LETTRES DU CHEVALIER LE MERCIER
AU
A Mocntréal, le 30 juillet 1758.
Je profite du retour de mes canonniers pour vous faire mes remerciements de toutes les bontés que vous avez eues pour moi, Je vous en demande, Monsieur, la continuation; je la mérite assurément par l’attachement que je vous ai voué.
M. Péan m'a remis une lettre pour vous; je recommande à mon sergent de ne la donner qu'à vous, M. de Vaudreuil n’a point ignoré tous les propos qui se sont tenus; mais je me flatte qu’il ne fera point éclater son ressentiment, Vous me ferez grand plaisir de faire mention de moi au ministre de la marine, lorsque vous lui écrirez; je lui marquerai m'en flatter, Vous apprendrez les nouvelles que nous avons de l’Ile-Royale, qui me font bien augurer.
Je suis avec un très respectueux attachement, etc.
i * Le chevalier François Le Mercier était capitaine d'artilerie, 4
A Montréal, le 7 août 1754,
J’ai reçu la lettre que vous m'avez fait l’honneur de m'écrire le 31 juillet. Je vous fais mes remerciements des lettres que vous avez bien voulu me renvoyer. Quand bien même, Monsieur, vous auriez lu la lettre que vous avez décachetée, je n’en aurois pas la moindre inquiétude, n’ayant rien de caché pour vous,
Je descends à Québec pour arrêter les états de demande d'artillerie et les faire partir par la frégate du sieur Canon, qui mettra à la voile à peu près dans le
-temps que vous recevrez celle-ci. M. Péan passe dedans, afin d’être à tempsaux eaux. Je compte ne pas faire un long séjour à Québec, afin d’être à même d'aller vous rejoindre, si j’apprenois que les Anglois fissent une nouvelle tentative ; c’est le sentiment de quelques prisonniers, Nous avons eu des nouvelles de la Belle-Rivière du 18 juillet; on me marque qu’il n’y avoit pas d’apparence que les Anglois dussent aller les attaquer, Il y a dix jours que M. de Longueuil est parti du fort Frontenac pour aller aux Cinq-Nations ; on ne tardera pas à en avoir des nouvelles,
J'aurai soin de vous faire part de tout ce qui viendra à ma connoissance, Continuez-moi, je vous supplie, la continuation de votre amitié; donnez-moi quelquefois des nouvelles de votre santé, à laquelle je m'intéresse bien sincèrement, Pénisseault, qui va dans vos quartiers, vous donnera des nouvelles de Madame ; elle se porte bien,
M“ Le Mercier me charge de vous faire ses compliments; elle descend faire un tour à Québes, Je suis avec un très respectueux attachement, etc.
A Montréal, le 22 septembre 1758.
J'ai reçu celle dont vous m'avez honoré le 18. J'avois déjà eu l'honneur de vous marquer le chagrin qu'avoit M. de Vaudreuil de ne pouvoir pas effectuer ses projets, lorsqu'il fut question de vous confier un commandement; il m'en paroît aussi fâché qu'il désire sincèrement une occasion de vous convaincre de sa confiance et de la justice qu’il vous rend, l’'our moi, en mon particulier, je suis mortifié de n'avoir pu faire une campagne sous vos ordres. Je suis ingénieux à me flatter, et je suis persuadé cependant que j'aurai ce plaisir.
M. de Vaudreuil paroît trop craindre maintenant à la partie de Carillon pour oser vous en rappeler. Aussitôt que je verrai l'ennemi s'approcher du Lace, je me rendrai en diligence pour être de la fête. Je ne le désire que pour avoir plus tôt le plaisir de vous voir et de vous réitérer l'attachement respectueux avec lequel
je suis, etc. :