A M. THORE. iJ
pour votre travail. J'ai été continuellement obligé de me déranger pour montrer à quelques amis cette nouvelle besogne, que je ne pourrai vous donner que demain ou après-demain, du factum en question. Dites-moi si le Constitutionnel voudrait en charger ses colonnes en mettant, par exemple, en note : « Cette explication communiquée par l'auteur de peintures, etc., etc., etc.. »
Je vous donnerai en même temps le pastel pour votre Société. J'ai essayé de faire YoAltila, qui m'a ennuyé et que j'ai senti que je ne réussirais pas. J'ai fait au lieu de cela un des sujets des pendentifs : Lycurgue consultant la Pythie.
Recevez mes amitiés bien dévouées.
Eue Delacroix.
Mon cher ami, je vous envoie la notice sur mes peintures. Je joins quelques billets pour la Chambre ; pour quelques amis quand vous en rencontrerez.
Écrivez à votre homme pour le pastel * de venir le prendre pour le fixer, afin d'avoir le temps de le coller dans l'album. Le matin plutôt.
Mille amitiés et dévouements.
Eue. Delacroix.
Ce dimanche.
Dites à Merruau de m'envoyer un numéro du Constitutionnel quand ce sera imprimé.
Je voudrais bien revoir l'épreuve auparavant.
i. Note de T. Thoré. J'avais obtenu de lui un pastel pour un album, de la Société des gens de lettres.
ij8 LETTRES DE DELACROIX.
A M. THORE
Mon cher ami, il m'est bien difficile de me trouver samedi à la Chambre des pairs. Puisque vous ne pouvez vendredi, pourriez-vous arranger cela pour jeudi, à l'heure que vous voudrez? Vous m'obligeriez beaucoup, car je voudrais bien m'y trouver en même temps que vous; nous prendrions jour aussi pour aller à mon autre travail.
Reecvez mes amitiés bien sincères.
Eu g. Delacroix.
Ce mardi matin.
A M. THORE
Mon cher ami, je n'ai su qu'avant-hier que votre article avait paru et je ne l'ai lu qu'hier : je n'ai pas besoin de vous dire que j'en suis très-heureux et que vous y êtes bien aimable pour moi. Recevez-en mes remerciements bien sincères. Votre distinction des qualités qui conviennent à la peinture et à la poésie est très-juste et ne peut jamais être fourrée assez avant dans l'intelligence du public. On nous juge toujours avec des idées de littérateurs, et ce sont celles qu'on a la sottise de nous demander. Je voudrais bien qu'il soit aussi vrai que vous le dites que je n'ai que des idées de peintre : je n'en demande pas davantage.
Recevez mes amitiés dévouées.
Eue Dklacroix.
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184 • — A M. THORE. 159
Nous ne savons à quels travaux fait allusion cette lettre, qui n'est pas datée. Nous en donnons un brouillon en fac-similé. Delacroix fit toujours grand cas de la critique de Thoré.
A M. THORÉ
a l'administration de l'alliance des arts, rue montmartre, i 7 h.
Mon cher monsieur, j'ai été absent de Paris dernièrement et n'ai pas eu connaissance tout de suite du dernier article que vous avez publié à mon sujet. Recevez-en mes tardifs, mais bien sincères remerciements. Y a-t-il donc véritablement dans les arts des langages si difficiles à comprendre que le plus grand nombre n'arrive jamais à y voir clair? Faut-il absolument être d'une certaine façon sous peine de n'être pas du tout? Jem'apperçois (sic) depuis plus de vingt ans que c'est là l'alternative au milieu de laquelle je suis ballotté. Je ne me croyais pas si indéchiffrable et dois savoir double gré à ceux que mes énigmes ne rebutent pas. Après tant de tentatives, je me borne à souhaiter uniquement que la froideur du plus grand nombre n'arrive pas à gagner aussi le petit nombre de gens de goût dont vous parlez et qui finissent souvent par établir les réputations.
Adieu, cher monsieur, recevez de nouveau toute l'expression de ma reconnaissance et de mon sincère dévouement.
Eue Delacroix.
Ce i+ avril.
A M. THORE