‹ Lettres de Eugène DelacroixChapitre 50 sur 86 · RUE TAITBOUT, N · texte numérisé non relu

RUE TAITBOUT, N

Ce 2 mars 1837.

Mon cher monsieur,

Je suis aussi confus que reconnaissant de l’article que vous avez fait sur moi dans le Siècle . Je crois que je suis un peu de l’avis de l’estimable Buloz. Ma vanité et ma prude modestie se livrent un combat, et au fond je cherche à être de votre avis.

Croyez cependant que ce que vous dites de plus vrai est ce qui concerne cette ardeur inquiète qui m’entraîne toujours vers cette région que je n’atteindrai jamais ; au commencement d’un travail, l’imagination s’exalte et vous promet tout autre chose que ce qu’elle réalise. On ne peut donc quand on a fini que jetter (sic) un coup d’œil de regret sur cet informe composé de bien et de mauvais qu’on appelle la production d’un artiste. C’est donc peut-être une faiblesse plutôt qu’une vertu, que ce vague désir qui nous porte à passer outre quand on a traversé une province, et à craindre en revenant sur ses pas de remettre le pied dans les mêmes traces.

Vous me parlez d’un autre article où vous parlez de mes peintures du palais Bourbon. Serezvous assez bon pour m’indiquer où je pourrais le trouver?

Au plaisir de vous voir encore une fois, et de vous exprimer de vive voix le plaisir que vous m’avez fait.

Eug. Delacroix.

L’article de Th. Thoré avait été présenté à la Revue des Deux-Mondes et refusé par M. Buloz, comme trop louangeur.

A M. GAULTRON

Mon cher ami,

Mmc de F... n’ira probablement pas aux Français, parce qu'il a été impossible de joindre Dumas pour avoir un mot de sa main qui était nécessaire pour retirer les coupons. De sorte que je ne sais comment elle s’en tirera. Moi qui avais une place dans sa loge,

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