‹ Lettres de guerre (Août 1914-Avril 1916);Chapitre 9 sur 62 · XIV NOTICE BIOGRAPHIQUE · texte numérisé non relu

XIV NOTICE BIOGRAPHIQUE

réception brillante au concours d'agrégation, a entrer à l'École française d'Athènes, lorsque la proposition lui fut faite, dans les premiers jours de 1904, de venir occuper la chaire de littérature française à l'Université de Fribourg, où il succéderait à Victor Giraud. C'était un radical changement de carrière, un changement qui lui coûtait, et il eut'quelques hésitations. Mais on lui exposa que le poste proposé était un poste de combat, le bon combat pour la culture française à l'étranger : il lui sembla que son devoir était d'accepter, et il partit pour Fribourg. Jamais, durant les dix années qu'il y poursuivit son enseignement, il ne perdit un instant de vue que sur ce coin de terre, d'ailleurs accueillant et épris d'idéal il était de par sa situation un représentant de son pays et qu'il avait mission de l'y faire estimer et aimer. L'on a rappelé ailleurs ^ qu'il y réussit admirablement. Ce n'est pas qu'il vît exclusivement dans sa fonction la lutte à soutenir pour la pensée française ; cette façon âpre et étroite de concevoir son rôle n'eût même pas été très française. Maurice Masson avait le culte désintéressé des idées et il était heureux de les servir. CathoUque, il savait en outre qu'en travaillant à accroître le prestige de la jeune Université à laquelle il fut vite très attaché, il rendait témoignage à la foi qui y était en honneur et qu'il professait lui-même. Cette triple inspiration l'animant au labeur professionnel, il ne pouvait pas ne pas s'y donner tout entier : du premier jour jusqu'au dernier, il s'en acquitta avec une exactitude poussée jusqu'au scrupule, un besoin de faire toujours davantage et la sévérité sans cesse en éveil vis-à-vis de soi-même de l'homme pour qui ni son métier ni l'existence ne sont un jeu- Beaucoup de ceux qui le rencontraient seulement en passant n'étaient frappés que de son esprit, quitte à

1. Victoi" Girau'l, Pierre-Maurice Masson (Revue des Deux Mondes, 45 mai 1916; recueilli dans la Troisième France. Ilacliette, 1917).

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