‹ Lettres de Eugène Delacroix (volume 2)Chapitre 110 sur 141 · A M. ZACHARIE ASTRUC · texte numérisé non relu

A M. ZACHARIE ASTRUC

Ce 27 juin 1859.

Monsieur, veuillez agréer l'expression de ma vive reconnaissance pour la manière dont vous avez rendu compte de mon exposition. Je suis confus de l'excès de vos éloges et j'y vois une bienveillante partialité qui d'ailleurs me touche beaucoup. Quelques critiques ont trouvé mon envoi peu important et la taille de mes tableaux n'a pas trouvé grâce devant eux : heureux encore s'ils ne m'avaient reproché que leur exiguïté. Vous avez bien voulu, Monsieur, ne pas les juger la toise à la main, et les défauts que j'y reconnais malheureusement moi-même ne vous ont pas empêché de les examiner avec intérêt.

Agréez, etc.

Je serais bien heureux que vous voulussiez bien m'envoyer votre intéressant recueil : je serais particulièrement flatté d'y trouver vos articles sur le Salon.

Les articles publiés dans le Quart d'heure, Galette des gens à demi sérieux, et que M. Delacroix désirait recevoir, furent réunis (août 1859) en un volume in-12, aujourd'hui recherché. Il porte ce titre : Les Quatorze Stations du Salon, — 185g, — suivies d'un récit douloureux. Poulet-Malassis et de Broise (éditeurs). George Sand envoya de Nohant une préface. M. Zacharie Astruc dessina lui-même sur la couverture la charge du cri-

tique au Salon, un aveugle conduit par un chien, tâtonnant le plancher avec une plume en guise de bâton. M. Carolus Duran grava une eau-forte.

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