LETTRE DU PRINCE DE SOUBISE
AU
A Erfurt, le 4 septembre 1757,
J'ai reçu avec bien du plaisir, Monsieur, la lettre que vous m'avez fait l'honneur de m'écrire à Montréal le 24 avril dernier, On ne peut être plus sensible que je le suis à cette marque de votre amitié, Je vous rends grâces des nouvelles que vous voulez bien me donner du pays que vous habitez, et je serai fort aise d'apprendre vos succès, Vous aurez sans doute appris par d’autre voie que Sa Majcsté m'a tiré de la Westphalie où j'étois, pour me|donner le commandement d’une de ses armées qui s’assemble ici et qui doit opérer de concert avec une armée de l’Empire qui s’y assemble aussi, Vous êtes sûrement instruit aussi des avantages que M. le maréchal d’Estrées a remportés sur les Hanovriens auprès du Weser le 26 juillet dernier.
M. le maréchal de Richelieu, qui a actuellement le commandement de cette armée, suit de près M. le duc de Cumberland et pourroit bien le joindre encore avaut
la fin de cette campagne. Vous me ferez un vrai plaisir de me donner de vos nouvelles ; vous savez combien je m'intéresse à tout ce qui vous regarde, Je vous prie d’être toujours bien persuadé qu'on ne peut rien ajouter aux sentiments sincères et distingués avec lesquels j'ai l'honneur d’être, Monsieur, votre très humble et très obéissant serviteur.
CHARLES DE ROHAN, Prince de Soubise.