A CELLE QUI N'EST PLUS ELLE
Hôpital.. ., Paris, 4™ mars 1915.
« Par amour pour la Morte, il ne faut pas mourir, » 0 Femme, dites-vous ! — Pas mourir, Elle, morte ! Vivre de Son Souvenir Traînant ma vie à pleurer, à souffrir, Brisé de gloire et de douleur! Vivre! — Qu'importe
tfn
Voilà le premier cri de mon cœur révolté ! Et puis tout mon chagrin se concentre en mon âme : Son Souvenir est ma clarté !
Mon amour, ma douleur sont ma fierté.
Et Morte, à ma façon, je L'aime encor, Madame !
Je juge mal sans doute en cet affreux moment ! — Etant comme une feuille au gré de la tempête — L'ardeur de votre dévouement :
Votre lettre m'irrite en me calmant !
Oh ! Je voudrais dormir, —dormir comme une bête !
Merci pour vos conseils : je vivrai mutilé, Pour mon Pays, pour mon amour, pour ma vengeance ! Oui, merci pour votre amitié :
Tout sentiment ne peut qu'être pitié, Maisle temps, — mieux que tout — apaise la souffrance.
PATRIE
l'ATHIK