A M. SAINTE-BEUVE
Champrosay, par Draveil (Scinc-et-Oise), ce 12 août 1862.
Cher monsieur,
Que je vous remercie du plaisir que m'a causé le souvenir si flatteur que vous me donnez dans votre excellent article sur ce brave Delescluse, auquel vous faites trop d'honneur en le touchant de votre plume délicate ! Je suis tout seul à la campagne, où je m'étais fait envoyer le Constitutionnel, pensant que c'était un journal comme un autre; et voilà qu'il m'arrive tous les lundis une nourriture spirituelle et l'occasion d'un plaisir exquis. Ne vous lassez point, cher et ancien compagnon de guerre : continuez vigoureusement à prouver (et j'en serai charmé pour ma part) qu'on peut être romantique et avoir du bon sens et de l'élévation.
Je vous serre la main avec une véritable reconnaissance,
Eue Delacroix.
Ce billet fut écrit à Sainte-Beuve, après la lecture dans le Constitutionnel du premier des articles sur Etienne-Jean Delescluze. Cette charge à fond sur le critique qui fut l'implacable ennemi du romantisme a été réimprimée dans les Nouveaux lundis.
186a. — A M. ALEXANDRE COLIN. 365