissez d'un cœur d'ami, d'un véritable ami. Vous le consolez aussi, car il vient de faire une perte cruelle et il paraît inquiet de la santé de sa mère. La vie est un chemin de croix.
Je viens de commenter dans mon troisième volume de Méditations ces douces paroles : « Venite ad me omnes qui... » J'en reste sérieusement pénétré. Est-il possible que chacun de nous dispose d'un tel cœur, d'un cœur sensible comme les nôtres et agrandi, embelli par la divinité autant qu'a pu le faire la toute-puissance réalisant l'idéal possible d'un cœur humain? Ah ! si les hommes le savaient, le croyaient, le comprenaient surtout ! Oui, le comprendre. Il faut pour cela une longue attention comme pour tout ce qui est invisible. Peu à peu des merveilles se découvrent, comme font les étoiles quand vient la nuit. On prend conscience d'un amour qui étonne, qui émeut, qui remplit de joie, qui détache de tout, qui fait désirer les grandes preuves d'amour, les souffrances ! ! I
Ce divin Ami va au-devant de notre faiblesse, et si nous n'allons pas à la souffrance, Il nous l'apporte, et parce qu'il reste là Lui-même, parce qu'il en a autrefois partagé l'amertume, nous ne la trouvons pas trop amère. Parfois même, nous nous trouvons vraiment heureux à ce double titre de Lui ressembler et de le soulager. — Quand je dis : amitié, j'entends par ce mot cette conviction ferme et cette franche acceptation qui seules dépendent de nous. La consolation sensible n'est que l'occasion. Elle n'est même surnaturelle que par contact. Tout le surnaturel est dans la volonté. C'est en elle que réside la grâce; mais en vertu de l'union de nos facultés, le sensible est atteint par ses vibrations supérieures. C'est comme au Ciel, où le corps ne participe que de cette manière indirecte au bonheur que répand dans l'âme la vision béatifique... Je laisse aller ma plume, excusez-moi. Ces considérations sont bien dans le sens des fêtes de Pâques. « Quse sursum surit quaerite, quse sursum sunt sapite »... Que le divin Sauveur daigne nous faire entrer profondément dans cette vie si intime et si haute ! Un lieutenant doit rêver d'y entrer d'assaut et, comme il est aussi bon que brave, il prolonge son rêve en agitant le drapeau afin d'attirer à lui d'autres braves.
Il me tarde bien de savoir où en est votre opération. La Providence sans doute prolonge à dessein votre infirmité, pour vous préserver et vous réserver : tant de bons chrétiens ont déjà succombé !
Mon bon C,
Ma dernière lettre était à peine en route, quand la vôtre m'est arrivée. Elle me donne quelques-uns des renseignements que je désirais tant avoir sur l'effet de votre opération. Commencez par vous rendre familière et sensible cotte vue que tout ce qui nous arrive est disposé pour notre plus grand bien, par un Père tout-puissant.
Trouvez dans cette conviction l'amour de votre situation quelle qu'elle soit. Il faut aimer jusqu'à sa complète inutilité quand elle vient des circonstances, car les circonstances sont les messagères du vouloir divin.
Je vous crois appelé à l'apostolat : vous en avez l'aptitude et J'attrait. Si vous ne pouvez l'exercer que rarement, il vous reste de vous y préparer. Vous vous y préparerez par le désir. Le désir accroît la puissance, quand il est vif et prolongé. Un désir comprimé acquiert encore plus de puissance. Ce sera votre cas. — D'autre part, ce qui fait la vie du zèle et ce qui manque trop souvent à ceux qui l'exercent, c'est une intime union à Dieu. Or la solitude et l'inaction vous permettent de vous y introduire, de vous y avancer, d'en faire le moteur de votre vie. Demandez à votre cher ami de C. comment il s'y prend et exhortez-vous l'un l'autre à vous affectionner de plus en plus au divin Maître. Étudiez-le par la méditation de l'Évangile. Allez à Lui au tabernacle comme si vous étiez au temps où on le trouvait dans une pauvre maison de Galilée. Il est le même; suppléez à la vue par une foi pénétrante. Une visite prolongée de temps en temps est un bon moyen de s'en impressionner, alors même que l'on se sentirait froid et distrait. La persévérance est partout victorieuse.
Ces deux moyens : le désir et l'intimité avec le divin Maître me paraissent de nature à occuper un cœur comme le vôtre et à combler le vide présent de l'action. Je me permets de vous renouveler un conseil que j'ai vu utilement employé : dans les périodes de froideur et d'impuissance exprimer par écrit les sentiments que l'on voudrait ressentir vivement pour Dieu.
Mon bon C,
Je nie suis bien réjoui du bonheur que vous avez goûté aux pieds de Notre-Dame de Lourdes, cette mère qui vous
aime plus même que celle à qui vous devez le jour et ce n'est pas peu dire. Vous êtes revenu aux soins de votre blessure et sans doute à certaines études dans le sens de votre. doctorat. Vous avez retrouvé à B. des amis dont vous tâchez de faire de vivants chrétiens, car telle est bien votre mission, en maladie comme en santé. Quand on a comme vous l'attrait et le moyen de l'apostolat, on trouve toujours à l'exercer, parfois après une attente un peu longue et toujours pénible. Comme je vous le disais, profitez du loisir actuel pour entrer profondément dans l'intimité de Jésus. Un des moyens les plus efficaces et, je le crois, les plus indispensables, c'est de méditer habituellement sa vie et ses paroles. Cela s'appelle le fréquenter, et c'est par la fréquentation que l'amitié se développe. Évoquez souvent ce passé merveilleux où il se montrait et parlait. Dites-vous ensuite que c'est bien le même Jésus qui vous regarde du haut du Ciel, qui se donne à vous dans la communion.
Pour s'unir d'amitié avec Lui, il faut avoir soin de se tenir dégagé de tous soucis trop personnels et trop vifs. Les lui confier et n'y penser qu'autant qu'il le conseille : voilà le bon moyen de se tenir en paix tout en progressant dans l'intime amitié.
Ne tolérez jamais en vous de la tristesse. Le peut-on, le doit-on quand on sait qu'on a là, toujours, un tel ami, qui vous suit des yeux et qui vous aime tendrement? — Jésus a peu d'amis intimes. Combien ne doit-il pas aimer ceux qui le sont ou veulent l'être !
A celle de Jésus, j'ose joindre ma misérable mais bien sincère amitié.
Mon bon C,
Je ne puis vous écrire qu'un petit mot, parce que je viens d'être très fatigué et que je reste très faible. J'ai voulu dire la sainte messe et j'ai été obligé de l'interrompre pour me reposer assez longuement; après quoi je
suis rentré chez moi, comme anéanti. Je ne sais si je pourrai jamais remonter à l'autel. C'est une bien grande privation/mais comme elle est une peine, elle est un bien.
Je voudrais vous avoir près de moi. C'est si triste de rester si longtemps sans se voir ! Ce qui est plus triste encore, c'est de savoir son bon C. un peu découragé. Non, ce mot n'est pas juste. Il faut dire simplement : épuisé, souffrant, mais plein d'une confiance toute sereine et toute abandonnée envers le Dieu qui s'occupe du moindre passereau. Cet état est une occasion de développer sa force morale; on accepte, on tient bon, on attend. Chaque jour on expose à Dieu son complet abandon, et chaque jour on fait ce que demande le soin du corps et celui de l'âme. Dans cette monotonie s'opèrent de grandes choses. Cherchons Dieu continuellement. Cherchons-le en Notre-Seigheur qui le met à notre portée. Voyons-le au tabernacle comme s'il y apparaissait sans voiles. Parlons-Lui comme à un ami. Quand les pensées ne nous viennent pas dans la méditation, prenons la plume et disons par écrit ce que nous voudrions éprouver.
Mon bon C,
Enfin un peu de joie ! Votre âme se dilate, vous retrouvez votre cœur !
Dieu ne délaisse pas longuement ses enfants... et s'il les délaisse, en apparence, sur le moment, c'est pour les habituer peu à peu aux vicisritudes de la vie, car la vie, ne l'oublions pas, est un exil, un temps d'épreuve et de mérite. Elle est également un combat... toutes choses dont l'aspect est sombre. La lumière et la joie ne peuvent descendre que du Ciel.
Votre état physique s'améliore; vous ne resterez pas un infirme. Cette conviction qui s'établit sur une amélioration sensible est une grâce, même pour votre âme. Il devient plus facile de mieux aimer Dieu, quand on est
déchargé du fardeau de l'inquiétude. On se sent porté à la reconnaissance; on devient plus affectueux pour le Père du Ciel.
Quand nous reverrons-nous? Sera-ce en ce monde? Ici ou là, vous retrouverez un vrai cœur d'ami.