‹ Lettres de guerre (Août 1914-Avril 1916);Chapitre 10 sur 62 · NOTICE BIOGRAPHIQUE. XV · texte numérisé non relu

NOTICE BIOGRAPHIQUE. XV

S apercevoir soudain, avec une surprise injustifiée, qu'il n'était en rien frivole et que, par exemple, des divertissements comme ceux du théâtre n'exerçaient sur lui aucun attrait ; il n'était cependant pas nécessaire d'avoir pénétré très avant dans son intimité pour discerner ~que son âme rendait surtout un son grave et qu'ail y avait dans son être une inclination naturelle à l'austérité.

Mais il connut et il savourait la détente des tendresses et des amitiés. Il chérissait les siens : profondément atteint, en 1905, par la mort de son père, il fut depuis lors pour sa mère le plus affectueux et vigilant soutierf, comme il le devait être de loin, après juillet 1914, pour sa sœur, privée à la veille de la guerre, par un veuvage prématuré, de l'appui d'un mari très cher auquel Maurice Masson avait voué lui-même une fraternelle affection. Un amour partagé avait de bonne heure embelh et comme équilibré sa vie, en mettant dans ses diverses tendances' intérieures une harmonie qu'il n'avait peut-être pas jusque-là pleinement réaUsée. Il avait su se montrer dans la nouvelle famille où son mariage l'avait fait entrer en 1906 aussi délicatement fils et frère que dans la sienne propre. Enfin, dès son adolescence, au collège Saint- Sigisbert, de Nancy, puis à l'École normale et ensuite à Fribourg, il avait noué des amitiés dont seuls peuvent deviner ce qu'elles devaient être pour ce cœur viril 3t tendre ceux qui ont senti, au déchirement qu'a fait dans le leur la rupture du Hen terrestre, ce qu'elles étaient pour eux. Il vivait par la sensibihté plus encore que par l'intelhgence. Il aimait aussi les saines fatigues de la vie au grand air ; sa carrière ne lui permettait pas de s'en imposer beaucoup ; mais il n'aurait pas sacrifié volontiers les bonnes heures de marche qu'il faisait chaque semaine à travers les champs et les bois, et, si ce fut là, avec un peu d'équitation, presque toute sa préparation physique à la guerre, sa résistance aux rigueurs

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