‹ Lettres de Eugène Delacroix (volume 2)Chapitre 120 sur 141 · CERTIFICAT · texte numérisé non relu

CERTIFICAT

Ce 9 mars 1861.

Monsieur Mabille m'a présenté une petite esquisse de mon tableau des Femmes d'QÂlger. Je n'en suis nullement fauteur et je trouve même la reproduction peu exacte.

Eu g. Delacroix.

A M. DE VALERNE.

Ce 25 mars 1861 ou 62.

Monsieur,

Je n'ai pu être utile au jury ni à vous, ni à beaucoup d'autres personnes auxquelles je portais intérêt. J'ai dû m'abstenir d'y paraître à cause de ma santé qui a été mauvaise tout cet hiver. Je ne puis parler un quart d'heure sans fatigue. Je me voyais en passe de me trouver six heures

par jour dans des salles froides et discutant avec des juges qui passent pour avoir été très-sévères. Ce sont au reste les mêmes qui m'ont refusé pendant vingt-cinq ans. Vous jugez qu'il m'eût été difficile de ne pas me livrer à mon émotion.

Ce que vous m'annoncez d'une révision me semble impossible. On faisait effectivement une révision dans les jurys précédents; mais c'était le jour même où les tableaux avaient été jugés. Je ne peux me figurer ce que doit être un travail de révision complet sur l'ensemble des tableaux refusés. Cela équivaut presque à un jugement nouveau. Il va sans dire que même dans le cas où cette révision aurait lieu en effet, je n'aurais point qualité pour m'y trouver, ayant décliné ma responsabilité dans le jugement précédent.

Je suis très-affligéde votre refus. Je sais par une longue et très-dure expérience ce que de semblables épreuves donnent d'impatience et de chagrin. Veuillez recevoir l'expression de mon sincère regret et celle de mes sentiments très-affectionnés.

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