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XVI X

Madame et chère fille en Notre-Seigneur,»

Quand je me représente toutes les occupations et tous les soucis que comporte votre rôle de mère et de maîtresse de maison, je remercie Dieu de ce qu'il vous accorde la grande faveur de vous maintenir dans la recherche de son amour et dans le choix surtout constant de son bon plaisir. Gela suppose un vrai détachement de vous-même, sans quoi vous perdriez forcément le calme et les saints désirs.

Tant que cette divine préoccupation sera dominante, soyez rassurée.

Les manquements passagers sont de petits accidents vite réparés et dont il ne faut faire état que pour aimer un peu plus Celui qui les considère paternellement.

Regardez toute chose comme un moti] d'amour, et n'y mettez pas d'exception.

Yoilà un conseil que vous comprendrez à merveille et que vous ferez bien d'avoir toujours devant les yeux. Le mal et le bien y convergent de points opposés. La conclusion à retenir est qu'en toute situation, en tout état d'âme, il n'y a qu'une chose à faire : aimer et avoir confiance.

Comme vous le dites, il est essentiel de réagir après des moments de lassitude ou de recherche de soi-même, sans quoi on risque de rester affaibli. Réagir, c'est faire tout ce qu'on peut jusqu'à ce qu'on sente que tout va bien. Comparez-vous à une personne qui a pris froid et faites comme elle.

Par exemple ! ce que je vous recommande instamment, c'est d'avoir égard à votre état de santé, soit pour vous juger, soit pour régler votre conduite. Les médecins assurent que certains enfants que l'on malmène pour leur paresse ne sont que des victimes de leur tempérament affaibli. Rétablissez les forces, et l'activité reviendra. C'est un devoir pour vous de choisir le régime, qui, en rétablissant votre santé, vous rendra de meilleures aptitudes au bien.

Il m'est impossible de vous donner des conseils sur votre ^conduite relativement à telle ou telle œuvre locale, tiers-ordre, associations diverses. En principe ! ne vous chargez pas. En fait, il y a des utilités évidentes qui déterminent à se prêter. Voyez ce que vous conseilleriez à une autre, ou ce que je vous conseillerais moi-même, si j'étais au courant des choses et des personnes comme vous. Je crois que vous trouverez dans la société de ... un ensemble suffisant de soutien. Que tels documents soient plus ou moins remarquables, ils vous remettent sous les yeux périodiquement toutes les vérités et toutes les lois de la vie sainte. Cette société de ... fait peu de bruit et beaucoup d'ouvrage.

Quant à l'oraison, voyez ce qui vous réussit le mieux. Jugez-en par le résultat; plus d'ardeur, beaucoup de paix, la présence de Dieu facile. Si une méditation toute simple et aisée vous met en cet état, continuez-la sans crainte. Pourquoi vous revêtir de l'armure de Saiïl?

Si, au contraire, une suite de méditations sans méthode ne produit qu'une influence légère et passagère, cherchez ce qui, dans une méthode, peut vous venir en aide. Je crois qu'un profond recueillement pour commencer et quelque parole de l'Écriture ou d'un saint peuvent vous convenir habituellement.

La.fatigue m'impose de dures privations. Il s'en prépare une autre bien sensible : un de mes yeux est atteint de la cataracte à forme lente. Cet état commence à troubler la vue et à me gêner pour lire. Si je ne peux bientôt faire autre chose que sentir mon inutilité, je serai aussi content, je l'espère, que de me dépenser pour les âmes. Dieu n'a besoin de personne et il veut avoir besoin de nos souffrances.

Madame et chère fille en Notre-Seigneur,

Vivez dans une grande paix; aimez comme si vous étiez une sainte; remerciez Dieu des difficultés et des peines de la vie. Prenez toujours le parti du devoir certain sur des choses d'apparence meilleure.

Faites votre examen dans le sens que vous m'indiquez : qu'il soit une orientation constante. Je n'aime pas la vivisection que vous avez trop souvent pratiquée sur votre âme.

Retenez bien ceci : que vous êtes la même aux yeux de Dieu, quelles que soient vos dispositions, vos imperfections et les fautes qui échappent. Donc, allez à Lui avec la même dilatation.

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