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employé ces hommes à se bâtir; après quoi, il les a renvoyés sans que nous ayons pu avoir une seule planche, Il a demandé depuis une vingtaine d'hommes, à la tête desquels étoient nos deux meilleurs menuisiers ; nous n'avons pas été d'humeur de les relâcher. Nous avons toujours été .la dupe de l'Eglise ; c'est à nous à nous tenir sur nos gardes pour ne pas nous laisser séduire,
Malgré la plus grande attentiun que je donne pour qu'il n’y ait que les véritablement malades qui partent, il ne se peut faire autrement qu’il n’y en ait beaucoup; peu de la troupe; les Canadiens sont plus sujets aux maladies, soit par le peu de vêtements ou le peu de nourriture qu'ils ont, Desandrouins est inconsolable de la chute de ses deux cheminées ; je crains qu'il n’en tombe malade. Du depuis il ne boit ni ne mange. Il avoit, dit-il, espoir de voir les deux autres bâtiments achevés, et actuellement il le perd. Malgré les froids, si la pluie nous laisse tranquilles, je ferai en sorte pendant que vous nous laisserez ici, de le remettre de sa frayeur. Il s'attend que vous lui procurerez Louvicourt ; il fait grand fond sur lui et seroit, dit-il, fort embarrassé sans son secours, Je ne pense pas qu’on puisse faire un meilleur choix pour commander ici. Il a les intérêts du Roi plus à cœur que les siens, qu’il néglige, et d’ailleurs les ouvrages iront leur train.
J'ai l'honneur d’être avec autant d’attachement que de respect, etc.
Nouvelle sauvage
Par un collier aux sauvages de la Présentation de la part de Johnson, arrivé le 22 octobre 1759 :
“ Je vous remercie, mes frères les gens de la Présentation, de ce que vous m'avez fait dire que vous ne feriez plus usage du casse-tête d’Ononthio. Vous, mes frères du Sault et du Lac, vous savez que je vous aime, Je vous le fais dire toutes les fois que j'en ai occasion. Je suis flatté que vous vous retiriez dans les terres pour chasser. Ne vous mêlez plus de notre querelle avec le François ; chassez paisiblement, et venez traiter avec moi ce printemps.
“ Je n'ai pas été à la Présentation cette année, parce que le chef qui m'a envoyé prendre Niagara ne m'en a pas donné l'ordre après le retour de mon expédition; mais, ce printemps, j'irai sans faute, Anonouarogon dit aussi qu’il sera de la partie et qu’il renversera les bois pourris qu'Ononthio a mis l’un sur l’autre ”.
Par six branches de porcelaine de la part des Onontagués : “ Mes neveux, ne vous trompez pas. Souvenezvous de la promesse que vous nous avez faite de revenir à votre village avant peu ”.
C'est M. de Mézières qui a reçu ces paroles à la Présentation le 22 octobre.
Au fort Lévis, le 31 octobre 1759.
Les ouvrages de votre fort se ressentent furieusement de la rigueur de la saison : notre maçonne, surtout les deux cheminées tombées, fait que les ouvriers y mettent plus d'attention et de temps. M. Desandrouins ne remplace que par une simple les deux qui ont écroulé; il fera de ces quatre chambres, un hôpital, un corps de garde et une salle d'armes, Nous avons fait transporter de la Présentation ici le bâtiment entier où étoit la chapelle, on en fera la forge. Notre poudrière n'est pas encore achevée, Notre maître charpentier, qui nous étoit absolument nécessaire, est tombé dangereusement malade, et, malgré cela, part pour joindre son bord la Marie, S'il ne repassoit pas en France, il seroit bien nécessaire dans ce poste pendant l'hiver. Notre troupe est toute nue et ne peut pas travailler avec la même vigueur qu'elle le feroit s’il ne faisoit pas froid, J'ai écrit à M. le chevalier de La Corne pour voir si on pourroit lui faire donner, en payant, des mitaines, lui représentant en même temps que tout le monde en demandera, s’il les accorde,
11 seroit bien à souhaiter que tous les ouvriers, principalement les forgerons et menuisiers, fussent ici sous nos yeux, Ceux qui sont hors d'ici, de ces derniers, ne font rien pour le Roi; ils s'amusent à faire des carrioles, m'a-t-on dit, des traînes, des caves, des cages à poules, des colliers de trait, des coffres, et les forgerons mettent le temps et le fer à tous ces ouvrages,
Je vous serois bien obligé, pour ma satisfaction particulière, mon général, et pour des raisons que j'aurai l'honneur de vous dire, d'envoyer quelqu'un au-devant de nous à Lachine, pour visiter tout ce qui descendra d'ici, soit coffres, soit caves, soit ballots, Comme c’est ici et sous mes yeux que s’est distribuée l’eau-de-vie, je voudrois faire voir que ni moi ni les miens n’en emportons pas, du moins de mon consentement, et nous nous mettrions par là à l'abri de tout soupçon; du moins le public verroit notre droiture, J'ai prié M. le chevalier de La Corne de faire visiter chez lui tout ce qui descendroit ici avant le temps; je remettrai au magasin le baril d'eau-de-vie tel qu'il étoit quand vous eûtes la bonté de me le donner, n’en ayant fait aucun usage, et en tirerai le reçu. Je sais que, dans mon détachement, personne n’en avoit que M. de Poirot, qui en portoit un baril de deux ou trois pots, Ce que nous pourrions avoir de surplus ne seroit que monopole fait à mon insu et prêchant tous les jours contre. Ainsi, mon général, ce sera une dernière marque de bonté que je recevrai de vous, si vous accordez cette visite à mon détachement. On ne peut pas croire ici qu’on puisse avoir la manutention, sans rendre compte, de quelque chose de prix et qu'on puisse en tirer un gros profit.
M. Desandrouins ne respire qu'après Louvicourt, et en vérité il lui faut un quelqu'un sur lequel il puisse se reposer, pour partager taut de besogne comme il en aura, Je le plains d'avance, s’il n’est pas secondé par quelque François de France. Il compte sur six à sept cents pièces de blindage rendues ou à rendre incessam-
ment ici, Pour le bois de. chauffage, on compte lui en laisser à peu près cinq cents cordes de coupées, soit à l'île Catherine, soit dans les environs.
Je ne cesserai point de vous prier de m'employer cet hiver, s'il y a quelque détachement en campagne. Il ne faudroit pas qu'il fût dit qu’un commandant de volontaires n’a fait que piocher la terre, tandis que toutes les troupes de l’armée de Québec ont été écrasées,
J'ai l'honneur d’être avec autant d'attachement que de respect, etc.
LETTRES DE M. DESANDROUINS *
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Au fort Lévis, le 30 octobre 1759,
La neige tombe et nos travaux ne sont pas finis à beaucoup près. Nous avons encore à faire les deux corps de logis servant de logements aux officiers, comman-
dants et garde-magasins, etc., dont aucune pièce n’est encore arrivée, et qui ne sont pas même taillés entièrement ni équarris. Il nous est arrivé aujourd’hui un bâtiment de la Présentation où étoit la chapelle, que nous allons monter le plus promptement qu'il sera
* Le capitaine Jean-Nicolas Desandrouins était officier du énie. Promu plus tard au grade de maréchal de camp, il a Vaissé de précieux Mémoires sur la guerre du Canada et sur la guerre de l'indépendance américaine, à laquelle il prit part quelques années après. Le général de Lévis disait de lui en le recommandant au ministre: ‘ Cet officier sert avec le lus grand zèle et application qu’il soit possible ; plein de Pouné volonté et de courage ”. — Lettres de Lévis, p. 425.
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possible. Il est destiné pour les forges, l’armurerie et logement des forgerons. Le second corps de casernes est presque couvert et les planchers en sont au tiers commencés. Des deux cheminées doubles qui sont tombées dans ce logis, j'ai cru qu’on pouvoit se dispenser absolument de ne relever qu’une simple, Dans la chambre où elle se trouve, on fera la cuisine de l'hôpital, qui sera l’une des trois autres chambres, le corps de garde dans la suivante et la salle d'armes dans la dernière,
Il ne manque à notre magasin à poudre pour être à la perfection que le plancher, les portes et une couverture de madriers posés sur quatre ou cinq pouces de terre bien battue, pour empêcher les flammèches de passer entre les pièces de chêne dont il est fait. Toutes les pièces d'artillerie de l’armée, hormis celles des jacobites et des barques, sont ici assises sur des chantiers, ne pouvant être mises en batterie que les casemates ou blindages ne soient faits en manière de galerie. C’est ce qui sera notre plus considérable ouvrage de cet hiver. Je ne puis me promettre cependant d’avoir assez de pièces pour faire régner cette galerie tout autour du fort; mais, si l'ennemi arrivoit auparavant qu’elle ne fût achevée, la charpente des bâtiments pourroit servir : élever promptement des plates-formes.
Nous craignons avec raison de manquer de planches et de madriers; le moulin de la Présentation n’en a pas une seule d'avance, et nous n’en avons ici que ce qu’il faut pour la couverture et les deux tiers du plancher du second corps des casernes, Ce qu’on pourra tirer des bâtiments de l’Ile-aux-Galops et de la Présentation sera de peu de service, et on sera bien exposé à la pluie et à
tous les vents qui passeront au travers des planchers. S'il étoit possible que le moulin de Saint-Régis pût fournir la charge d’une vingtaine de bateaux, nous pourrions espérer de rendre nos bâtiments logeables avant les grands froids. Mais, selon la dernière lettre du P. Gourdon, nous ne devons plus y compter.
Les cheminées des deux grands corps de logis qui nous restent à élever sont à moitié faites; celles des forges n'ont encore pu être commencées,
Nous avons planté quelques palissades en avant de nos retranchements ; mais tous les hommes de notre tle étant employés à des travaux plus pressés, et les eaux ayant inondé presque tout notre fossé, quoique peu profond, nous désespérons de les pouvoir planter toutes, quoique rendues sur le lieu.
On nous fait espérer cinq cents cordes de bois coupées dans l’île Catherine ou à la terre du nord en divers endroits, Je ne sais comment fera la garnison pour n’en pas manquer, puisque dès à présent nous avons plusieurs jours de gros vents où nous ne pouvons envoyer ni à la pierre ni au mortier.
Les barques avoient reçu ordre de M. le chevalier de La Corne de faire un voyage à Frontenac, pour aller y chercher l'artillerie avariée qui y est encore; mais les vents de sud ne leur ont pas permis d'exécuter cet ordre, et je pense qu’elles vont désarmer,
Si malheureusement l’armée part avant nos bâtiments achevés, nous n'avons pas à espérer de les achever; car aucun ouvrier, de telle espèce qu’il soit, ne pourra être contenu, et tous partiront ou feront les malades, Personne d’entre eux ne veut hiverner.
J'ose vous prier encore, Monsieur, d’avoir égard aux
demandes que j'ai eues l'honneur de vous faire dans ma dernière lettre ; surtout daignez vous souvenir que l'article le plus essentiel pour moi est Louvicourt. J’ajouterai cette dernière marque de bonté à tant d’autres que vous m'avez prodiguées, pour en conserver une reconnoissance éternelle.
Je suis avec un très profond respect, etc.
Au fort Lévis, le 5 novembre 1759.
Bientôt je me trouverai chargé du commandement du fort qui porte votre non, et j'en suis d'autant plus flatté que c'est vous, Monsieur, qui avez eu la bonté de jeter les yeux sur moi. Je ferai tous mes efforts pour ne rien faire au-dessous de la bonne opinion que vous avez bien voulu donner de moi, et pour l'accélération de tout ce qui peut tendre à la perfection de ce poste.
\ Oserois-je vous réitérer encore, Monsieur, la demande que j'ai eue l'honneur de vous faire de M. de Louvicourt? Il me paroît de la dernière conséquence de l'envoyer ici; nulle autre part l'artillerie n'est en si mauvais ordre. Nous avons plusieurs pièces étoupillonnées ; les affûts ont besoin de grandes réparations ; d’ailleurs, il me servira d’un grand secours dans tous les
travaux qui me restent.
compte de la situation actuelle du fort, Nous avons deux corps de logis à élever, dont la charpente sera demain rendue ici. Les planches nous manquant, M. le chevalier de La Corne a jugé qu’on feroit Lien de prendre celles des bâtiments de la Présentation et de l’Ile-aux- Galops, de sorte que, hors les logements nécessaires à M. de Céloron et à trente hommes qui resteront avec lui jusqu’à la fin de décembre, le moulin pourra aller, tout le reste sera enlevé; et l’Ile-aux-Galops étant encore pourvue de presque tous les effets, on sera obligé d’y laisser un officier et cinquante hommes, jusqu’à ce que nous puissions tout recevoir ici; après quoi, nous ferons usage des planches et bâtiments indispensables et nous conserverons le reste.
Je suis avec un très profond respect, etc.
DESANDROUINS,
P.S.— Il ne m'est resté que trois soldats du détachement de M. de Beauclair, dont un est macon et descendra bientôt; un autre est le nommé Laborde, soldat de Béarn, bon sujet, que je garde pour piqueur, à condition toutefois que vous l’approuverez et que cela ne lui fasse pas tort pour être sergent, sans quoi il pourra partir par les derniers bateaux.
M. de Beauclair s’est chargé, Monsieur, de vous rendre
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