Que » retranché dans les édit. antér
3. Fernel (Jean), un des plus grands médecins du xvio siècle. Né en 14-97, d'après Guillaume Plancy, ou en I0O6, d'après d'autres biographes, à Montdidier (Mézeroy), ou plutôt à Glcrmont en Beauvaisis (Guillaume Plancy), de Laurent Fernel, aubergiste en cette ville el de Catherine Belan — lllialion qui n'est pas démontrée, —
s LETTRES DE GUI PATIN
garde pour on faire part à mes amyset desquelles je m'oITre de vous donner ; j'en sçauray ', s'il vous plaist, vostre volonté, à vostre première commodité.
Excusez-moy de tant de peine que je vous donne; ne m'espargnez point en rescompence, si vous me jugez capable de vous servir : j'ay en cette ville deux choses, desquelles je me puis vanter, de bons livres et de bons amys, qui sont à vostre service. Je vous baise bien humblement les mains, à M. vostre père et à M. Dacier", et suis,
Monsieur, Vostre très humble et affectionné serviteur.
Patin.
De Paris, ce 1" May 1630.
Edit. de Rotterdam 1695.
— iD. 1725.
— Paris 1846.
Il fut élevé à Paris, au collège de Sainte-Barbe, où plus tard il professa la philosophie pour subvenir aux frais de ses études médicales. Reçu docteur le 20 octobre 1530, il professa au collège de Cornouailles des cours de médecine qui ne tardèrent pas à avoir un grand retentissement. Sa réputation de praticien égale à celle de professeur accrut encore sa célébrité. Appelé à la Cour en 1545, pour donner ses soins à Diane de Poitiers, il la guérit d'une affection grave et devint médecin du roi Henri II. On rapporte qu'il aurait guéri aussi Catherine de Médicis d'une stérilité désespérante. A partir de ce moment, Fernel ne quitta guère la Cour et suivit Henri II dans toutes ses campagnes. Il mourut à Paris, rue des Lombards, le 2G avril 155S et fut inhumé dans l'église Saint-Jacques do la Boucherie. La Faculté possède le portrait de Fernel, placé dans la salle des thèses. Ce tableau est inscrit dans le Calendrier médical pour l'année 1778 dans les termes suivants : Jean de Fernel, de Monldidier, premier médecin des Rois Henri II el François II, lumière de nos écoles, honneur de la France et Ilippocrate français. Don de mcssire de Troyes, procureur du Roi au Cluitelet, petit-fils de Fernel par sa mère, ^'arnicr et Steinheil, op. cit. Pour les travaux de Fernel, Cf. les historiens spéciaux : Eloy, Astruc, Dezeimeris, Bayle, Dechambre, etc. Voir aussi le livre d'.\bel le Pileur : Jean Fernel d'Amiens. Le meilleur traitement DU MAL vÉNÉRiEx. Traduction, préface et notes. Paris, 1879, et l'ouvrage récent de M. Figard : Un grand philosophe au xvie siècle. Paris, .\lcan, 1903.
1. « J'en feray » dans l édition de Revcilié-Parise.J.B. Baillière, 1816.
2. Dacier, médecin de TrDyes. Cf. la note des Dacier, père et fils. Lettre du 12 janvier 16.17.
Mss. 9358, lOL. 5.
LETTRE IIÏ
A Monsieur Belin le jeune, docteur en médecine, RUE des Filles Pénitentes, a Troïes, en Champagne.
Monsieur, Vous m'avez mis au delà du revanche ', par la courtoisie que j'ay receue de vous par le moyen de vostre dernière dattée du 8 may, et du pacquet de thèses que m'avez envoyé. Je vous remercie donc du pacquet des vingt deux qu'il vous a pieu m'envoyer, avec les deux de M. vostre père, lesquelles je vous renvoyé toutes. Il y en avoit deux sans datte esquelles j'ay adjousté l'année, selon que j'ay reconnu devoir estre de nos statuts et mémoires de l'eschole, lesquelles j'ai consultés. J'en ay tiré copie de quelques unes et je vous renvoyé le tout, avec les trois miennes desquelles j'ay respondu par cy-devant, les deux de M. Guillemeau % — il n'en a fait que deux en tout, — qui eut le premier heu de nostre licence % et qui est aujourdhuy
1. C'est-à-dire : « dans l'impossibilité de prendre ma revanche ». Les vieilles éditions avaient respecté le masculin employé par Patin. Reveillé-Parise (Op. cit.), crut de son devoir de le corriger et d'écrire « la revanche »...
2. Guillemeau (Charles), né en 1588, mort en 1656, fils du célèbre chirurgien du xvi° siècle, Jacques Guillemeau, qui fut le disciple d'Ambroise Paré — dont il traduisit les œuvres — et le chirurgien de Charles IX et de Henry IV (1550-1612). Charles Guillemeau se livra d'abord à l'enseignement de l'anatomie dans lequel il acquit une certaine réputation. Premier chirurgien, puis médecin du roi Louis XIII, membre du Collège de chirurgie, il tint à l'honneur de recevoir le doctoral en médecine. Fut doyen en 1634^11635. Prit une part active à l'injurieuse x^olémique qui s'élevu, au sujet des privilèges de la Faculté de Paris, entre celle-ci et l'Ecole de Montpellier dont Courtaud s'était constitué le champion.
3. Figurer le premier sur la liste des candidats admis à la Licence était obtenir « le premier lieu ». C'était un honneur très envié.
médecin ordinaire du Roy; el deux autres* qui ont icy fait assez de bruit, l'une du congrez, et l'autre des qualité/, occultes en laquelle j'ay disputé. J'ay toutes les thèses qui se sont soustenues à nos escholes depuis 1G09, sans en excepter une ; mais des neuf austres premières années de ce siècle, j'en ay fort peu ; si en avez, me ferez plaisir de m'en faire part, et en rescompense, je vous en donneray quantité d'autres, que j'ay mesme deux et trois fois. Je tiendray à faveur ce qu'il vous plaira m'envoyer de Montpelier ; j'en ay bien quelques unes, mais c'est en petit nombre. J'en cerche particulièrement de deux cours qui se sont faits depuis 1604 jusques à 1608, en nos escholes. Je vous envoyé un petit livre qui est le Paranymphe* de Tannée 1028, qui fut faict à nos escholes par un jeune homme fort sçavant nommé M. Naudé ' ; j'espère que ne l'aurez pas désagréable parce qu'il contient, outre