COPIE DE LA LETTRE ÉCRITE PAR M. BERNIER AU GÉNÉRAL ANGLOIS
J'ai l'honneur d'adresser ci-joint à Votre Excellence la lettre qui m'est arrivée aujourd'hui de M. le chevalier de Lévis.
Elle verra que le chirurgien pris en dernier lieu n’est pas dans le cas d'être regardé comme un prisonnier illégal, mais comme un sujet rendu aux siens et qui a recouvré sa liberté,
Votre Excellence y remarquera aussi qu’il ne dépend pas de mes représentations que les officiers envoyés de
M. le général Ambherst ne soient remis au plus tôt dans vos mains, comme une compensation de ce qu’ils ont pu souffrir pour s'être chargés d’une mission peu sortable à des personnes de leur grade et de leur naissance, et quelle qu’en puisse être l’aigreur qui leur reste dans l'âme,
Mais si ces messieurs pensent bien, ils doivent savoir qu’il y a des crimes politiques que les personnes en place doivent punir malgré elles; et, abstraction faite de toute politique personnelle, malheureusement, et peut-être innocemment, ils en ont été un exemple.
Je ne crains point de m'expliquer ainsi; je sais que je parle à un général instruit et éclairé, et je ferai toujours consister le principal objet de ma inission dans la recherche des moyens les plus propres à produire des procédés humains, agréables et réciproques.
J'ai l’honneur d’être, etc.
A M. DE BOUGAINVILLE
21 octobre 1759.
Pour profiter du retour du courrier qui m'a apporté les dépêches de nos généraux, celle-ci sera commune ; d'autant plus qu’ils ont la bonté d'approuver cet arrangement.
Te me sis rendu chez M. Monckton avec la lettre de M. le marquis de Vaudreuil. Je ne l'ai pas trouvé
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de l'humeur de la dernière fois; il m'a même paru assez satisfait de cette lettre, et sa satisfaction sembloit dépendre de l'assurance qu'il vouloit que je lui donnasse que les envoyés de M. Ambherst n’étoient plus dans les vaisseaux et qu’on avoit pour eux les égards convenables.
Toute affaire d'échange est hors de tapis. Chacun gardera ses prisonniers, et il n’est point persuadé que M. le marquis de Vaudreuil veuille faire un échange avec M. Amherst ; il regarde cela comme une défaite,
Si j'ai pu démêler ses vues, il auroit voulu avoir l'avantage d'échanger les envoyés de M. Amherst, les rendre lui-même à ce général et envoyer le surplus de ses prisonniers en Angleterre, Dans un pays où tout s’imprime, une action ne sonne qu’en raison des tués et des prisonniers,
En conséquence, il a ordonné pour demain l’embarquement de MM. de Tourville, Deschambault, de Léry, La Chevrotière et de MM. de Saint-Félix et de Crèvecœur, non comme prisonniers. Il laisse indécis, jusqu'à nouvel ordre, le sort de MM. de Léry et d'Herbin, comme étant mariés, celui de M. de Bellecombe, en considération d’un article d’une lettre de M. de Lévis que je lui ai montré, et de l'appui qu'y a donné M. le colonel Young; pareillement celui de M. de Privat, pour avoir dit trop promptement qu'il n’étoit pas dans le cas de ceux du 13, et il croit à présent qu’il faut qu'il soit compris dans le sort de la garnison. Le temps apprendra ce à quoi il se déterminera.
C’est un mystère où ces officiers qui seront embarqués, doivent être transportés. J'ai oui dire que tous
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