‹ Lettres de directionChapitre 35 sur 43 · DIX-HUITIEME SERIE · texte numérisé non relu

DIX-HUITIEME SERIE

(Sous-diaconal.) Mon cher ami,

Si je m'étais écouté, je vous aurais écrit dès la lecture de votre lettre qui me touchait vivement; mais, me trouvant presque sans forces et en face d'épreuves d'imprimerie en retard, j'ai cédé à la raison en faisant passer l'utile avant l'agréable. Je me suis libéré hier de mon travail obligatoire, et ma première lettre est pour vous.

Je remercie Dieu de ce qu'il donne en vous à la sainte Église un prêtre désintéressé et ardent, un vrai combattant qui ne tremble pas à la vue du grand nombre des ennemis et ne se décourage pas des défaites partielles. Quand on parcourt des yeux le monde actuel, on a besoin d'entendre la parole toujours vraie du Sauveur : « Ne craignez pas, petit troupeau... » Non, vous ne craignez pas, mon cher ami, cet isolement et le dédain qui est le partage des croyants; vous vous félicitez d'être du petit nombre des préservés, des appelés, par conséquent des vrais élus. Vous êtes heureux de penser que vous pourrez prouver l'amour qui remplit votre cœur pour le divin Maître et souffrir un peu pour celui qui a tant souffert pour nous. Vous aurez pour Lui un amour à la fois tendre et fort : tendre pour consoler, fort pour défendre. Cet amour que vous aurez ainsi exercé et développé durant votre préparation du séminaire vous fera pour les âmes un cœur semblable à celui de Jésus.

Votre appel ne fait aucun doute, votre donation est une

fêle. J'y assisterai par la pensée, par la prière. Ce petit mot, vous arrivant la veille, vous rappellera la promesse que vous avezs bien voulu me faire de prononcer mon nom quand vous serez sur la dalle étendu comme une victime tout abandonnée.

Si mes pauvres livres ont pu vous faire quelque bien, j'en suis complètement dédommagé par vos prières et, ce qui m'est tout à fait sensible, par l'affection que vous voulez bien me donner; croyez que sur ce terrain vous aurez fort à faire pour dépasser celui qui est heureux de se dire

Votre ami dévoué.

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