‹ Lettres de guerre, 1914-1915Chapitre 7 sur 14 · LETTKES DE GU ERH K · texte numérisé non relu

LETTKES DE GU ERH K

Ton image, sous mes paupières abaissées

Où ne pourront plus naître un sourire ou des pleurs,

Ton image, seul but de toutes mes pensées,

Sera pour moi le jour, le soleil et les fleurs !

Oh I Je la garde en moi comme un dieu, ton image . Le nimbe d'or léger de tes cheveux si blonds, L'ovale souriant que formait ton visage Et tes yeux bleus ombrés si câlinement longs !

Jamais plus, jamais plus, ô chères effigies Je ne vous verrai vivre autrement que dans moi ! Je vous devinerai sous mes mains amaigries : Çe sera toujours Toi sans être vraiment Toi.

SOUFFRANCE

Et puis, soudainement, me mord ce doute atroce : Si ton amour, avec mes yeux, était perdu? L'amour est quelquefois si cruel, si féroce ! Et mon cœur se torture en ce doute éperdu.

Et c'est alors, crois-moi, que pire est la souffrance, Car tu vas me répondre, — et je ne verrai rien, Ni les mots de tourment, ni les mots d'espérance Et j'interpréterai, sans comprendre très bien :

Je ne puis, pour l'instant, rien faire par moi-même On me lira ta lettre. — Ecris donc clairement ; Et, si tu ne peux plus m'aimer comme je t'aime, Trace-le sans frémir. Réponds brutalement.

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