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de vos manœuvres. Il fait partir aujourd’hui trois cents sauvages et doit vous faire filer les trois bataillons qui doivent être ici sous deux à trois jours. Ils doivent se rendre en droiture à la Prairie. Je compte qu'avec ce secours nous ne devons pas craindre dans cette partie, si l'ennemi nous donne le temps de nous y rendre, Aussitôt le départ du dernier bataillon, je me mettrai en route et vous aurai bientôt rejoint. M. Le Mercier, qui vient d'acquérir beaucoup de gloire pour la façon dont il a servi dans la prise de Chouaguen, viendra avec moi et amènera ses canonniers. Nous avons pris beaucoup de vivres; mais je crains qu’on ne ‘les emporte pas toutes, ce dont je serois des plus fâchés, Voici une lettre de M. de Montcalm que je vous envoie, qui apparemment vous fait part de tout, M. de Vaudreuil compte le garder ici, afin de lui donner le temps d'écrire et de se reposer. L'on est après faire les scies que vous avez demandées pour le moulin, et on les enverra aussitôt. .
M. Bigot est parti hier avec nos dames pour Québec; je Ini ai envoyé vos lettres deux heures après son départ. Si vous m'écrivez, ne mettez ma lettre, s’il vous plaît, sous aucun couvert, parce que je la pourrois bien trouver en chemin. Je ne puis vous dire, Monsieur, le plaisir que je me fais de vous voir et de vous assurer moi-même des sentiments du plus vif et respestueux attachement que vous m'avez inspiré, J'en veux à M. de Fontbrune de m'abréger le plaisir de votre entretien; c’est un paresseux à qui je vous prie cependant de faire bien des compliments,
(Sans signature).
A Montréal, le 27 août 1756.
Je suis furieux, Monsieur, de ce que M. de Bleury
n'ait pas été jusque chez vous. Cela est entièrement
contraire à ce que vous écrivez à M. Bigot, et je suis certain qu’il en sera bien fâché. Je le suis d'autant plus, moi, que cela me prive d’avoir de vos nouvelles et de savoir votre position. M. de Montcalm est arrivé hier au soir, qui paroît avoir grande envie d'aller à Carillon. M. de Vaudreuil ne compte cependant pas ainsi, Je ne l'ai presque pas encore vu. Par la première occasion, je vous marquerai ce qu’il en sera, Le bataillon de Béarn traverse demain à la Prairie et de là à Saint-Jean pour s’embarquer pour Carillon, Je vous dirai que mon ardeur sera bien ralentie si vous n'êtes pas commandant ; j'irai avec moins de plaisir. Cependant vous serez moins occupé et beaucoup plus à votre aise, Je ne sais en outre si l’on ne m'obligera pas d’être au Portage, ce dont je serois très fâché, à moins que vous n’y fussiez, et pour lors toute place me sera excellente.
Déchirez, je vous prie, ma lettre aussitôt que vous l'aurez lue. J’aurai bien des choses à causer uvec vous lorsque je vous aurai rejoint. Je compte vous porter des provisions.
Il nous est revenu que vous aviez encore perdu deux hommes, et que vous n’aviez aucune nouvelle de la position des ennemis. Voilà des sauvages qui se
rendent, et je pense qu'il est nécessaire que vous en profitiez pour tâcher d’avoir un prisonnier qui puisse vous informer des mouvements de l’Anglois M. de Montcalm a trouvé votre tableau de défense tout au mieux, et quand bien même il iroit, il n’y changeroit rien, si je sais,
Nous n'avons rien de nouveau; je vous ai marqué ce qui s’est passé dans la prise de Chouaguen.
L'on écrit de Québec que nous avons douze vaisseaux de guerre à l’Ile-Royale qui en ont pris cinq anglois; cela n’est pas positif et a besoin de confirmation. L'on écrit aussi de l’Ile-Royale la prise du ïort Saint- ‘Philippe. Nous n'avons rien autre chose de nouveau. Je souhaite que votre santé soit très bonne et que j'aie le plaisir de vous voir bientôt bien portant, Continuezmoi toujours votre amitié, et soyez bien convaincu, je vous prie, Monsieur, que vous n’avez personne qui vous soit aussi attaché que moi. Donnez-moi, je vous supplie, de vos nouvelles par Bleury, et m'adressez la lettre sous aucun couvert, parce que, si j'étois en route, je la prendrois en passant. dJ’ai l'honneur d’être avec le plus vif et respectueux attachement, etc.
(Sans signature).
A Montréal, le 3 septembre 1756.
Voici, Monsieur, M. le marquis de Montcalm qui part. Je dois le suivre sous trois jours. Mes canots partent même aujourd'hui. Ainsi je ne pense pas que l’on puisse me retenir, n'ayant gardé ici qu’une seule chemise, ce qui me fera une raison très forte pour demander mon exeat. Je ne vous marque rieu; j'aurai l’honneur de vous voir sous peu de temps, et pour lors il n’y aura point d’obstacle, Je pense bien que l'ennemi ne viendra pas, puisqu'il ne l’a pas déjà fait et qu'il sera informé de notre monde ; mais j'aurai le plaisir d’être auprès de vous.
J'écris à d'Hert et lui marque de s'adresser à vous et de vous demander l'endroit où sera ma place, Je vous prie que ce soit le plus près de vous qu’il me sera possible, Je l’engage à me faire faire une cuisine que je paierai, et un endroit pour manger, parce que je compte tenir mon ordinaire et être en Ctat de vous présenter une bouteille de bon vin, M. de Montcalm m'ayant prêté un de ses cuisiniers.
Nous n'avons rien de nouveau que beaucoup de chansons sur la prise de Chouaguen.
Continuez-moi, je vous prie, vos bontés, et soyez bien convaincu que c'est pour moi un plaisir bien sensible que d’aller où vous êtes, et de me trouver à portée de vous réitérer les sentiments du vif et respectueux attachement avec lequel j'ai l'honneur d’être, etc.
A Montréal, le 2 octobre 1756.
Si j'étois plus éloquent, mon cher général, je m’étendrois en remerciements sur toutes les marques d'amitié que vous m'avez données pendant mon séjour à Carillon. Mais je ne trouve pas de termes assez énergiques pour en exprimer toute la reconnoïissance dont je me sens rempli. J’aurois une parfaite satisfaction si je pouvois me flatter de vous convaincre de l'attachement vif et respectueux que je vous ai voué dès les premiers instants que j'ai eu l'honneur de vous connottre, et je voudrois, pour vous le persuader, que vous vissiez la facon dont j'en écris à ma femme. Je suis persuadé qu’elle en sera jalouse, quoiqu’elle partage avec moi mes sentiments pour vous,
J'ai écrit un mot, en débarquant de mon bateau, à M. de Montcalm pour lui rendre compte du chargement de Bleury. Je lui faisois part des nouvelles que j'ai trouvées à Saint-Jean, en le priant de vous les communiquer. Je n’ai rien su de plus qu’un traité de neutralité avec la Hollande, et que l'Espagne avoit trente-deux gros vaisseaux de guerre et quinze mille hommes d'augmentation dans ses troupes prêtes à nous donner ; que le Port-Mahon, du moins le fort Saint- Philippe, n’étoit pas encore pris, mais réduit à la dernière extrémité, et que le maréchal de Richelieu comptoit, avec les Espagnols et après la prise de ce fort, aller faire le siège de Gibraltar; que nous étions prêts aussi